Mona Chollet : Rêves de droite - Défaire l’imaginaire sarkozyste

Publié le par benedicte


Mona Chollet Rêves de droite - Défaire l’imaginaire sarkozyste


Livre_ReveDeDroite.jpg Rêves de droite - Défaire l’imaginaire sarkozyste 
Un essai de Mona Chollet
La Découverte, « Zones » - 156 pages - 12 euros
En librairie depuis le 6 mars 2008

Présentation de l’éditeur :
« J’ai fait un rêve », slogan repris à Martin Luther King, fut l’un des moteurs de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. Tout a été dit sur cette victoire sauf peut-être l’essentiel : et si elle correspondait au triomphe d’une nouvelle forme d’imaginaire politique ?
Mona Chollet décortique les principaux éléments de l’univers sarkozyste : la « machine de guerre fictionnelle » que représente la success story, le mythe du self-made man, l’identification illusoire aux riches et aux puissants, le mépris des « perdants », l’individualisme borné, le triomphe de l’anecdote et du people...
Aux antipodes de la fascination béate et complaisante d’une Yasmina Reza, elle critique les impostures idéologiques du nouveau pouvoir : un démontage sans concession des valeurs de la droite bling bling, dans un style incisif, souvent drôle, toujours fin, mêlant l’enquête journalistique, l’écriture littéraire et la critique sociale.
Lucide, elle pointe également la faiblesse alarmante de l’imaginaire de gauche, radicalement incapable de relever le défi. Contre le cynisme et les renoncements, il est urgent de réinventer un nouvel imaginaire émancipateur, en commençant par se réapproprier l’aspiration légitime à l’épanouissement personnel, aujourd’hui fourvoyée dans les mirages de la « société-casino ».
Mona Chollet, 34 ans, journaliste au Monde diplomatique, coanimatrice du site Périphéries, est l’auteur de La tyrannie de la réalité (Calmann-Lévy, 2004 / Folio - Gallimard, 2006).

 



Article et interview vidéo sur Rue89

 


 


Sur Le Monolecte
d’Agnès Maillard excellent commentaire sur le livre
Rêves de plomb le 15 mars

 

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L’article de
Mona Chollet
dont le livre est la prolongation à lire sur son site le 28 mai 2007, et dont je donne ci-dessous l'introduction, qui est très intéressant ... plein de choses intéressantes sur ce site d'ailleurs.
 

Triomphe de l’imaginaire de droite, faiblesse de l’imaginaire de gauche
Rêver contre soi-même  

 

En 2000, aux Etats-Unis, un sondage commandé par Time Magazine avait révélé que, quand on demandait aux gens s’ils pensaient faire partie du 1% des Américains les plus riches, 19% répondaient affirmativement, tandis qu’un autre 20% estimait que ça ne saurait tarder. L’éditorialiste David Brooks l’avait cité dans un article du New York Times intitulé « Pourquoi les Américains des classes moyennes votent comme les riches - le triomphe de l’espoir sur l’intérêt propre » (12 janvier 2003). Ce sondage, disait-il, éclaire les raisons pour lesquelles l’électorat réagit avec hostilité aux mesures visant à taxer les riches : parce qu’il juge que celles-ci lèsent ses propres intérêts de futur riche. Dans ce pays, personne n’est pauvre : tout le monde est pré-riche. L’Américain moyen ne considère pas les riches comme ses ennemis de classe : il admire leur réussite, présentée partout comme un gage de vertu et de bonheur, et il est bien décidé à devenir comme eux. A ses yeux, ils n’accaparent pas des biens dont une part devrait lui revenir : ils les ont créés à partir de rien, et il ne tient qu’à lui de les imiter (1). Il ne veut surtout pas qu’on les oblige à partager ou à redistribuer ne serait-ce qu’une petite part de leur fortune : cela égratignerait le rêve. « Pensez-vous vraiment, interrogeait David Brooks, qu’une nation qui regarde Katie Couric [présentatrice du journal du matin sur NBC, passée depuis au journal du soir sur CBS] le matin, Tom Hanks le soir et Michael Jordan le week-end entretient une profonde animosité à l’égard des nantis ? »

Dans le modèle marxiste, le travailleur est invité à se défaire de la mentalité servile et autodépréciative qui lui interdit de comparer son sort à celui des riches pour revendiquer sans complexes le partage des richesses. En même temps, il s’identifie à ses semblables, salariés ou chômeurs, nationaux ou étrangers, envers qui il éprouve empathie et solidarité. Le génie du libéralisme a été de renverser ce schéma. Désormais, le travailleur s’identifie aux riches, et il se compare à ceux qui partagent sa condition : l’immigré toucherait des allocs et pas lui, le chômeur ferait la grasse matinée alors que lui se lève à l’aube pour aller trimer... Bien sûr, on peut essayer de le raisonner ; on peut lui dire qu’il faut se méfier de ces fausses évidences dont, en France, Le Pen, puis le clan Sarkozy, se sont fait une spécialité : son intérêt objectif, en tant que travailleur, ce serait au contraire que les chômeurs ronflent béatement jusqu’à des deux heures de l’après-midi, puisque, s’ils sont obligés d’accepter n’importe quel boulot, cela tire vers le bas le niveau des rémunérations et des conditions de travail de l’ensemble des salariés - y compris les siennes. On peut essayer de lui démontrer par a + b qu’il se trompe d’ennemis, et qu’il ferait mieux de réserver sa défiance et son animosité à ces politiciens méphitiques qui encouragent en lui l’aigreur et le ressentiment les plus infects.

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NOTE de l'EDITEUR concernant le libre accès au livre sur internet et l'achat en ligne

Conformément à la politique éditoriale de « Zones »,

le texte intégral du livre est en libre accès sur le site de l’éditeur.
Pour plus d’information sur le sens de cette démarche, lire le texte de Michel Valensi, directeur des éditions de l’Eclat, qui en a été l’initiateur en France : « Petit traité plié en dix sur le Lyber ».

Acheter ses livres en ligne, quand on n’a pas la chance d’avoir une bonne librairie près de chez soi ? Oui, mais pas n’importe où... Lire l’Appel pour le livre (février 2008), qui dénonce les conséquences de la gratuité des frais de port offerte par Amazon. Voir aussi le texte très intéressant de Joël Faucilhon, « Le livre et l’Internet ».




Publié dans Politique France

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