Violences policières arbitraires envers les manifestations de lycéens ... suite
Violences policières arbitraires envers les manifestations de lycéens ... suite
Ci-dessous un article de d'Olivier Bonnet (photo en provenance de l'article) concernant la répression du mouvement lycéen et la pétition de soutien à un jeune prof, ayant eu le tort de chercher à s'interposer entre des policiers en civil et les lycéens manifestant calmement que ceux-ci cherchaient à intimider ... ce qui rejoint l'article que j'avais fait précédemment Lycée Gustave Eiffel (Gagny 93) : charge violente de la police d'un blocus pacifique des lycéens ...
Des policiers pouvant accuser sans preuve et mettre devant les tribunaux des personnes n'ayant fait d'autre que manifester, quand ces pratiques se multiplient, il s'agit de répression politique, visant à interdire par l'intimidation toute contestation, en procédant à des accusations et arrestations arbitraires dans la foule, ce qui est contraire aux libertés fondamentales que sont supposées garantir les droits de l'homme (1).
Un régime qui considère que son premier ennemi est le peuple et vise à transformer la police en milice personnelle visant à réprimer toute manifestation publique comme s'il s'agissait d'une insurrection ou d'une association criminelle, n'est pas une démocratie, c'est une dictature !
Je lance un appel aux adultes, il faudrait que tous ceux qui sont disponibles au moment des manifestations de lycéens, les rejoignent pour éviter de les laisser seuls face à la police, que l'on soit sans travail, ou en congés, ou retraité, ça serait un bon moyen de résorber le fossé des générations, et puis plus difficile d'interpeler une personne âgée en prétendant qu'elle a agressé un policier ou lancé des pierres, et qui seront témoins également à décharge en cas d'accusations infondées.
Nous sommes tous dans le même bateau ... nous en sortirons ensemble par la solidarité, ou nous coulerons tous ensemble ... signez et relayez la Pétition en bas de l'article !
_______________________________ (1) Rappel :
Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen du 26 août 1789 faisant partie intégrante de notre Constitution
Article 7
- Nul homme ne peut être accusé, arrêté ni détenu que dans les cas déterminés par la Loi, et selon les formes qu'elle a prescrites. Ceux qui sollicitent, expédient, exécutent ou font exécuter des ordres arbitraires, doivent être punis ; mais tout citoyen appelé ou saisi en vertu de la Loi doit obéir à l'instant : il se rend coupable par la résistance.
Article 10
- Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public établi par la loi.
ONU Déclaration universelle des Droits de l’Homme
Article 9
-
Nul ne peut être arbitrairement arrêté, détenu ou exilé.
Article 20.
-
1) Toute personne a droit à la liberté de réunion et d'association pacifiques.
Article 30.
-
Aucune disposition de la présente Déclaration ne peut être interprétée comme impliquant pour un Etat, un groupement ou un individu un droit quelconque de se livrer à une activité ou d'accomplir un acte visant à la destruction des droits et libertés qui y sont énoncés.
Répression du mouvement lycéen : l'arbitraire policier en question
Profitant d'être assermentés, les policiers abusent-ils d'accusations mensongères pour criminaliser la contestation sociale ? C'est ce que dénoncent les syndicats de l'Education nationale, stigmatisant un "acharnement répressif" contre le mouvement lycéen.
Le récit suivant est fait par le quotidien L'Humanité du 8 avril dernier : «Les lycéens étaient calmes, assure le jeune enseignant. Il n’y avait plus aucune tension, lorsque j’ai vu plusieurs policiers en civil, sans brassard, se diriger vers un groupe d’élèves. Je me suis aussitôt rapproché en me disant qu’il fallait qu’un professeur responsable soit là. Mais je me suis rendu compte que ma seule présence les gênait…» Pour le moins. Rodolphe est reçu par un «casse-toi de là, t’as rien à faire là, laisse-nous faire notre boulot !» Le jeune homme ne se dégonfle pas. «J’ai le droit d’être là, c’est une manifestation autorisée.» Le ton passe à la menace : «On t’a repéré, t’as dix secondes pour dégager…» Rodolphe ne dégage pas. Des policiers l’encerclent alors par derrière. Un premier le ceinture, un second le tient par le col. Il ne résiste pas. Son sac est vidé à terre, on le palpe brutalement. «Tu fais moins le malin ?» lui lâche un policier. «Vous ne pouvez que contrôler mon identité, répond Rodolphe, car je n’ai rien à me reprocher.» Suffisait de demander… Selon le jeune homme, un des policiers aurait alors regardé l’un de ses collègues, faussement interrogateur : «Tu l’as vu jeter un caillou sur la police, non ?» «Oui», répond l’autre. «C’est là que j’ai commencé à comprendre que cela sentait le roussi…», dit aujourd’hui Rodolphe Juge."
La suite ? Le professeur stagiaire de 25 ans est placé en garde à vue au commissariat du VIIème arrondissement de Paris, à 16h 20. Comme il refuse de signer le procès-verbal faisant état de "violence aggravée" et "insulte", l’officier de police judiciaire aurait pris sa carte d’identité pour imiter sa signature ! Après une nuit en cellule, il est déféré le lendemain, à 11 heures, au Palais de justice où la procureure refuse de le juger en comparution immédiate et renvoie l’affaire au 17 avril. S’il était par malheur condamné, sa carrière naissante d’enseignant serait brisée. Très vite, ses collègues et sa hiérarchie se mobilisent : "C’est un jeune professeur très sérieux, très consciencieux et très apprécié, témoigne ainsi Sylvie Pugnaud, une de ses professeurs d’Institut Universitaire de Formation des Maîtres. Il est absolument impensable qu’il ait jeté des cailloux et on n'a aucun doute sur ce qu’il dit." Une pétition est lancée par la CGT-Educ’Action, dont il est l'un des élus, qui appelle à un rassemblement demain, 17 avril, à 9h devant le Palais de justice de Paris où il doit comparaître.
Pétition en faveur de Rodolphe Juge
jeudi 17 avril 2008
Le jugement de Rodolphe a été renvoyé au 24 septembre 2008. D’ici là, vous pouvez continuer à signer la pétition.
Lire le communiqué de la CGT après le rassemblement du 17 avril.
Pétition pour la relaxe de Rodolphe Juge
Les soussignés demandent la relaxe de Rodolphe Juge, enseignant au Lycée Denis Papin à La Courneuve (93), élu CGT-Educ’Action des stagiaires à l’IUFM de l’Académie de Créteil, qui a été arrêté arbitrairement par la police alors qu’il encadrait la manifestation du jeudi 3 avril. Son jugement a lieu le 17 avril au Palais de Justice de Paris. Plusieurs témoignages attestent que notre collègue n’est pas l’auteur des « violences volontaires » dont on l’accuse.
Pétition soutenue par le SNES-FSU Créteil et l’intersyndicale de la Région Parisienne (voir appel ci-dessous).
A ce jour (17 avril) : plus de 3 500 signatures de la pétition (papier + internet)