Pouvoir d'achat, hausse des prix, panier de la ménagère ... des mots, des indices et la réalité

Publié le par benedicte


Pouvoir d'achat, jausse des prix, le panier de la ménagère ...  des mots, des indices et la réalité.

(article mis en ligne encore en vrac par erreur - version finie seulement à 21h ... désolée)

Le langage n'est pas innocent, non que les mots aient un pouvoir en soi, ils n'en ont pas. Les mots n'ont que la signification qu'on leur donne. Il y a plusieurs manières de pervertir le langage.

Misère droits de l'homme violésLe pouvoir d’achat est un terme plus tendancieux qu’il ne paraît, et qui n’a été crée que récemment. Pourquoi ? au premier abord cela pourrait paraître logique de raisonner en pouvoir d’achat et non en terme de salaires, puisque tout le monde n’est pas salarié et que de surcroît le nombre de personnes percevant des revenus sociaux : retraités, exclus de la sphère du travail chômeurs, rmistes et pensionnés invalidité ou handicapé est très important dans la société. Mais "pouvoir d'achat" n'a pas la signification de "revenus", il est déconnecté de la manière dont sont acquis ces revenus et gomme la notion de travail, alors même que par ailleurs on nous bassinne avec le slogan "travailler plus pour gagner plus" comme s'il s'appliquait à tout le monde. Elle implique également que nos revenus n'ont pour objet que de "consommer" et que nous n'existons que par la quantité d'actes d'achat que nous pouvons effectuer. Et en dernier c'est le terme de pouvoir qui donne l'illusion d'un désir et choix conscient, nous sommes libre ou non d'acheter, alors même que la majorité de nos postes de dépenses sont contraints (loyer, énergie, eau, nourriture) et que nous n'avons aucun de pouvoir de nous y soustraire, ni de possibilité d'en négocier réellement le montant. Ce n'est pas neutre, et donne l'image d'une société n'étant qu'une sorte de jeu de Monopoly.
Enfin cet indice mixe les plus hauts revenus avec les plus bas, or ceux du haut galopent, et ceux du bas n'évoluent pas, le revenu moyen des classes populaires et d'une partie de la classe moyenne baisse avec le chômage, le temps partiel, le nombre de personnes aux minimas sociaux. Donc cette progression du pouvoir d'achat ne mesure RIEN de réel !

L'indice des prix du panier de la ménagère était initialement un indice visant à suivre l'évolution des prix relevant des consommations courantes. Ce n'est plus le cas et il est déconnecté de la notion de revenu, du niveau de revenu. La pondération des postes dans cet indice est fictive, car cette pondération est différente en fonction du niveau de revenu. La part du logement (loyer + charge + énergie + eau + assurance) est énorme dans les petits revenus et décroit pour ne représenter que peu de poids pour les plus riches. La part du poste alimentation est aussi très variable et ne recouvre pas les mêmes produits selon le budget dont on dispose. Quand à mettre sur le même plan les dépenses contraintes et celles non indispensables qui peuvent être choisies (si on en a les moyens) ce n’est plus mélanger les torchons et les serviettes mais les serpillières et les serviettes. Comme l'avait fait remarquer je ne sais plus qui, à moins de considèrer qu'il est possible de vivre dans un écran LCD et manger des MP3, ça n'a aucun sens. Donc cet indice de hausse des prix de part le mélange des genres et son mode de calcul là-aussi ne mesure en fait RIEN !

Mais les deux s'articulent. Par rapport à la réalité vécue des personnes et familles à revenus modestes, l'indice pouvoir d'achat est majoré par l'inflation des hauts revenus, celui de hausse des prix minorés par un choix de produits et une pondération relevant d'un niveau de revenu supérieur au leur. Le discours officiel est que l'augmentation du pouvoir d'achat est supérieure à celle de la hausse des prix.Mais que les nouvelles habitudes de consommation donnerait l'impression aux gens d'avoir moins alors qu'en réalité ils ont plus ! Niant la réalité de la trappe à pauvreté générée par le système dans laquelle après les classes populaires sont en train d'être aspirée la frange basse des classes moyennes. D'une part effectivement, certains voient leurs revenus progresser légérement plus vite que la hausse des prix de leur consommation habituelle. Il est également vrai que certains postes n'existaient pas dans le budget des familles il y a quelques années, toutefois une partie de ces postes sont en partie contraints par le fonctionnement de la société et pas toujours choisi. Il n'en reste pas moins que le nombre de personnes qui ne dépensent rien en dehors de l'indispensable sont de plus en plus nombreuses ainsi que celles qui ont de plus en plus de mal à boucler leurs fins de mois ou n'y arrivent plus.
On ne trouvera pas de solution, si la réalité de la situation et des mécanismes générant cette paupérisation sont niés, indépendamment que cette négation est une violence psychologique supplémentaire infligée à tous ceux qui se débattent pour survivre dont on insinue qu'il n'ont pas de problème de revenus, mais seulement un problème de gestion de leurs revenus.

Ces indices n'ont pas de valeur en soi, alors comment peut-on affirmer qu'une paupérisation croissante de la population a lieu, si nous n'avons pas de chiffres fiables permettant de mesurer ce qu'il en est. Déjà en sortant de l'idée que la statistique et le chiffrage sont le moyen, voire le seul moyen, permettant d'observer objectivement une réalité complexe ... en réalité ils ne le peuvent pas, même sans chercher à les truquer il y a un trop grand nombre de paramètres à prendre en compte, et qui ne sont pas tous identifiés. Pour les raisons qui ont été évoquées ci-dessus, il est impossible de faire un indice de hausse des prix ou des revenus qui puisse s'appliquer à l'ensemble de la population.
Mais il y a des chiffres qui parce qu'ils mesurent l'évolution d'un élément ne comportant qu'un nombre limité de paramètres ont une valeur indicative. L'augmentation du chiffre d'affaire de l'alimentaire discount et le nombre croissant d'implantation de ces magasins par exemple (LIDL, Aldi, ED, LeaderPrice) n'est pas du au une augmentation des achats alimentaires de la population, mais d'un déplacement des achats alimentaires de l'hyper (Carrefour, Auchan, Casino,..) au super (Intermarché, Leclerc, Champion) jusqu'au discount pour réduire les dépenses alimentaires. Comme de toute façon ce sont les même mutinationales qui possédent les hyper et les discount, leurs bénéfices continuent d'augmenter; La floraison des p
roduits 1er prix, qui ne sont même pas les produits marque magasin, mais sans aucune marque appelés TopBudget à Intermarché par exemple; Le nombre croissant de personnes dépendant des différentes banques alimentaires du caritatif et qui ne sont pas des sans abri ou des immigrés, mais des familles, salariés pauvres, retraités pauvres, jeunes sans emploi et n'ayant pas encore droit auChoix de sociéte Attac gardanne par Violette rmi, etc ...; la baisse des chiffres d'affaires réalisé en comparaison à l'année précédente lors des fêtes fin d'année, des commerces de l'habillement, le flop d'Halloween,... ; l'augmentation des symptômes de malnutrition chez les enfants des plus pauvres, du saturnisme liée à l'insalubrité des logements,...; mais aussi toute la montée en charge des petits boulots, traffics, fraudes et exploitations liés à la misère qui sont en hausse; ...
Effectivement ce sont des chiffres, mais qui ne mesurent  qu'une chose aisément identifiable, mais qui mis en parallèles les uns avec les autres sont significatifs d'un pays où le niveau de pauvreté et même de misère n'est pas un phénomène marginal et continue à croître.
 

L'augmentation des produits de consommation
L’augmentation des matières premières ne justifie pas le niveau d'augmentation des prix dans les rayons.
D'ailleurs cette augmentation est variable selon les marques dans une même gamme de produit et selon l'enseigne, ce qui dément que l'augmentation constatée soit justifiée par l'augmentation de la matière première concernée. On crie sur les toits le pourcentage de hausse de la matière première, en passant sous silence le poids réel de cette matière première dans le coût du produit qui est souvent faible par rapport aux autres coûts : main d’œuvre, machines, énergie, transport, emballage, publicité, etc … sans compter que cet ingrédient n’est pas forcément le seul entrant dans sa composition. Donc ce n'est une répercussion de l’augmentation du coût de la matière première à la base, qui produit des hausses si importantes et variables mais une multiplication de celle-ci à tous les niveaux intermédiaires utilisant la hausse de base pour augmenter les marges et les profits. Et il y a beaucoup d'intermerdiaires. Généralement c'est le paysan en début de chaîne qui y gagne le moins.
Vu l’empilement de cette pratique par les grosses entreprises de l’agro-alimentaire et de la distribution, on se retrouve avec les augmentations injustifiables de ces dernières semaines sur des produits de base comme les pâtes et les produits laitiers, même si pour frapper les esprits 60 Millions de consommateur a relevé les hausses les plus élevées.

Compte-tenu de tous ces élément, continuer ainsi va poser de gros problèmes, l'alimentaire ne doit pas être considéré comme un objet de consommation anodin, c'est un besoin vital, comme le logement, nous n'avons pas le choix de manger ou non. Nous assistons à une prise en otage de la population à travers l'alimentaire par les multinationales de l'agro-alimentaire et du commerce, sans oublier en amont de la chaîne le hold-up que tente de faire sur le vivant et les semences, les entreprises comme Monsanto. Et il n'y a aucune raison que la prédation et voracité de ces entreprises cesse d'elle-même, c'est se leurrer que de vouloir le croire.
La loi de libre-concurrence saine et non faussée du marché n'a jamais existée, donc c'est au niveau politique et de l'Etat que doit intervenir la régulation de cette loi du marché qui fonctionne sur l'avidité et la rapacité et en limiter la prédation. Or nous avons une classe politique, qui ne représente plus le peuple, mais est vassale des détenteurs du pouvoir économique et financier. Si nous ne trouvons pas d'une manière ou d'une autre le moyen de peser et d'imposer cette régulation, nous nous dirigeons vers une société où une partie croissante et significative de la population ne devra sa survie qu'à la charité et devra mendier sa nourriture aux associations caritatives ... en même temps les risques d'explosion avant d'en arriver là sont très importants et je ne crois pas (ou du moins je l'espère) que nous irons jusque là. Il n'en reste pas moins que c'est la direction dans laquelle on nous pousse.

Ce sont tous les mécanismes du dumping social qu'il faudrait appréhender et qu'il faudra désamorcer dans le temps, si nous voulons sortir de cette spirale infernale de lendemains toujours pires, qui ne sont pas une fatalité, mais résultent des choix politiques que nous avons fait ... faisons en d'autres ! Cette loi économique toute puissante à laquelle nous ne pourrions nous soustraire, n'est pas une loi naturelle, c'est la résultante de choix politique qui ont été fait, de choix de société, nous pouvons faire d'autres choix, et c'est même une urgence.
En attendant des solutions d'urgence pour parer au plus pressé doivent être trouvées et mises en oeuvre. Je redoute que soit présenté comme une panacée, la libéralisation de l'implantation des grandes surfaces, qui dans un premier temps provoquera certainement une relative concurrence et une légère baisse des prix. Mais très rapidement, elles s'entendront pour les augmenter, comme dans tous les autres domaines, et avec une clientèle captive, puisqu'elles auront détruit tout autre réseau de distribution. Les petits commerces alimentaires disparaissent progressivement, ne bénéficiant pas des mêmes prix d'achat, leurs prix de vente sont bien plus élevés que dans les hyper, super et discount ... tu parles d'une concurrence loyale !
Les politiques ne veulent pas contrarier les intérêts financiers, ce qui fait que je ne vois pas ce qui pourrait être de nature à réguler le problème : les hausses de salaire, des minimas et pensions pas question, le blocage des loyers et la réquisition des logements vacants pas question et quand au blocage des prix je me doute qu'il n'en est pas question. Quand à travailler plus, il faut arrêter de nous prendre pour des imbéciles seule un très petite minorité en a la possibilité ... et puis vu le nombre de personnes sans emploi, on devrait au contraire tous travailler moins !

Et pourtant, et pour une fois je vais la jouer purement comptable, il faut soit que les revenus augmentent, soit que les prix baissent ... à moins que l'on veuiller faire rejouer à
phrygien.jpg la France une version new-look de la révolution de 1789 !
Car notre société n'a pas tellement changé depuis cette époque, passé une période, relativement courte au regard de l'histoire, où les citoyens ont obtenus une amélioration de leur condition, le peu acquis durant cette période est graduellement repris. La lecture de cahiers de doléances du tiers-état de l'époque est éloquente et en dehors de la tournure ancienne des phrases certaines pourraient être reprises telles qu'elles car décrivant des situations identiques. De même l'égalité des droits des hommes et des femmes, reste loin d'être acquise et la déclaration des droits de la femme et de la citoyenne d'Olympes de Gouges toujours d'actualité.

Voir En ces temps de retour à l'obscurantisme ... un peu de lumière en provenance du passé

( photo choix de société par Violette  Attac  à Gardanne 2006 )


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Publié dans Société

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Commenter cet article
C
On ne peut s'empêcher de faire le parallèle entre l'augmentation sauvage des prix dans les hyper et super marchés et l'avènement de l'ère Sarkozy ! A mon avis, ils se sentent dans l'impunité absolue, en état de grâce. Les simagrées de Fillon me font marrer. Le pov' !
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B
Actuellement ceux qui détiennent l'argent se croient tout permis ... et effectivement, ils peuvent faire ce qu'ils veulent sans aucun risque. Et Fillon il me gave ... les fois où j'allume la télé pour le JT, dès que Sarko et consorts apparaissent je zappe, je ne les supporte plus !