Développement social & durable : la déco de façade des grands groupes
Développement social & durable : la déco de façade des grands groupes
Je donne pour exemple les cimenteries Lafarge, auxquelles je me suis intéressée après avoir appris sur le blog Pour une écologie sociale et solidaire que le Vénézuela avait décidé de nationaliser les cimenteries sur son territoire dont Lafarge, cité probablement parce qu'étant un groupe français.
Je me rappelle avoir été prête à exploser de rire (et de colère à la fois) en voyant à la Caisse d'Epargne la liste des entreprises composant leur placement dit "éthiques" il y a plus de 6 ans déjà !
Sur le site de Lafarge en accueil de la rubrique Développement durable
« Lafarge ne conçoit pas la croissance de ses activités sans développement social, ni protection environnementale et respect des communautés locales. Découvrez les valeurs du Groupe, ses priorités en termes de développement durable, et ses engagements au quotidien sur le terrain. »
Vous allez pouvoir comprendre, dans l'article reproduit ci-dessous, ce que Lafarge entend par "développemet social" en Corée du Sud !
Dites-vous bien que les entreprises du CAC40, transnationales, multinationales, etc... quelles qu'elles soient, ne sauraient être éthiques, point final ! Elles (et surtout ceux qui en sont les dirigeants) ne peuvent prospérer que sur une destruction sociale et environnementale croissante.
Se fier aux informations de leur site, ou à celles données les conseillers financiers des banques, c'est confondre publicité et composition du produit ! Il y a une demande d'éthique ? Les grandes entreprise se prétendent toutes éthiques, dans le discours et le slogan publicitaire ... mais rassurez-vous, une fois sorti du monde virtuel de la propagande libérale, rien n'a changé à leurs pratiques prédatrices, escavagistes et destructrices dans la réalité.
L'article suivant concernera une coopérative créée en Inde par 7 femmes pauvres en 1959 et qui compte actuellement 42.000 femmes sociétaires ... comme quoi, il n'y a pas de fatalité !
HNS-info
Corée du Sud : la lutte continue contre la multinationale Lafarge à Séoul et à Paris.
Source/auteur : Tract
Mis en ligne le jeudi 29 mai 2008, par jesusparis
Vous en souvenez-vous ? Un événement tout particulier à la fin de l’année dernière, engendré par les travailleurs coréens, lesquels ont traversé la moitié de la planète pour venir dénoncer les conséquences liées à la mondialisation et à la globalisation de l’économie. Dès le début de septembre 2007, trois travailleurs coréens de Woojin ind., un sous-traitant de Larfarge-Halla Ciment, ont campé, pendant plus de trois mois, devant le siège international du groupe Lafarge (dans le XVIème [arrondissement de Paris]). Une entreprise « exemplaire » pour sa responsabilité sociale.
Pourquoi ces travailleurs, les autres qui sont si loin de nous, étaient venus à Paris ? Parce que l’intrigue se résumerait ainsi :
La reprise de l’entreprise coréenne Halla Ciment en 1998 par Lafarge s’est immédiatement accompagnée d’une restructuration rude : de 1500 travailleurs stables de Halla, ils sont passés à 400, et plus de 800 travailleurs ont été intégré dans plusieurs sociétés sous-traitantes internes auxquelles Lafarge-Halla, donneur d’ordre, ont transféré les personnels et les machines, ce qui est évidemment illégal d’après la loi coréenne. Les conditions de travail dans les entreprises sous-traitantes sont inimaginables : presque 100H de travail par semaine, sans période de repos, pour gagner moins de 900 euros par mois. Face à ces conditions déplorables, les travailleurs de Woojin ont monté leur syndicat, affilié à la fédération coréenne de la chimie et du textile, alors que la réaction violente de Lafarge-Halla Ciment était de fermer cette entreprise sous-traitante afin d’annihiler l’activité syndicale, de telle façon qu’il réembauche les ex-salariés de Woojin à condition que ces derniers démissionnent du syndicat.
Ce comportement du groupe, qui attaque les libertés syndicales, le droit du travail, etc, se reproduit partout dans le monde : en Amérique du Sud, en Afrique, et, sans oublier la Chine où l’effectif de la cimenterie de Chongjin est passé de 5000 salariés à 500 et la rémunération d’un salarié qualifié y est de 77 euros par mois. La délocalisation n’est pas autre chose que l’universalisation de la vie précaire des ouvriers.
Après 18 mois de lutte en Corée du Sud, trois travailleurs déterminés, avec leur représentant de la fédération ont décidé de venir en France pour mener la bataille ici, à Paris. Malgré leurs efforts, le groupe Lafarge a laissé pourrir cette lutte inédite initiée par les travailleurs coréens, qui a butté sur la durée du visa de trois mois. Le temps capitaliste est du côté du patron.
Les travailleurs ont dû faire face à plusieurs jugements à cause de leur lutte en Corée du Sud : l’occupation de leur usine, le campement et la grève de la faim devant le siège de Lafarge-Hella à Séoul, la dégradation de la porte d’entrée de ce siège lors de la manifestation, etc. Même en difficulté, la lutte n’est pas finie en Corée du Sud, et de même que, notons-le, la solidarité de la part des camarades français reste fidèle.
L’expérience de la lutte que nous avons vécue tous ensemble nous donne une leçon inoubliable. Ce genre de lutte et de solidarité au niveau international devrait sans aucun doute augmenter de plus en plus dans cette ère de globalisation. Notre tâche est de maintenir et de développer ce germe de solidarité internationale à partir d’en-bas contre l’exploitation des entreprises multinationales.
Pour ne pas oublier cette expérience, la situation doit être partagée pour tous ceux qui s’intéressent à ce problème urgent de construire l’alternative. Dans ce cadre-là, nous vous sollicitons de vous abonner à notre mailing-list (changlyang@yahoo.fr) en nous laissant votre adresse e-mail afin de faciliter la circulation des infos concernant la lutte en cours et d’organiser éventuellement à Paris ou ailleurs un débat ouvert ou une soirée de solidarité pour soutenir cette lutte contre l’exploitation des groupes multinationaux, dont l’exemple est, on le voit, l’entreprise Woojin.
Celui qui dit que le temps de lutter au niveau international n’est pas encore venu, ou que la lutte est déjà terminée avec le retour des travailleurs coréens, est semblable à celui qui dit que le temps de la justice, de la jouissance de notre droit n’est pas encore venu ou qu’il n’est plus. Rappeler ainsi la mémoire au travers de ce tract, ce n’est pas commémorer l’événement passé, comme un deuil, mais répéter à nouveau la lutte pour ne pas l’oublier.