Aurélien Bernier "Pour une écologie sociale et solidaire"

Publié le par benedicte

Pour une écologie sociale et solidaire
Le blog d'Aurélien BERNIER


Des articles intéressants sur ce blog dont les deux cités ci-dessous.

Le premier concerne le politique et l'économie, comparant deux gouvernements face à deux grosses entreprise, Sarkozy et Arcelor-Mittal d'une part, Chavez et Lafarge d'autre part.

Le deuxième concerne la politique et l'écologie, le fait que les petits gestes individuels, s'ils ne sont pas sans importances, n'ont aucun impact si par ailleurs l'orientation économique ultralibérale ne cesse d'être une nuisance croissante pour l'environnement en toute impunité. Là aussi, le problème et la solution sont politiques. Ce sont des choix à faire, qui peuvent et doivent être faits. Bien évidemment il est nécessaire d'avoir des politiques qui soient au service de l'intérêt général et représentants l'ensemble des citoyens et non des personnes avides et corrompues servant les intérêts d'une minorité d'intérêts privés irresponsables menaçant la vie de tous !

Il n'y a pas de fatalité c'est une question de choix politique !


Un blog à découvrir et à explorer ...



De Gandrange à Caracas 

Ce 8 avril 2008, deux brèves publiées par le quotidien économique « La Tribune » à une minute d'intervalle résument mieux que bien des discours théoriques les choix auxquels la mondialisation contraint les gouvernements.

En France, le géant de la métallurgie Arcelor-Mittal annonce la destruction nette de 451 postes sur son site de Gandrange en Moselle. Magnanime, il propose d'investir 30 millions d'euros pour « restructurer » l'usine, c'est à dire la ramener de 1108 salariés à 657, en assurant une sorte de service minimum. Dans le même temps, le groupe dispose d'un plan d'investissement en Inde d'un montant de 20 milliards sur les prochaines années. Pour les usines encore implantées en Europe, comme celle de Gandrange, la fin de l'histoire est donc à priori écrite.

Confronté à cette destruction du tissus industriel, le gouvernement français tente à grand peine de boucher les trous et de donner le change dans les médias. Un projet de coopération entre l'Etat et Arcelor-Mittal sur un programme de recherche et d'innovation est à l'ordre du jour, pour un montant de 20 millions d'euros. Peu de temps auparavant, M. Nicolas Sarkozy avait déclaré être « prêt à prendre en charge tout ou partie des investissements nécessaires » pour maintenir le site en activité, bien évidemment sur fonds publics, et dans une perspective de reprise par un nouvel actionnaire. Fidèle à sa tradition libérale, ce gouvernement s'accommode donc facilement des dépense publiques lorsqu'elles bénéficient directement au secteur privé. En rapprochant les préoccupations de l'énergéticien Poweo de celles d' Arcelor-Mittal, qui vont réfléchir ensemble à la création d'une nouvelle centrale au gaz, l'Etat s'est également transformé en négociateur bénévole pour le compte des entreprises. Et pour clore cette aventure, le Président de la République rencontrera « dans les semaines qui viennent » M. Lakshmi Mittal, propriétaire du groupe et quatrième fortune mondiale avec la bagatelle de 45 milliards de dollars au compteur, afin de finaliser ces projets.

Au cours de leur entrevue, il est peu probable que les deux hommes aborderont la question des cimenteries vénézueliennes. Pourtant, cette autre information délivrée par La Tribune mériterait une plus grande attention. Le gouvernement de ce pays vient en effet d'annoncer qu'il nationalisait l'industrie du ciment, en prenant le contrôle de filiales des groupes Lafarge, Holcim et Cemex, les trois leaders mondiaux du marché. Après avoir repris l'industrie pétrolière aux multinationales, Hugo Chavez suit donc la même logique avec cet autre secteur hautement stratégique.

La juxtaposition de ces deux nouvelles est particulièrement intéressante. Lafarge, multinationale française, produit 1,6 millions de tonnes de ciment au Vénézuela alors que, dans le même temps, la France est importateur net à hauteur de 1,5 millions de tonnes. Lafarge oriente ses investissements en fonction des profits qu'il espère en retirer, et non en fonction de la loi de l'offre et de la demande. Arcelor-Mittal réorganise sa production à l'échelle mondiale pour maximiser lui aussi son taux de profit grâce à des salaires plus bas et des réglementations environnementales plus laxistes. Voilà la mondialisation sous son vrai visage. Face à un désastre qui ne fait que s'amplifier, M. Nicolas Sarkozy accompagne le mouvement, sert les fonds publics aux grands groupes sur un plateau, et se soucie en premier lieu de repousser tout licenciement trop massif à plus tard. Si possible, après les élections de 2012. A l'exact opposé, M. Hugo Chavez donne les moyens à l'Etat de contrôler des outils de production stratégiques pour répondre aux besoins du peuple vénézuelien plutôt qu'à des objectifs de rendement financier. Les pays de l'Union européenne, qui voient leur industrie et leurs services partir dans les contrées où la main d'oeuvre est moins chère et où il est possible de polluer allègrement, devraient regarder du côté du Vénézuela. Et comprendre que pour lutter contre une mondialisation qui préférera toujours le pire, la reprise en main de l'économie par le politique est une absolue nécessité. Dans la position de Nicolas Sarkozy, Chavez aurait sans doute nationalisé Gandrange. Et il aurait bien fait.

 


Dix gestes pour (vraiment) sauver la planète

Difficile d'ouvrir un magazine, de regarder un programme télévisé ou d'écouter la radio sans tomber, à un moment ou à un autre, sur une série de conseils pour obtenir son diplôme d'écologiste dans la vie de tous les jours. Ces sept, dix ou douze gestes qui soulageront à bon compte notre conscience environnementale sont aussi subversifs que fermer le robinet quand on se brosse les dents ou éviter de prendre sa voiture pour aller à la boulangerie du village.

Evidemment, les comportements individuels ont toute leur importance dans la préservation d'un environnement de plus en plus menacé, et il ne s'agit pas de les dénigrer. Mais cette rééducation écologiste organisée par les pouvoirs publics, relayée par les médias et appuyée par bien des financeurs privés a aussi un sens politique quand, dans le même temps, la plus grande discrétion couvre le lobbying effréné que mènent les grandes firmes pour échapper à la contrainte. De la même manière, les gouvernements prennent bien soin de ne jamais évaluer l'impact global des politiques libérales sur l'environnement, ce qui donnerait sans aucun doute le tournis. Pour ne citer qu'un exemple, l'Union européenne, que chacun s'accorde à trouver « en pointe sur les questions environnementales », continue de consacrer 50 milliards d'euros par an pour soutenir une agriculture intensive destructrice des écosystèmes et de la paysannerie.

Pour s'adapter à l'air du temps et au format médiatique dans lequel se fond le discours officiel, voici donc dix gestes pour sauver la planète. Mais pour la sauver vraiment, et pas seulement pour masquer le renoncement du politique face à l'avancée du néo-libéralisme.

(juste les titres ci-dessous … Aller sur le site lire l'article >>)


1. Instaurer de nouveaux droits de douane et restaurer un contrôle des changes

2. Etablir une réglementation contraignante et la faire respecter

3.Créer une taxe sur les activités résidentes

4.Conditionner les aides publiques

5. Orienter la consommation en agissant sur les prix et la fiscalité

6. Relocaliser l'économie sur le principe d'une décoissance matérielle et d'une croissance des services publics

7. Sortir de l'OMC et de l'eurolibéralisme

8. Dénoncer le Protocole de Kyoto et sortir de la bourse du carbone

9. Créer des alliances internationales autour d'un nouveau traité

10. Affecter le produit des nouveaux droits de douane au développement de projets réellement propres

 

Publié dans Planète-environnement

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charlotte357 06/06/2008 10:32

Sarko n'est pas Chavez et moi je dis HELAS !!

benedicte 06/06/2008 15:05


C'est sûr Sarko n'est pas Chavez, c'est un petit Bush ! Et nous n'avons pas de Chavez en France ! Et puis nous n'avons pas de pétrole ! Sur un blog (mais je ne me rappelle plus lequel) quelqu'un a
écrit rappelant le slogan des année 70 "nous n'avons pas pétrole, mais nous avons des idées" ... "nous n'avons toujours pas de pétrole, mais nous n'avons pas d'idées non plus !" ... j'étais morte
de rire ! En fait il serait urgent d'avoir des idées "Résister c'est créer, Créer c'est résister" (appel des résistants) ... nous devons Créer sinon nous n'arriverons pas à Résister ! Bises