Consumérisme : une pathologie obsessionnelle en guise de règle de vie
Consumérisme : une pathologie obsessionnelle en guise de règle de vie
Je sais que pour une partie de la population le problème n’est pas de consommer moins mais d’arriver à boucler les fins de mois, et vu mes revenus j’aurais du mal à faire dans le superflu. Je n'ai jamais été une accroc de la consommation, je ne dis pas que je n'ai jamais de plaisir à acheter quelque chose, en dehors de ce qui est réellement utile, j'ai quelque fois des achats coup de coeur, mais je ne suis pas frustrée de ne pouvoir acheter même des choses qui me plairaient, je n'ai pas d'attachement aux objets et il m'importe peu que des gens me jugent parce que je ne possède pas ci ou ça, ou que je n'ai pas le culte de l'apparence et du paraître.
Je ne vois pas pourquoi je dépenserais de l'argent et du temps pour des choses qui ne me procurent aucun plaisir, et par conséquent ne me rendront pas plus heureuse ... je ne vais pas me forcer pour participer à cette orgie planétaire qui nous conduit au néant et qui pourrait être assimilée à un immense sabbat apocalyptique.
Je ne ferais aucun effort en ce sens ... nan ! Ce sera sans moi !
Que vous ayez ou non les moyens de consommer, ces articles sont intéressants pour tous en terme de réflexion. La plupart des personnes n’ayant pas les moyens de faire du consumérisme le ferait si elles en avaient les moyens, et vivent généralement mal le fait de ne pouvoir participer à cette grande messe de la consommation. Donc en regarder les mécanismes, avoir conscience de ses conséquences perverses et se poser la question du pourquoi en terme de ce que ça nous apporte réellement personnellement, sont incontournables si nous voulons réellement changer de société ... le voulons nous vraiment ?
Posez-vous la questions, avez vous réellement du plaisir à consommer ? ou est-ce bien parce que le plaisir n’est jamais là que nous ne cessons de vouloir acheter autre chose, espérant que le plaisir finira par être au rendez-vous ? Mais si la satisfaction n'est jamais au dendez-vous, pourquoi persister dans cette voie, dans cette quête sans fin et vouée à l'échec ? Une quête sans fin liée à une insatisfaction permanente, un tonneau des Danaides .
Pourquoi ne pas se poser la question de quel est ce vide qui me tenaille que je cherche désespéremment à combler ? Le consumérisme est comparable à la boulimie, c'est un comportement pathologique, il ne correspond à la satisfaction d'aucun besoin ou plaisir, il chercher à combler un manque et comme celui-ci ne peut être comblé de cette manière, le refus d'en être conscient engendre une avidité insatiable et obsessionnelle, une surenchère permanente.
Une société qui a érigé une pathologie obsessionnelle comme régle de fonctionnement, est une société malade.
Le vide à l’intérieur est il comblé ? Non, n’est-ce pas, dès l’objet acheté, il n’a plus réellement d’intérêt, un autre est plus désirable, mais qui une fois acquis cesse lui aussi d’être intéressant ... et s’il n’y avait pas ce mensonge permanent destiné au regard des autres, ce jeu de paraître de ceux qui possèdent plus vis à vis de ceux qui possèdent peu ou pas, cela s’effondrerait comme un soufflet démoulé trop chaud. Les premiers se prétendant supérieurs de part le fait de posséder plus ... mais qu'ont ils de plus ? A part d'être plus atteints par cette pathologie que la moyenne, au point d'être prêts à détruire la planète entière plutôt que de faire face à leur propre néant ?
Car la seule bonne question est êtes-vous heureux ? Le bonheur ne se quantifie pas, ne me dites pas ce que vous possèdez ... vous sentez vous heureux ? Et si vous ne l’êtes pas pouvez-vous mettre des mots sur ce manque que vous ressentez ?
Article à venir sur le Bouthan et le Bonheur National Brut ...
Articles dont le début est mis en ligne ci-dessous où en accès direct ici :
- Le pouvoir d'achat, c'est aussi le pouvoir de ne pas acheter !
- La société de consommation est un piège attrape nigauds.
- Le bobo, le bio et le réchauffement climatique
- Consommation : vers un suicide global ?
Le pouvoir d'achat, c'est aussi le pouvoir de ne pas acheter !
Par Alain Monnier, écrivain, qui préconise, face à l'invasion commerciale dans nos vies sans besoins, de faire la grève des achats superflus. Oublier, ne serait-ce qu'une journée, écrans plats, portables 3G plus plus, voitures décapotables, ce serait déjà changer le monde.
Quelle merveilleuse aubaine ! Figurez-vous que hier matin, en passant devant chez SFR, on m'a offert quatre mois gratuits sur le nouveau mobile Nokia 2345 RPG et l'abonnement VIP+ ! Je n'ai pas hésité. Qu'est-ce que cinq ans d'engagement de nos jours ? A peine sorti, c'est Toyota qui me propose son tout nouveau modèle décapotable, c'est bien pour l'été, sans aucun apport financier, tout en leasing, et avec un premier paiement après les vacances ! Il n'y a pas à dire ces japonais sont malins. Et tenez-vous bien, avec les points bonus du Nokia 2345 RPG, j'ai réussi à m'équiper d'un écran plat de 120 pouces, je dis bien 120 pouces, chez Darty avec comme cadeau de bienvenue, un paiement différé de trois mois. Moi je ne demandais rien à personne, mais dans notre monde concurrentiel, il faut savoir saisir la chance qui passe et comme dit la publicité de la SG, ne pas être timoré ! Donc l'après-midi, ça a été le PC 8 Go de Dell à la Fnac aux mêmes conditions, il pouvait pas faire moins que Darty, le canapé d'angle en cuir et la plaque vitrocéramique aux conditions « nouveau client » de Conforama - ah les braves gens ! je ne vous en dis pas davantage -, puis le bouquet CanalSat, six mois en cadeau et six ans sur le dos, et pour finir un petit crédit gratuit de mon banquier pour les petits trucs courants ! La vie de nabab !
Résister aux satrapes du marketing (...)
Visions Alternatives, février 2007.
Eduardo Galeano
La société de consommation est un piège attrape nigauds.
La bamboche étourdit et trouble la vue ; cette immense ivresse universelle semble sans limites dans le temps et dans l’espace. Mais la culture de la consommation fait beaucoup de bruit, comme le tambour, parce qu’elle est creuse et quand vient l’heure de vérité, quand cesse le charivari et que s’achève la fête, l’ivrogne se réveille, seul, en compagnie de son ombre et des pots cassés qu’il lui faut payer. L’expansion de la demande butte contre les frontières que lui impose ce même système qui la génère. Le système a besoin de marchés de plus en plus ouverts et de plus en plus vastes comme les poumons ont besoin d’air et, en même temps, le système a besoin de voir se traîner à ras de terre, comme ils se traînent effectivement, les prix des matières premières et de la force de travail humain. Le système parle au nom de tous, c’est à tous qu’il s’adresse, c’est à tous qu’il donne l’ordre impératif de consommer, qu’il communique la fièvre acheteuse, mais pas moyen : presque pour tout le monde, cette aventure commence et se termine sur l’écran du téléviseur. La majorité des gens, qui s’endettent pour avoir des choses, finissent par n’avoir rien d’autre que des dettes qui génèrent de nouvelles dettes et ils finissent par consommer des rêves que parfois ils matérialisent en sombrant dans la délinquance.
Le droit au gaspillage, qui est le privilège d’une minorité, prétend être la liberté de tous. Dis-moi combien tu consommes et je te dirai combien tu vaux. Cette civilisation prive de sommeil les fleurs ; les poulets, les gens. Dans les serres, les fleurs sont soumises à un éclairage permanent pour qu’elles poussent plus vite. Dans les élevages industriels de poulets, les poules pondeuses aussi ignorent ce qu’est la nuit. Et les gens sont condamnés à l’insomnie à cause de l’anxiété que leur causent leur envies d’achats et de l’angoisse que leur cause la nécessité d’avoir à les payer. Ce mode de vie n’est pas bon pour les gens, mais il est excellent pour l’industrie pharmaceutique.
Les Etats-Unis consomment la moitié des sédatifs, des anxiolytiques et autres drogues chimiques vendues légalement dans le monde et plus de la moitié des drogues interdites vendues illégalement, ce qui n’est pas de la roupie de sansonnet si on considère que les Etats-Unis comptent pour à peine 5 % de la population mondiale.
"Malheureux ceux qui vivent en se comparant", dit avec regret une dame du quartier du Buceo, à Montevideo. La douleur de n’être plus, chantée jadis dans le tango, a fait place à la honte de ne pas posséder. Un homme pauvre est un pauvre homme. « Quand tu n’as rien, tu penses que tu ne vaux rien », dit un jeune du quartier Villa Fiorito, à Buenos Aires. Et un autre, dans la ville dominicaine de San Francisco de Macorís, constate : « Mes frères travaillent pour les marques. Il passent leur vie à acheter des étiquettes et ils suent sang et eau pour payer les mensualités ». (...)
Des bassines et du zèle
Le bobo, le bio et le réchauffement climatique
Par emcee le dimanche 5 août 2007
Les catastrophes climatiques – comme les inondations en Grande Bretagne – rappellent brutalement au monde occidental qu'il faut faire quelque chose contre le réchauffement de la planète.
Les bourgeois et les super-riches ont une solution: revenir à la nature et, sans se priver, se créer un mode de vie bio.
Oui, mais voilà, dans "consommer bio", il y a "consommer".
Un marché parallèle pas moins nocif se développe et les émissions de carbone courent toujours, avec le riche consommateur écolo amateur qui s"achète une bonne conscience tout en continuant de piller la planète et ses habitants.
Voici, paru le 24 juillet 2007, dans Common Dreams, un article de George Monbiot ,chroniqueur du Guardian et auteur de livres.
Le grand bric-à-brac écolo: pourquoi acheter moins, c'est mieux qu'acheter bio.
Cela n'aurait pas dû se passer comme cela. Les climatologues avaient prédit des hivers plus humides et des étés plus secs. Alors, je ne peux pas affirmer que les récentes inondations sont dues au changement climatique, ou même qu'elles sont conformes à ce qui va nous arriver.
Mais, comme le fantôme du Noël à venir, elles nous offrent un aperçu des hivers qui nous attendent si nous ne trouvons pas de solution rapidement.
Avec la montée du niveau de la mer et davantage de précipitations en hiver (n'oubliez pas que quand les arbres sont en état de dormance et que les sols sont saturés, il reste moins de possibilités aux eaux de pluie de s'écouler), tout ce qui va arriver, c'est que si on se retrouve simultanément avec des inondations dues à de fortes pluies et une importante marée de printemps, nous aurons là la formule pour une énorme catastrophe. Nous avons constaté comment des inondations localisées peuvent anéantir des services essentiels et submerger les équipes de secours.
Mais les événements de ce mois-ci ne sont rien à côté de certaines prédictions qui paraissent dans certains journaux spécialisés. Notre lutte politique principale doit consister à empêcher la rupture des plaques de glace du Groenland et de l'antarctique occidental. La seule question qu'on doive se poser en matière de changement climatique, c'est: comment faire (...)
Grand Manitou
Consommation : vers un suicide global ?
FSE : Séminaire à Bobigny, le 14 novembre
Par Mikeul, Olivier le 25 novembre 2003
Depuis quelques années, la consommation est devenue le nouveau paradigme de tout gouvernement. Consommer est devenue l’injonction politique, à droite comme à gauche. Pour sauver la croissance, il faut consommer ! L’amélioration qualitative de notre mode de vie ne peut se faire qu’en consommant plus... alors que cette surconsommation engendre d’elle-même une certaine dégradation de notre santé, de nos relations sociales ou de notre environnement , étrange paradoxe ! Il y a peu de limites à nos besoins... et cela se traduit à l’échelle de notre petite planète par le fait qu’un 1/6ème de la population mondiale représente 2/3 de la consommation. Ce chiffre met en avant deux enjeux : notre mode de vie à l’occidentale ne peut être généralisable à l’ensemble de la planète et cette répartition des pouvoirs d’achat telle qu’elle se présente actuellement est source de conflits et de tensions sans fin (migrations internationales, guerres du pétrole etc.). Bien évidemment, modifier en profondeur notre mode de vie pour en faire un mode durable et généralisable fait face à des obstacles difficiles : nouvelle adaptation du mode de production et fortes contraintes sur notre vie quotidienne (revoir notre mobilité par exemple).
Sur un autre registre, le fait d’exister dans nos sociétés occidentales est fortement corrélé à l’acte d’achat « J’achète donc je suis » ; cela est particulièrement visible pour l’automobile par exemple : a-t-on besoin d’avoir un 4X4 pour circuler en ville, ou est ce plutôt une manière de s’affirmer socialement, à défaut de briller par d’autres façons ? Cette existence par la consommation, fait social et culturel total, est source de nombre de tensions internes à nos sociétés : frustrations, individualisme, vols...
Finalement, beaucoup d’éléments poussent à opposer surconsommation et amélioration sociale et une porte de sortie repose dans le fait que le consommateur peut devenir acteur et utiliser le pouvoir de son porte-monnaie (c’est peut être d’ailleur le seul pouvoir qu’il lui reste ?) pour faire changer les choses. (...)