Un livre sur la dérive totalitaire : "La décadence sécuritaire"

Publié le par B.G.


Sommes nous bien sûr d'être en démocratie ?


Bien que beaucoup de français le croient, ce n'est pas le cas, la dérive totalitaire qui affecte nos sociétés utilise d'autres formes que par le passé, et a commencé depuis plus longtemps que nous n'en sommes conscients. Certes certains de nous sont alarmés, sentant confusément qu'un certains nombres de lois ou de discours qui pris isolément, peuvent sembler pouvoir donner lieu à un débat contradictoire, mis en parallèles et en perspective, les uns avec autres, tissent une toile dans laquelle nous sommes piégés, où les libertés individuelles s'effacent les unes après les autres dans l'indifférence du plus grand nombre. Nous voulons nous croire en démocratie, alors qu'un totalitarisme rampant, réduit l'espace vital de nos libertés individuelles et publiques au nom de la préservation de notre sécurité.
Dans nos sociétés, ce totalitarisme, ne prend pas le visage de la force brutale, comme par le passé où dans d'autres pays, il se dissimule derrière le discours et le droit, dont il perverti les concepts et l'usage, sorte de mix entre "Le meilleur des mondes" et "1984".
Je ne dirais pas que la démocratie est en danger, car la démocratie n'a jamais existé, nous (humanité) n'avions fait que quelques pas dans sa direction. Mais nous devons être conscient que le peu que nous pouvions penser être acquis est remis en cause, par qui et de quelle manière, et le défendre pour que l'avenir ne soit pas un tragique retour vers le passé, qu'auront très cher à payer les générations futures, à commencer par celle de nos enfants.
J'ouvrirais utérieurement une rubrique sur le retour en force de ce que j'appelle les idéologies de l'asservissement.

Concernant le livre dont je donne ci-dessous les références, ne l'ayant pas encore achété, je vous livre l'article d'Anabelle Hautecontre sur Oulala et la note de l'éditeur.

                     

Decad-securit.jpg   
   
La décadence sécuritaire
   
    Gilles Sainati & Ulrich Schalchli, 

   
La fabrique éditions, septembre 2007, 112 p. - 14,00 €




La décadence sécuritaire
article d'Annabelle Hautecontre (Journaliste free-lance)
jeudi 1er novembre 2007  sur Oulala.net

 

Le sécuritaire pénal submerge la justice. Les garanties individuelles sont passées par pertes et profits. Il y a danger car nous en sommes déjà à la phase 2 ….

Après le succès de la phase carcérale, le gouvernement s’attaque au contrôle social. Sur la voie publique (vidéosurveillance à outrance). Dans le champ familial (contrôle éducatif des parents). Dans la vie privée (Internet sur écoute). Tous ces dispositifs visent à prévenir tout risque de débordement de la population. Nous devrons obéir, sinon ...

En échange, on nous promet quoi ?

Ni emploi ni croissance économique. Mais la sécurité civile. Un néologisme pour désigner la garantie d’intervention de l’Etat si jamais l’on tenterait de toucher aux flux économiques. Aux infrastructures industrielles. Alors quid des droits de l’individu ? Ils sont remplacés par un jeu complexe et prophylactique de procédures. Ce livre vous les décrit par le détail. Il fait froid dans le dos ...
la suite ici

Le mot de l'éditeur :

“Vous vouliez un monde efficace, vous l’avez, crevez contents.” Bernanos

On a beaucoup écrit sur le “sécuritaire”. Tout en se plaignant de cette évolution de la politique d’État, certains pensent cette phase nécessaire. D’autres égrènent le catalogue des mesures répressives et sont surpris des atteintes renouvelées aux libertés, de la diminution de la sphère privée et croient encore qu’en votant pour tel ou tel candidat, leur sort en sera amélioré.

Tous ces questionnements existent et sont répertoriés, ils font débats. Mais l’analyse proposée dans ce livre se veut un peu plus radicale et démontre la chute rapide (dix ans) et programmée de pans entiers de l’État de droit. L’angle d’observation est celui de la disparition des notions mêmes de justice, de juste et de droit, en faveur d’un arbitraire bureaucratique qui sert une fraction de plus en plus étroite de la population.

La diffusion de méthodes et de concepts parfaitement étrangers au raisonnement juridique – fondé sur la séparation des pouvoirs, la présomption d’innocence, le débat contradictoire et l’individualisation des décisions – vient pervertir l’institution judiciaire pour l’enrégimenter dans une vaste entreprise de maintien de l’ordre public où l’efficacité prétend faire litière des juridismes surannés. À une justice artisanale doit succéder une organisation précise, méthodique, efficace, dont les résultats sont comptables.
Diluée dans un vaste dispositif de concertation et d’action, la justice met finalement à la disposition de l’administration les pouvoirs de violation des libertés dont le monopole lui avait été conféré pour en priver l’administration active et en limiter l’usage. Au nom de l’efficacité, il faut “décloisonner” les services, partager les informations et les savoir-faire, simplifier les procédures, fluidifier, être réactif, agir en temps réel, utiliser toutes les ressources de l’outil informatique. Ce faisant, on oublie seulement que l’efficacité n’est pas la justice, que le droit a justement pour fonction d’entraver l’efficacité du pouvoir, quelle que soit la légitimité du but poursuivi.

Derrière cette décadence sécuritaire – qui, à partir de la justice, se diffuse dans tous les champs de l’État – émerge un projet politique malthusien qui semble préparer des solutions guerrières, tant sur le plan international que national, et passe par une limitation de plus en plus accrue des libertés publiques et individuelles, afin de maintenir une domination de l’élite sur le plus grand nombre. Cette politique se durcit et s’accélère du fait de la dégradation inéluctable des conditions de vie d’une masse humaine de plus en plus importante.

Au “tous ensemble” des altermondialistes répond le lugubre “attentifs ensemble” de vigipirate.

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