Employé(e)s de maison : le retour de l'esclavage ?
Employé(e)s de maison : le retour de l'esclavage ?
Je vous prie de bien noter les conditions de travail, le fait la l'employeuse est d'une famille du CAC40, mais 80 € pour payer les cotisations sociales réelles de son employée une dépense qu'elle ne saurait accepter, qu'importe à ces personnes ce qu'il peut bien advenir de ce petit personnel, une fois jeté à la retraite car ne pouvant plus corver suffisament pour leur maigre salaire.
Le second article sont les réflexions de Michèle sur sa profession, suite à un article paru dans le parisien, sur la traite, pourrait on dire, d'employé/es de maison en situation irrégulières et tenu/es en quasi-esclavage, sans quasi-salaire, sans droits et sans protection, le domicile privé des riches (contrairement aux apparts HLM de banlieue) est inviolable pour permettre le constat d'emploi de ces personnels logés dans des conditions limites.
Toutefois les articles de Michèle sont éloquents et je vous conseille d'aller faire un tour sur son blog pour aller lire le reste, et de suivre, car ce n'est que le début, son blog étant récent.
Avec ce genre de pratiques des plus répandues dans les sphères de l'argent et du pouvoir, pensez-vous vraiment que nous pouvons prétendre être en démocratie ? Et posez-vous également cette question, croyez-vous vraiment qu'ils auraient autant d'argent s'ils n'étaient pas ces êtres malsains et sans âme ? ... A suivre
( Photo du film Marie-Antoinette sur ALLOCINE.COM )
Le blog de Michele employe-de-maison
Je n'ai plus de bulletins de salaire depuis..........
Samedi 12 avril 2008
Janvier 2008, nous sommes le 12 avril. Ce qui retarde mon dépôt de dossier pour une demande de logement, et contrarie mes démarches envers les administrateurs de biens et agences immoblilières. Pour elle ce n'est pas gênant, elle vit dans un luxueux duplex de plus de 300 m2 avec terrasse et jardin au coeur de Paris. Tandis que mon logement de fonction de 9m2 que je paie par deux heures de travail supplémentaires, ce qui équivaut à un loyer de 660 euros environ par mois. Heureusement, il y a une mezzanine de 3m2 pour que ma fille puisse dormir confortablement il me reste un fauteuil-lit. Ne gagnant pas assez pour accéder à un logement privé et gagnant trop pour obtenir un logement de la ville de Paris, je me sens SDF en sursis.
Parce que mon employeur, une femme dont le nom s'associe au CAC 40, trouve , que l'adhésion de 80 euros à la FEPEM et l'établissement de mes feuilles de paye s'élèvant à 235 euros l'année, trop chères. Alors elle a décidé de me payer par le CESU, qui est un service gratuit!. Seulement je ne suis pas d'accord et j'en ai le droit. D'autant qu'il y a six c'est aussi la FEPEM qui a rédigé mon contrat de travail, donc elle doit l'annuler et m'en refaire un autre ou faire un avenant.
La vie de ses riches est très compliquée, tout ça pour que son comptable ne sache pas combien Madame me paie pour être servie comme une reine 10 heures par jour, parfois plus.
Avouez que c'est idiot, Madame aurait pu m'en parler avant,ainsi j'aurai pu lui proposer d'établir mes bulletins de salaire, ayant des notions comptables et les ayant établis pour payer la nounou de ma fille, il y a quelques années.
Ce qui m'a conduit à une réflexion, comment sont rémunérés les salariés du CESU?
Sans doute grâce à l'économie sur nos cotisations salariales au forfait! Allez savoir......
Il y a six ans, quand mon agence m'a proposé ce poste, j'igorais que j'allais tomber dans le piège de ses salaires au forfait. Car toutes deux me laissait entendre que mon salaire au "forfait" comptait mes heures supplémentaires. J'étais si heureuse de trouver un emploi correspondant à mes qualifications et très fière de travailler pour une femme comme elle. Quelle naîveté et quelle désillusion. ....
Joyeusement, il m'arrivait de travailler 13 ou 14 heures par jour, jusqu'au jour ou j'ai prêté un oeil sur mes bulletins de salaire, mes cotisations salariales étaient basées sur le SMIC. Ayant fait observé à Madame mon désaccord, elle fit faire par la FEPEM, une simulation de salaire déclaré au réel, ce qui fut le cas dans toute ma vie professionnelle. Madame m'expliqua, qu'elle payait plus cher ses cotisations patronales et que mon salaire allait diminué du montant de la différence des cotisations salariales. Alors que mon salaire net chez mon dernier employeur était suppérieur, avant d'entrer au service de Madame.
Alors que Madame s'adonne a des achats quasi journaliers, chez Chanel, Armani, Hermès ou revenir avec un pull en cachemire de chez Grimson dont le coût est équivalent au complément de mes cotisations salariales qui me manque pour espérer avoir une retraite décente, ou des droits face à la maladie ou bien encore au chômage. Ma vie se résume comme une peau de chagrin et je sens en moi, ce que j'ignorais jusqu'ici, cette montée de haine que j'essaie d'apaiser tant bien que mal,, aussi bien envers ces particuliers-employeurs entretenus par le protectionnisme gouvernemental et ses législateurs, qu'envers moi même.
Si j'ai aimé ce métier, je commence à douter de mes facultés spirituelles et intellectuelles. Par contre Madame ne doute pas de son abus de pouvoir, ni de sa générosité en me gardant à son service.
@bientôt
Quand employée de maison rime avec esclavage
Lundi 24 mars 2008
Ce ne sera pas le dernier article. Celui de la journaliste Pascale EGRE du Parisien paru le 24 Mars 2008 (reproduit ci-dessous) sur "La servitude des bonnes des beaux quartiers" est éloquent...
Combien d'autres articles de presse faudra t-il encore pour soulever les problèmes que rencontrent notre profession?
Esclave est-il un métier? Il suffit d'1 euro de salaire pour oublier le terme.
Non seulement nous restons en marge par l'inégalité salariale, mais encore par les discriminations faites à l'encontre de ses femmes et hommes venus d'ailleurs, pour compenser la main d'oeuvre qui manque dans cette corporation, et pour cause!
La france, si elle a élevé une stèle en mémoire de l'esclavage, il faudrait que cette mentalité d'esclavagiste disparaisse.
40% d'employeurs particuliers déclarent leur personnel avec un salaire au forfait, ces 40% sont de mauvais employeurs. Et parmi ceux çi, combien abusent de leur pouvoir et se détournent de leurs devoirs?
A Neuilly sur Seine, qui a pu laisser s'installer une situation aussi dégradante qu'injuste concernant les employés de maisons bourgeoises et que l'on dénoncent depuis plusieurs années déjà?
A Paris aussi et partout en France.
Cette profession, je lui ai donné mes plus belles années, j'ai aimé servir ces grands de ce monde, et quand je vois ce que l'on devient, comment on traite
les gens de maisons aujourd'hui, c'est affligeant.
Ce métier doit disparaître pour qu'enfin ces employeurs assument leurs tâches domestiques, d'ailleurs ils n'assument pas leur richesse, l'habitude de la gratuité, sans doute.
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Pascale Égré - lundi 24 mars 2008
Elles sont domestiques corvéables à merci, sans papiers, sous-payées, pour la plupart originaires des Philippines, et vivent dans des conditions souvent indécentes au service de familles aisées. Rares sont celles qui se rebellent.
LA PLUPART, convaincues de ne « pas avoir le choix », se taisent et acceptent leur sort. Elles décrivent des « patrons gentils », qui offrent « une chance » au regard de la situation dans leur pays d'origine et dont les enfants deviennent « comme les nôtres ». Quelques-unes, après des années d'exploitation et d'espoirs déçus, ou parce que la servitude s'est mue en esclavage, entament une démarche judiciaire pour faire valoir leurs droits.
« Ils m'avaient promis plein de merveilles. Quand j'ai demandé s'ils pouvaient m'aider pour les papiers, c'est devenu un cauchemar », raconte Fanny, une Cap-Verdienne de 39 ans qui a passé dix ans au service d'un riche couple des Hauts-de-Seine et dix autres à batailler devant les tribunaux. Domestique, garde d'enfants, cuisinière, couturière, femme de ménage... Etrangères, sans papiers, sous-payées, elles sont - parfois des hommes aussi - les « petites bonnes » de familles aisées de Paris ou de la Côte d'Azur.
« N'est pas notre employée », s'est d'abord entendu répondre Angela, qui a porté son dossier devant le conseil de prud'hommes de Paris après neuf ans de service. « Un léger travail d'entretien » en échange d'une chambre de bonne, assure désormais la défense du couple qui l'utilisait, dirigeants d'une célèbre marque de vêtements branchés. « Ces gens établissent une relation quasi coloniale, où règne une totale hypocrisie », tempête Me Slim Ben Achour, avocat de Fanny et aujourd'hui d'Angela, qui se dit convaincu du « caractère discriminatoire » de ces situations. « C'est parce qu'elles sont femmes, venant d'Afrique ou d'Asie, et de couleur que ces conditions de travail leur sont faites », affirme-t-il.
Fuir au Canada
Le cas des domestiques philippin(e)s, très apprécié(e)s de l'élite de l'Ouest parisien, n'est un secret pour personne, ministère de l'Immigration y compris. Depuis l'automne, ce dernier négocie un « accord de gestion concertée des flux migratoires » entre la France et les Philippines qui « vise uniquement les emplois qualifiés et les étudiants ». Quid des employées de maison déjà présentes en France ? « Elles ne sont pas du tout concernées par l'accord. Cela en fausserait l'esprit », insiste un porte-parole de la Rue de Grenelle. Dans la communauté, pourtant rodée à une solidarité mêlant action des associations et des Eglises, la crainte de l'expulsion est devenue telle que beaucoup s'organisent pour tenter l'émigration au Canada. « Trente sont partis en décembre », assure Rafaelito Gomez, qui bataille par ailleurs pour « l'intégration » de ses compatriotes via une petite association qui donne des cours de français.
A 8 € de l'heure, 12 maxi, « pas de paye » quand les patrons sont en vacances, il faudrait au minimum deux ans à Maria et Ruben, logés dans un 5 m2 du XVIe, pour réunir la somme nécessaire à un nouveau départ. Eux ne porteront jamais plainte. « Par peur et par ignorance de leurs droits », analyse Denis Mana-ay, qui travaille à l'église américaine du VIIIe arrondissement. « La révélation de ces affaires se heurte au principe de l'inviolabilité du domicile privé, où elles sont en général confinées », souligne en outre le commandant de gendarmerie François Chambre, chef adjoint de l'Office central de lutte contre le travail illégal (OCLTI). Quant aux très rares personnes qui osent briser le huis clos de ce phénomène caché - dont le Comité contre l'esclavage moderne (CCEM) rappelle qu'il ne se réduit pas aux beaux quartiers -, un autre combat fait de « très longues procédures » les attend. Avec, à la clef, déplore Sophia Lakhdar, présidente du CCEM, « des peines très peu dissuasives ».