L'education populaire à la culture désubventionné par le ministère de la culture ?
L'education populaire à la culture désubventionnée par le ministère de la culture ?
Lu dans Montpellier Plus du 12 février 2008
GROGNE
Plus de sous
Les enfants de la Mosson, et aussi certains adultes, ne pourront plus aller au musée Fabre.
Du moins, ceux qui profitaient des actions mises en place par l’association "Peuple et culture". Cette structure, comme beaucoup d’autres à Montpellier, risque de passer de vie à trépas.
La faute à une ligne du budget du ministère de la Culture qui a disparu purement et simplement du grand livre de la comptabilité publique. « La DRAC ne bénéficie plus de moyens pour soutenir l’action culturelle territoriale et les actions d’éducation populaire. On nous dit que les budgets vont être transférés à la préfecture mais on trouve ce jeu de chaises étrange », explique Josiane Ricard, représentante des associations de jeunesse et d’éducationpopulaire.
Alors hier matin, ceux qui oeuvrent pour amener les arts et la culture dans les villages, les quartiers, les hôpitaux et dans la rue, ont tiré la sonnette d’alarme. Le préfet de région devrait recevoir une délégation dans quelques jours.
J.-J. S.
Une pétition est en ligne
http://mouvement-rural.org/article-nu.php3?id_article=2296
Je n'ai trouvé sur le net qu'un comparatif sur le site du PS entre les montants du budget 2008 avec ceux de l'année précédente : à lire ici Le budget de la culture pour 2008 et datant du 26 octobre 2007
Je n'en sais pas plus, mais comme ce serait tout à fait cohérent si l'on peut dire, avec les mesures prises jusqu'à présent ... je n'ai pas de raison, à priori, de douter que les associations travaillant dans ce secteur et à l'origine de la pétition aient de réelles raisons de s'inquiéter.
Texte de la pétition nationale
APPEL DES FEDERATIONS D’EDUCATION POPULAIRE POUR LES ARTS ET LA CULTURE AU QUOTIDIEN
Nous qui produisons, diffusons, accompagnons des œuvres partout en France,
Nous qui amenons les arts et la culture dans les villages, les quartiers, les écoles, et aussi dans la rue, dans les hôpitaux ou dans les prisons, qui organisons des festivals, des ateliers, des rencontres entre les professionnels et le grand public,
Nous qui développons et qualifions les pratiques artistiques des amateurs,
Nous qui soutenons une culture vivante de qualité, de courage, d’indépendance et de création, dans le cadre d’une politique nationale concertée et durable fondée sur l’intérêt général, en lien avec les artistes, les collectivités, les institutions, et les services de l’Etat,
Nous qui réunissons plusieurs dizaines de milliers d’emplois, plusieurs millions de bénévoles et autant de participants, Nous appelons solennellement l’État à réaffirmer la place des arts et de la culture dans le droit commun des politiques publiques.
Nous, fédérations signataires de la Charte Education populaire - Culture rappellons notre vive inquiétude sur l’actualité des orientations et des choix budgétaires du ministère de la Culture et de la Communication qui remettent en cause le travail quotidien des associations engagées dans la diffusion, l’éducation artistique, l’action culturelle et plus largement l’éducation populaire.
De profondes mutations sont en cours :
- un désengagement budgétaire et politique de l’Etat sur la culture en dehors des arts majeurs, des industries culturelles et du patrimoine
- une politique budgétaire qui tend à séparer la création, la diffusion, l’éducation artistique et l’action culturelle
- l’avènement et la banalisation manifeste d’un discours fondé sur la libre concurrence dite « nécessaire » entre secteur marchand et action publique
Ces mutations se font sentir depuis plusieurs années, mais une accélération évidente est en œuvre. Elle remet en cause actions, projets et dispositifs d’éducation populaire dans leur fondement, dans leurs complémentarités comme dans leur simple existence. Le renvoi récurrent au mécénat ou au partenariat local fragilise les actions, aux dépens d’une politique nationale et de long terme (fondée sur des complémentarités et des péréquations), garantissant une forme d’égalité entre les territoires de la République.
Nous, fédérations signataires annonçons que nous suspendons sine die nos travaux et contributions dans le cadre de la Charte Education populaire - Culture tant que le Conseil national Education populaire Culture n’aura pas été réuni sous la présidence du Ministre de la Culture et de la Communication.
Nous appellons l’ensemble des militants et partenaires de leurs associations à :
- travailler activement à l’explicitation de cette actualité auprès du grand public
- mobiliser les élus sur ces questions
- se joindre à toute initiative de mobilisation publique locale et nationale visant à réunir largement tous les secteurs artistiques et culturels