BRS : un patron voyou contré par la solidarité de ses salariés !
BRS : un patron voyou contré par la solidarité de ses salariés !
Pour l’info en bref :
(détails ci-dessous, dont des interviews de salariés sur Europe 1)
Les employés de BRS, sous-traitant automobile à Devecey (Doubs), ont empêché leur patron de délocaliser leur entreprise en douce pendant le week-end en Slovaquie, sans avoir payé les salaires du mois de janvier, et l’ont séquestré jusqu’au lundi pour obtenir qu’il dépose le dépôt de bilan, seul moyen d’obtenir le paiement des salaires.
Devecey est une petite commune, d'environ 1500 habitants, chance pour les salariés de cette entreprise, car je doute que dans une grande agglomération, un salarié aurait aperçu les 7 camions devant l’entreprise et pu alerter des collègues pour bloquer l’usine.
Certes l’entreprise va probablement fermer faute de repreneur, mais je salue la réactivité et solidarité des salariés de cette entreprise, qui leur aura permis de mettre leur voyou de patron en face de ses actes, l’auront obligé à faire de le dépôt de bilan qui leur permettra au moins d’être payé relativement rapidement et de faire valoir leur droit aux Assedic … voir que nos concitoyens décident ici et là de réagir, ça remonte le moral !
Une question toutefois me trotte dans la tête. BRS a été achetée il y a seulement 1 an par Utilux qui possédait déjà un autre site de production en Slovaquie, qui n’ignorait pas au moment de l’achat le montant des salaires en France, connaissait parfaitement ceux de Slovaquie et la situation de BRS qui était en redressement judiciaire à ce moment-là.
Donc pourquoi avoir acheté BRS ?
Le staff dirigeant d’Utilux est-il à ce point totalement incompétent, qu'il aurait racheté BRS sans avoir fait la moindre étude, le moindre prévisionnel, persuadé que son génie suffirait pour la faire cartonner ? J’en doute un peu, bien que ce ne puisse être totalement écarté dans la société actuelle. Sinon a-t-elle empochée des subventions pour la reprendre ? Avait-elle pour mission d’éliminer un concurrent pour elle-même ou un autre ? Pas de réponse, rien à ce sujet sur le net.
Donc félicitations aux salariés de BRS, pour avoir mis en échec un patron voyou partant en emportant tout ce qui était vendable, sans payer les salaires du mois échu. Mais il est inadmissible qu’aucune procédure pénale n’ait été portée à l’encontre de Mike Bacon, le dirigeant, qui n'a aucun état d'âme et considère qu'il était dans son droit en agissant ainsi.
Un véritable permis donné aux dirigeants d'entreprise, les autorisant, voire les incitant à ne pas tenir compte des lois : c'est tout bénefice s'ils ne se font pas prendre et sans aucun risque dans le cas contraire puisque tout ce qu'ils risquent est ... d'être juste obligé de respecter la loi !
Quand la loi ne s'impose qu'au peuple et peut être ouvertement bafouée en toute impunité par ceux qui détiennent le pouvoir et/ou l'argent ... il faut un bel aveuglement pour vouloir se croire en Démocratie !
L'information relatée sur le net
Sur Samizdat.net
BRS-Devecey : lutte contre les licenciements et patron-voyou séquestré
Très en colère, les salariés de BRS-Devecey, un sous-traitant automobile du Doubs retiennent leur employeur après que celui-ci eut tenté de délocaliser son usine en catimini au début du week-end...
Le bras de fer remonte à samedi matin, quand un responsable des expéditions découvre tout à fait par hasard que trois camions slovaques sont en train de vider l’usine de pièces détachées et de matières premières. Il donne l’alerte et, ni une ni deux, ses collègues arrivent à la rescousse pour bloquer les grilles de l’usine avec leurs voitures. Le temps de tirer l’affaire au clair.
L’entreprise BRS, spécialisée dans la fabrication de pièces pour l’industrie automobile, a été rachetée il y a un an -elle était alors en redressement judiciaire- par un homme d’affaires britannique, Mike Bacon. L’homme possède un autre site de production, en Slovaquie, où la main d’oeuvre est cinq fois moins chère.
Aux salariés qui le retiennent dans l’usine depuis 48 heures, Mike Bacon ne cache pas qu’il avait l’intention de délocaliser le site de production au cours du week-end (plusieurs camions auraient d’ailleurs réussi à quitter l’usine dans la nuit de vendredi à samedi) pour, affirme-t-il, trouver de l’argent pour payer les salariés français.
Car en janvier, les salaires n’ont pas été versés à la quarantaine d’employés de BRS. Leur patron leur a promis de les accompagner dans l’après-midi jusqu’au tribunal de Commerce pour lancer la procédure de placement en liquidation judiciaire. Seule solution pour que les ouvriers touchent prochainement leurs salaires.
France Infos, 4 février 2008
Sur Francebourse.com 05/02/2000
BRS : quand les salariés font de la résistance
Il pensait fuir pendant le week-end mais il a finalement été retenu en otage par ses salariés. Mike Bacon, le PDG de l’usine de sous-traitance BRS de Devecey (Doubs) avait préparé cette opération depuis une dizaine de jours. Sept camions chargés de pièces et de matières premières l’attendaient afin de quitter la France pour la Slovaquie où il entendait délocaliser sauvagement son outil de production. Mais les salariés, alertés par ces camions suspects, ne l’ont pas entendu ainsi. Ils ont décidé de faire respecter leur droit à une couverture sociale et aux Assedic en retenant en otage leur patron durant 48 heures afin de le contraindre à un dépôt de bilan. Les salariés ont obtenu gain de cause. L’entreprise BRS, rachetée il y a un an par le groupe britannique Utilux, a été placée en liquidation judiciaire mais poursuivra ses activités jusqu’au 29 février. Quant au patron voyou, il a été relâché lundi en milieu de journée.
Les réactions des salariés
« Samedi, vers midi, un de nos collègues qui passait par là, a vu trois camions dans la cour. Intrigué, il a appelé la personne de la logistique censée être au courant de ce genre d’opérations. Arrivé sur les lieux, ce dernier s’est vite rendu compte que quelque chose d’anormal était en train de se passer. Il nous a fait appel. On était quatre à nous rendre rapidement sur place pour bloquer les camions. Les chauffeurs n’ont posé aucun problème. Le patron a organisé tout ça avec son bras droit, à l’insu de tout le monde, y compris le directeur du site », tempête Jean-Paul Clerc, chef d’équipe.
« Les gendarmes étaient arrivés rapidement. Ils ont aussitôt engagé des discussions avec M. Bacon. Celui-ci a accepté de rester sur place jusqu’à aujourd’hui, pour déposer le bilan dans la matinée au tribunal de commerce de Besançon. En contrepartie, il a demandé qu’on décharge les camions et qu’on les laisse repartir. Mais avant qu’on se rende compte, quatre camions, chargés de matière première étaient déjà partis. Les trois autres devaient emporter le stock de pièces », ajoute-t-il.
(L’Alsace.fr 05/02/08 Devecey : le matériel de l’usine BRS allait prendre le chemin de l’Europe de l’Est)
« Pour lui, cette opération est tout à fait légale. C’est son bien, il en fait ce qu’il veut ! » s’insurge Renaud Cornu, le directeur commercial. Ce patron voyou a été invité gentiment par les salariés en colère à ne pas quitter l’entreprise : « On ne le séquestre pas, on lui a simplement demandé de travailler ce week-end pour l’entreprise. Nos paies de janvier n’ont pas été versées faute de trésorerie, il a donc un peu de temps pour trouver l’argent nécessaire pour - assumer au minimum ce droit dû aux - salariés. Et comme nous avons une conscience professionnelle et que nos clients nous font confiance, on lui a signifié de tout mettre en oeuvre pour faire revenir les camions afin que nous puissions assurer les livraisons », précise Laurent Idelot. Durant le week-end, les salariés se sont relayés pour assurer une permanence de veille dans l’usine.
(L’Humanité 5 février 2008 Délocalisation sauvage d’une usine du Doubs)
"Nous avons fait cela pour que les salariés soient payés, pour qu'ils aient droit à une couverture sociale et aux Assedic", a déclaré à l'AFP Renaud Cornu, porte-parole des salariés et responsable commercial de l'entreprise.
Cette opération "était préparée depuis une dizaine de jours" par Mike Bacon, a rapporté Renaud Cornu en ajoutant d'autre part que "l'argent des salaires de janvier aurait disparu".
(La Croix.com 05/02/2008 Un patron "voyou" retenu par ses salariés et forcé au dépôt de bilan)
Sur EUROPE 1 : 2 interviews radio en ligne des salariés du lundi 4 février 2008
Doubs : un patron voyou contraint par ses salariés d'agir selon les règles
JT de France3 du 4 février 2008