Palestine : revue de presse

Publié le par benedicte

Palestine : revue de presse


Je ne peux pas reprendre mon blog sans faire au moins un article sur les massacres qui ont eu lieu à Gaza. Ayant déjà donné ma position concernant la situation des palestiniens (voir page Palestine) je relaie donc une série d'articles sur ce qui s'est passé entre décembre et janvier à Gaza, avant de relayer le boycott déjà mis en ligne par de nombreux blogs et sites et la « pétition de soutien » au dépôt d'une plainte à la Cour Pénale Internationale contre l'État d'Israël pour crime de guerre par un collectif dans les 2 articles qui suivront.

Plus de 60 ans de crimes contre l'humanité organisés avec la complicité de la communauté internationale ... il est effectivement plus que temps.

Une compilation d'articles non exhaustive, qui se sont multipliés sur le net, les massacres et la barbarie envers les gazaouis allant crescendo avec le temps et l'impunité accordé à Israël par les gouvernements occidentaux, qui de ce fait comme je l'ai déjà dit sont tout aussi coupables et responsables de cette barbarie qui ne pourrait se perpétrer depuis 60 ans sans leurs actifs soutien et complicité.


Coup de gueule

Quand on a une conscience, aucune idéologie nauséabonde, aucun discours pervers et mensonger ne peut permettre de cautionner la barbarie et le fascisme, d'être douloureusement révolté par les souffrances de ceux qui les subissent et l'impuissance dans laquelle l'on est de pouvoir l'empêcher.

Des voix se sont toujours élevées pour dénoncer le fascisme du régime sioniste d'Israël qui n'a rien à envier effectivement à celui du nazisme et doit être jugé et condamné tout aussi sévèrement. Des voix se sont toujours élevées, qui ne se sont pas laissées intimider par les accusations d'antisémitisme ou de soutien au terrorisme que l'on a porté invariablement à leur encontre pour tenter de les museler, d'être des traîtres ou de haïr leurs origines quand ces voix étaient juives ou israéliennes.

On a une conscience ou en a pas. Et quand on a une conscience, les droits de l'homme ne sont pas des mots servant à pérorer et jouer les pères et mères la vertu en cautionnant les massacres. Quand on a une conscience, on a pas besoin de se référer à un quelconque texte, mal ficelé par ailleurs, pour discerner l'injustice, la cruauté, la barbarie et pour être révulsé par les discours pervers prétendant la masquer et intervertir les rôles entre bourreaux et victimes !

Le nazisme c'était hier, n'avons nous rien appris de l'histoire ? Quelle hypocrisie que d'encenser les « justes » de l'époque, de pleurer les pauvres victimes innocentes du facisme des années 40 et de calomnier ceux qui dénoncent la même monstruosité qui se déroule de nos jours quotidiennement sous nos yeux depuis 60 ans, de qualifier de terroristes la population entassée et enfermée dans le ghetto de Gaza que l'on affame, mutile, massacre allègrement.

Tous ces politiciens et pseudo-intellectuels corrompus et sans âme, chantres de la barbarie sont le rebut de notre espèce, des esprits vulgaires, lâches et veules, des individus malfaisants et nuisibles qui ne méritent que le plus profond mépris et devrait être traités comme les criminels qu'ils sont !

Je ne m'excuserais pas de laisser la colère sourdre, alors que jusqu'à présent je modérais mes propos, il faut bien que cette colère entretenue depuis plus de 30 ans par les horreurs perpétrées en permanence par mon espèce puisse s'exprimer de temps à autre pour éviter l'implosion. J'évite de hurler tout le temps, mais ça fait du bien. Vous me direz que ça n'apporte rien au débat, mais il s'agit de la vie et des souffrances « réelles » d'enfants, femmes et hommes, du cauchemar qu'ils vivent au quotidien, il n'y a pas à en débattre, leur existence n'est pas virtuelle, la condamnation et la mise à l'index de leur tortionnaires ne souffrent aucune discussion. Là seule chose qui peut être discutée ce sont les mesures à prendre pour arrêter ça !

Fin du coup de gueule


Normalement si nous étions une démocratie, des sanctions politiques et économiques auraient déjà été prises depuis longtemps envers cet état « voyou » pour le contraindre à arrêter ses exactions et respecter le peu de droit international existant, mais bien au contraire nos gouvernements l'alimentent et l'aident à affamer les palestiniens (je rappelle que l'Europe a suspendu ses subventions après l'élection du Hamas, qui était pourtant une élection démocratique selon nos propres règles !).

Il y a donc le boycott et soutenir la plainte qui est en-cours de dépôt à la Cour Pénale Internationale, ce qui est à la portée de tout un chacun. Un boycott massif des intérêts des firmes israéliennes et de celles qui soutiennent Israël, s'il était massif serait une arme redoutable et des plus efficace.

Sinon informez-vous suffisamment sur l'histoire de la Palestine pour être capable d'expliquer à ceux/celles qui ne le sont pas, n'étant abreuvé que par la propagande des médias, la réalité de la situation en démontant les mensonges en se référant aux faits. Refusez de vous laisser intimider par les sionistes et autres tenants d'idéologies fascistes. Ne vous laissez pas entraîner par eux dans des discussions stériles, ne perdez ni temps, ni énergie à leur répondre et ne vous laissez pas entraîner dans le registre de la haine, de l'agression et de l'insulte qui est le leur. Sur les commentaires qu'ils peuvent mettre sur des articles, répondez juste par une phrase ironique coupant ou le lien vers un article remettant les faits dans leur contexte, ne les alimentez pas en vous mettant sur le terrain de l'argumentaire, ils refusent de se placer sur ce terrain où ils seront forcément perdants ! Rappelez-vous que le silence est le plus grand des mépris, et c'est tout ce qu'ils méritent ! C'est frustrant de ne pas répondre, mais en terme de résultats c'est plus efficace. D'autant plus que le gouvernement d'Israël cherche à recruter une armée de blogueurs pour « occuper le terrain en inondant de commentaires les "sites anti-sionistes" qui pullulent sur la Toile » lire Une "armée" de blogueurs israéliens à l'assaut de la Toile (Le Monde)


Croire que le dialogue est toujours possible est une erreur. Il n'est possible qu'entre personnes  qui sont ouvertes à celui-ci . Aucune dialogue n'est possible avec la tyrannie, ses promoteurs et ses valets. Si Israël n'est pas contraint par l'extérieur à cesser ses agissements, il continuera à faire chaque fois pire que la fois précédente, il suffit de balayer l'histoire des précédentes décennies, et de regarder les discours et pratiques actuelles.

« Le rabbinat de l’armée israélienne a distribué aux soldats durant l’offensive "Plomb durci" une brochure appelant au nom de la Bible "à ne pas avoir pitié" des ennemis d’Israël » lire Offensive à Gaza : brochure ultra nationaliste du rabbinat militaire  ( Le Monde relayé par Le Grand Soir) le gouvernement d'Israël travaille déjà à ne pas avoir à répondre de ses crimes Tsahal à l'abri de la justice? (L'Express) ...


Au niveau des réactions internationales, le Venezuela et la Bolivie ont rompus récemment leur relations diplomatiques avec Israël lire Discours de Julio Escalona ambassadeur à l'ONU de la République Bolivarienne du Venezuéla et La Bolivie a rompu ses relations diplomatiques avec Israël

L'ambassade du Venezuela en France a depuis fait l'objet de vandalisme de la part de sionistes lire le Communiqué de l'ambassade du Venezuela mais les exactions commises par les activistes sionistes quelles que soient leur gravité ne faisant jamais la une des médias « officiels », je doute qu'ils en aient parlé.

La Mauritanie et le Qatar ont suspendus récemment leurs relations diplomatiques avec Israël voir 2 pays arabes suspendent leurs liens avec Israël

Des manifestations de soutiens ont eu lieu dans de nombreux pays, mais une mention spéciale doit être descernée en Europe à la Norvége lire Extraordinaires Norvégiens: grève de sympathie avec Gaza, prix Nobel de la paix à Peres remis en cause et Norvège grèves pour la Palestine : mobilisation historique contre les massacres de Gaza


A noter que réuni en session spéciale à la demande de l'Égypte, du Pakistan et de Cuba, le Conseil des droits de l'homme des Nations Unies a entendu le rapport sur la situation à Gaza de Richard Falk, et a adopté, le 12 janvier, une résolution par 33 voix pour, 1 voix contre (le Canada) et 13 abstentions ( les pays européens) condamnant l'agression israélienne contre Gaza et établissant une mission internationale d'enquête sur les violations des droits humains commises à Gaza depuis le 27 décembre. Compte-rendu de cette session, suivi de la traduction de la déclaration de Richard Falk. - sur Tlaxcala

Comme de toute façon les résolutions et déclarations de l'ONU, Israël et les Etats-Unis s'assient dessus, tout le monde s'en fout et ça ne changera rien au sort des palestiniens.

Ajout de dernière minute, comble de l'hypocrisie et de l'indécence dans Un appel pour Gaza gêne les télévisions britanniques (Le Figaro.fr) j'apprends que « La BBC et SkyNews refusent de diffuser un appel aux fonds d'ONG en faveur des victimes palestiniennes, au nom de leur «impartialité». Tollé en Grande-Bretagne. Même les ministres s'en mêlent. » ...


Si la conscience est minoritaire partout, elle existe toutefois partout, et également en Israël il y a malgré tout une résistance dont on a peu d'écho en dehors des écrits de quelques écrivains et intellectuels. Des soldats et réservistes ont refusé d'aller servir à Gaza et s'en sont exprimé publiquement Soldiers refuse to serve in Gaza (vidéo), des milliers d'israéliens ont manifesté contre la guerre à GazaThousands of Israelis protest against the war in Gaza (vidéo), et voir également la Vidéo dédiée à Obama par une opposante israélienne, militante de l’association Machsom Watch, association de femmes qui vont depuis des années sur les check-points, pour essayer d’empêcher les exactions des soldats israéliens. (les deux premières en provenance d'Isarël Social TV n'ont aucune traduction en français et sont seulement sous-titrées en anglais ... mais il n'y a pas d'autre version alors je les mets quand même)

 

Sur place après ces derniers bombardements et invasion, la situation déjà catastrophique s'est bien entendu aggravée sur le plan alimentaire, sanitaire, médical et de logement.  Gaza est un champ de ruine où l'on manque de tout, y compris d'eau potable et de combustible pour faire cuire la nourriture et se chauffer. Je ne me sens pas de résumer les  informations des articles mis ci-dessous. Ils contiennent entre autre des témoignages de médecins et ONG. Je n'ai mis que les liens des articles et non les articles eux-mêmes, qui n'est pas une liste exhaustive, articles, photos et vidéos se multiplient sur le net. Les témoignages sont effroyables, les pires sont presque ceux des quelques médecins étrangers qui ont pu entrer, et dont l'un dit « Ce n'est pas de la médecine, ce qu'on soignait n'est pas écrit dans les livres médicaux, C'est plus que des crimes de guerre. C'est de la folie. Des pieds effrités, des corps d'enfants qui ne possèdent pas la partie inférieure, des cerveaux hors des crânes, des amputations et des cadavres noirs comme du jais. Des attaques visant à traumatiser tout un peuple et le détruire ». Des phrases répétées par les différents médecins de tout âge, spécialité, pays et tendance politique ... c'est un véritable massacre qui a été organisé !


Des photos il y en a plein le net, j'ai choisi volontairement de ne pas en mettre de profondément choquantes mais vous n'aurez aucune peine à en trouver ! Depuis hier que je lis des articles sur Gaza pour faire cet article, j'ai envie de vomir !


Personne ne pourra dire cette fois qu'il ne savait pas !

 

Je mets à la fin de l'article la copie du la traduction de la déclaration de Richard Falk, rapporteur spécial de l'ONU pour les territoires palestiniens occupés depuis 1967 sur la situation dans la bande de Gaza.


Source des photos Abdel life blog exceptée celle des médecins qui provient d'un des articles cité



Témoignages et vidéos :


Réactions et Analyses :


Petit rappel :

En 1948, par Albert Einstein et d'autres, adressaient une lettre à l'éditeur du New-York Times au sujet de Begin et d'Israel, Les dirigeants israéliens sont des fascistes et qui commence ainsi :

« Parmi les phénomènes politiques les plus inquiétants de notre époque, il y a dans l'Etat nouvellement créé d'Israël, l'apparition du "Parti de la Liberté" (Tnuat Haherut), un parti politique étroitement apparenté dans son organisation, ses méthodes, sa philosophie politique et son appel social aux partis Nazi et fascistes.... »

A lire sur le site de Michel Collon InvestigAction en cliquant sur le lien au-dessus.





Ce document est destiné à l'information; il ne constitue pas un document officiel

Source : ONU


La situation dans la bande de Gaza
Déclaration de Richard Falk, rapporteur spécial de l'ONU pour les territoires palestiniens occupés depuis 1967


Richard Falk :


1. Cette déclaration se concentre sur les effets de la campagne militaire israélienne durable déclenchée le 27 décembre 2008, qui s’exercent sur la situation humanitaire de 1,5 million de Palestiniens confinés dans la bande de Gaza. Conformément à son mandat, le rapporteur limite ses commentaires aux problèmes liés aux obligations d’Israël tenu, en tant que puissance occupante, de respecter le droit humanitaire international (IHL), qui figure principalement dans la Quatrième convention de Genève de 1949, laquelle énonce en détail les obligations des puissances occupantes.

Les obligations essentielles du droit humanitaire international, qui ont également force obligatoire, résultent du droit coutumier international. Cette déclaration se rapporte à des thèmes des droits de l’homme internationaux (IHR), aussi bien qu’aux conséquences de violations flagrantes et durables du droit humanitaire international (IHL) ou des droits de l’homme (IHR), qui suscitent des questions de droit pénal international (ICL). Il s’impose également de porter un jugement sur les prétentions sous-jacentes en matière de sécurité, les Israéliens prétendant que leur incursion militaire dans la bande de Gaza était une opération «défensive» conforme au droit international et à la Charte des Nations Unies et qu’il n’y a aucune «crise humanitaire» rendant «excessives» et «disproportionnées» l’ampleur et la nature de cette opération.


2. Bien qu’Israël prétende ne plus être une puissance occupante en raison du retrait de ses forces armées de Gaza, de larges milieux juridiques internationaux estiment que le contrôle israélien continu des frontières, de l’espace aérien et des eaux territoriales est tel qu’Israël conserve le statut juridique de puissance occupante.


3. Il ne fait aucun doute que le manque d’observations directes de la situation humanitaire antérieure de Gaza, observations faisant l’objet d’une mission assumée par le rapporteur spécial et destinée à un rapport à présenter à la session ordinaire de mars 2009 du Conseil des droits de l’homme, nuit à la qualité du présent rapport. Une mission programmée pour le 14 décembre a été annulée quand le rapporteur spécial s’est vu refuser l’entrée en Israël et détenu environ 15 heures en cellule à l’aéroport Ben Gourion, avant d’être expulsé le lendemain. Ce traitement d’un expert de l’ONU en mission pose de sérieux problèmes à l’Organisation dans son ensemble au sujet de l’obligation des Etats membres de coopérer et de traiter ceux qui opèrent pour l’ONU avec la déférence nécessaire. Il faut espérer que le gouvernement d’Israël pourra être convaincu de renoncer à la politique d’exclusion qui a entravé l’exécution du présent mandat. La crainte de l’exclusion a été renforcée, aussi bien pendant la période qui a précédé les attaques israéliennes de Gaza que durant les opérations militaires elles-mêmes, par le fait que l’accès a été refusé à des journalistes étrangers, politique contestée avec succès devant les tribunaux israéliens, mais sans que cette contestation donne des résultats tangibles jusqu’à maintenant. Comme l’a noté le «New York Times», Israël refuse aux représentants des médias le droit de regard sur les effets humanitaires de ses opérations militaires à Gaza; simultanément, il soutient les journalistes qui examinant les effets pernicieux des attaques de missiles contre les civils en Israël. Même les demandes du Comité international de la Croix-Rouge visant à examiner les lieux de violations présumées du droit humanitaire international, telle la demande de visiter les lieux de l’opération militaire exécutée dans la ville de Zaytoun, au cours de laquelle 60 membres de la famille Samouni, dont plusieurs enfants, ont été tués d’après les rapports dont on dispose, ont été rejetées jusqu’à maintenant. La question de l’accès est décisive pour la mission du rapporteur spécial; elle mérite que le Conseil des droits de l’homme et les Nations unies en général y vouent leur attention.


4. La présente session extraordinaire est motivée par la situation urgente qui règne dans la bande de Gaza, soit par une série de conditions mises en doute par la ministre israélienne des affaires étrangères, Mme Tzipi Livni, lors de diverses séances officielles. Selon Mme Livni, une trêve militaire ne serait pas nécessaire, car il n’y aurait pas de crise humanitaire. Elle fait valoir qu’Israël aurait permis le passage des frontières pour la distribution de vivres et de médicaments. Toutefois, l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine au Proche-Orient (UNRWA) et d’autres fonctionnaires de l’ONU ont constaté que ces livraisons ne sauraient réduire la faim et les difficultés relatives à l’alimentation que si leur distribution était possible. Or les conditions de guerre régnant dans la plus grande partie de la bande de Gaza font que tel n’est pas le cas. Il reste à constater dans quelles faibles proportions ces circonstances fatales peuvent être corrigées par la trêve quotidienne de trois heures annoncée le 7 janvier par Israël. Il convient d’observer certains aspects fondamentaux qui accentuent la crise actuelle: quelque 75% de la population n’ont pas accès à l’eau potable, ni ne disposent de courant électrique. Ces circonstances rendent encore plus difficiles les conditions de vie dans la bande de Gaza aggravées par un blocus de longue durée, qui a mis à mal la santé physique et mentale et la nutrition de l’ensemble de la population au point que quelque 45% des enfants souffrent d’anémie aiguë. Les entraves à l’approvisionnement en médicaments et matériel médical et la fermeture de la frontière ont empêché de nombreux citoyens de Gaza d’être traités lors de situations mettant leur vie en péril ou de poursuivre leur traitement. On a abouti à la certitude que le taux de chômage était monté à près de 75% et que le système sanitaire était en train de s’effondrer sous l’effet du blocus. En raison de ces conditions cadre, les observateurs internationaux impartiaux sont totalement convaincus que la population de Gaza a déjà souffert d’une crise humanitaire avant le 27 décembre.


5. Dans les limites fixées par le droit international, l’usage de la force par la puissance occupante contre les menaces que la population occupée fait planer sur sa sécurité est autorisée. Israël argue que son attaque militaire actuelle est adéquate et nécessaire en raison de l’ampleur et de l’importance des lancements de fusées dirigés contre sa population civile des villes de Sderot et d’Ashod, dans le sud d’Israël, et attribués au Hamas. Pour juger de cette affirmation, quelques questions qui n’ont pas encore été débattues suffisamment – ni dans le cadre de la diplomatie ni dans celui des médias – doivent résolues.


6. Il faut souligner sans équivoque qu’il n’y a aucune raison juridique (ni morale) de lancer des fusées contre des objectifs civils et que de tels tirs violent les droits de l’homme, associés au droit à la vie, et constituent aussi bien un crime de guerre. De plus, il faut considérer le contexte de la violation, à savoir l’importance de la trêve temporaire observée depuis juin 2008 jusqu’à son interruption, le 4 novembre, par une attaque israélienne mortelle contre des militants palestiniens de Gaza. Durant toute l’année qui a précédé le 27 décembre, aucun lancement de fusées à partir de Gaza n’a provoqué de décès d’Israélien. Depuis juin 2008, les deux partis ont observé un cessez-le-feu. Si quelques violations ont été enregistrées, elles n’ont pas modifié la volonté des deux parties de le respecter. On s’attendait à ce qu’Israël lève ou, à tout le moins, atténue le blocus qui a imposé de sévères restrictions à toute la population de Gaza, notamment dans l’approvisionnement en nourriture, médicaments, appareils médicaux et carburants. Il n’en fut rien. De hauts fonctionnaires des Nations Unies sur le terrain, tel le Commissaire général de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine au Proche-Orient (UNRWA), qui ont mission le plus directement de satisfaire aux besoins de la population civile, ont relevé à maintes reprises la souffrance aiguë infligée ainsi aux civils de Gaza.


7. Ayant duré dix-huit mois, le blocus violait le droit, constituait une punition collective massive et, en tant que telle, une violation de l’article 33 de la Quatrième convention de Genève ainsi qu’une violation de l’article 55, qui dispose que la Puissance occupante assure l’approvisionnement de la population en vivres et en produits médicaux. Un tel blocus ne change rien à l’illégalité des tirs de fusées, mais aboutit à deux conclusions importantes: premièrement, l’ampleur des souffrances subies par la population civile à la suite de l’action israélienne illégale était beaucoup plus forte que celle due à l’action illégale des Palestiniens; deuxièmement, toute tentative de conclure un cessez-le-feu durable devrait impliquer qu’aussi bien Israël que le Hamas respectent le droit international humanitaire. Concrètement, cela signifie que les entraves à l’entrée de biens nécessaires au maintien de vies dans la population doivent être abolies et ne doivent pas être reprises ultérieurement comme mesures de rétorsion, si des attaques par fusées ont lieu. De même, si Israël devait décréter ultérieurement de telles restrictions, ces mesures ne légaliseraient pas des attaques contre la population civile israélienne par fusées ni toute autre forme de recours à la force par les Palestiniens. Il est malaisé d’imputer au Hamas la responsabilité de toutes les attaques par fusées. Des milices indépendantes opèrent dans la bande de Gaza, et, même avant l’apparition du Hamas, les autorités en place n’étaient pas en mesure, malgré leurs efforts les plus vigoureux, d’empêcher tous les tirs de fusées.


8. Les dirigeants israéliens ont justifié aussi le recours aux forces armées en le qualifiant de réaction «inévitable» et «inéluctable» à la persistance des tirs de fusées. Là aussi, il convient d’examiner le contexte des justifications israéliennes, qui indique si l’action était adéquate et défensive. La plupart des descriptions de la trêve de durée définie démontrent qu’un recours israélien à la force mortelle a eu lieu le 4 novembre dernier, mettant de facto un terme au cessez-le-feu, ce qui a provoqué une augmentation immédiate de la fréquence des tirs de fusées à partir de Gaza.  Il faut aussi considérer que le Hamas a offert à plusieurs reprises de prolonger le cessez-le-feu jusqu’à 10 ans si Israël levait le blocus. Pour autant que l’on puisse en juger, Israël n’a pas examiné ces possibilités diplomatiques, bien qu’il faille admettre que le statut légal contesté du Hamas comme représentant de facto de la population de la bande de Gaza compliquait les choses. Cette situation a son importance juridique, car un principe fondamental de la Charte des Nations Unies veut que le recours à la force n’ait lieu qu’en dernier ressort, ce qui oblige Israël, en toute bonne foi, à s’appuyer sur la non-violence pour mettre fin aux attaques par fusées.


9. Du point de vue du droit international public, il importe également de déterminer dans quelle mesure le recours à la force est proportionné à la provocation et nécessaire au maintien de la sécurité. A cet égard également, les arguments des Israéliens sont peu convaincants. Comme indiqué, les tirs de fusées, bien qu’illégaux et virtuellement dangereux, n’ont occasionné que peu de dommages et aucune perte de vie humaine. Mener une campagne militaire majeure contre une société effectivement sans défense et déjà sérieusement affaiblie par le blocus démontre combien disproportionné est le recours aux armes modernes dans une situation dans laquelle la supériorité militaire est en principe incontestée. Il est significatif que des observateurs qualifiés estiment actuellement à 640 le nombre de victimes palestiniennes tuées et à quelque 2800 le nombre de blessés, qui inclut beaucoup de blessés graves et quelque 25% de victimes civiles. En comparaison et selon les derniers rapports, quatre soldats israéliens sont morts, visiblement à la suite de tirs de leur propre camp. L’écart entre les nombres de victimes est une mesure de la disproportion. Une autre mesure est celle de l’ampleur de la dévastation et des attaques. Il est évident que la destruction d’installations de la police et de nombreux bâtiments officiels sis dans un secteur urbain surpeuplé est un recours excessif à la force, même si l’on accepte totalement les allégations israéliennes. Aussi peu convaincant que l’emploi disproportionné de la force est l’absence de connexion entre la menace provenant soi-disant de Gaza et les buts des attaques israéliennes. Cette lacune confère un poids supplémentaire aux reproches d’après lesquels le recours israélien à la force serait une forme d’agression interdite par le droit international public et excessive selon les critères de  proportionnalité et de «nécessité.


10. En outre, des observateurs qualifiés ont émis un grand nombre d’allégations d’après lesquelles les Israéliens prendraient comme cibles des objectifs juridiquement inacceptables et recourraient à des armes juridiquement douteuses, qui violent le droit coutumier international interdisant les armes et tactiques cruelles ou causant des souffrances inutiles. Parmi les objectifs contraires au droit international humanitaire figurent l’Université islamique, les écoles, mosquées, installations médicales ainsi que le personnel médical, ambulances comprises. Parmi les armes contestables en droit humanitaire international se trouvent le phosphore sous forme de gaz en grenades et fusées, qui brûle la chair humaine jusqu’aux os, les armes DIME (Dense Inert Metal Explosives), qui coupent leurs victimes en pièces et accroissent le risque de cancer chez les survivants, ainsi que l’uranium appauvri porté par les bombes dites «Bunkerbuster», utilisées contre les tunnels de la bande de Gaza. Durant les prochaines centaines d’années, ces bombes pourraient soumettre à des radiations tous ceux qui en seraient frappés. 


11. L’ampleur des «souffrances inutiles» liées aux opérations israéliennes présente une particularité à laquelle il n’a pas été prêté attention. Dans de nombreuses guerres actuelles, un grand nombre de civils cherchent à éviter la souffrance du danger immédiat par la fuite et deviennent des «personnes déplacées à l’intérieur du pays» ou «réfugiés». Par son strict contrôle des possibilités de sortie, Israël a privé la population civile de la bande de Gaza, directement ou indirectement, de la possibilité de devenir réfugiés, ce qui n’était jamais un choix, mais une expression de désespoir. Le refus israélien rend plus plausible que la population de la bande de Gaza est prisonnière de la politique israélienne d’occupation. En droit humanitaire international, cette suppression de la possibilité de fuite des habitants de la bande de Gaza constitue une accentuation marquée des périls auxquels une population civile est soumise et souligne l’ampleur de la crise humanitaire qui règne dans la bande de Gaza depuis le 27 décembre. Depuis le début de l’opération militaire, la situation s’est détériorée sensiblement. Un commentaire d’un porte-parole de la Croix-Rouge en ville de Gaza reflète bien la perception générale de la situation: «L’ampleur des opérations (militaires) ainsi que celle de la misère et des besoins au sol sont simplement effrayants...»


12. Compte tenu du mandat qui lui a été confié, le rapporteur spécial fait les recommandations suivantes destinées à la session extraordinaire :

1. Rétablissement de l’accès du rapporteur spécial aux territoires palestiniens occupés, élément nécessaire de la fonction de surveillance de l’ONU

2. Demande, adressée à l’Assemblée générale, de faire examiner les allégations selon lesquelles il y aurait eu crimes de guerre

3. Trêve à long terme impliquant l’arrêt des tirs de fusées et la levée inconditionnelle du blocus 

4. Demande, adressée à la Cour internationale de Justice, de donner un avis consultatif sur l’évaluation du statut juridique du contrôle israélien de Gaza après le retrait d’Israël en 2005


Source : http://unispal.un.org/unispal.nsf/47d4e277b48d9d3685256ddc00612265/bb0c3c85fe5579bd8525753900615472!OpenDocument 

(Traduction Horizons et débats)



Publié dans Politique Monde

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Charlotte 28/01/2009 13:50

Que pouvons nous ajouter à tout ceci Béné ? Sinon que cela va recommencer, Israel attend le positionnement clair d'Obama qui jusqu'à présent n'a eu aucune position tranchée, avant hier 1 soldat israelien et 1 palestinien sont morts, une étincelle et tout recommence !Bisous ma belle

benedicte 31/01/2009 19:25


Je sais, mais puisque nos gouvernements cautionnent cela et y participent de fait, faisons ce que nous pouvons faire et en premier lieu le boycott qui serait certainement efficace si il était
largement pratiqué. Les palestiniens en premier eux-même appellent les citoyens des autres pays a manifester leur solidarité par le boycott d'Israël. Bises