Nourriture et santé : "Nos enfants nous accuseront"

Publié le par benedicte

Nourriture et santé : "Nos enfants nous accuseront" de Jean-Paul Jaud

 


Synopsis du film :

Chaque année en Europe ,100 000 enfants meurent de maladies causées par l'environnement. Dans un petit village au pied des Cévennes, le maire a décidé de faire face ,et, de réagir en faisant passer la cantine scolaire au Bio. Ici, comme ailleurs, la population est confrontée aux angoisses de la pollution industrielle, aux dangers de la pollution agro-chimique... Ici commence un combat contre une logique qui pourraît devenir irréversible, un combat pour que, demain ,nos enfants ne nous accusent pas.

(source le blog Opapilles.hautefort «  Nos enfants nous accuseront » (That should not be) )


La bande annonce


Je n'ai pas vu le film, c'est Assyah (ma fille) qui ne l'a pas vu non plus, mais me l'a signalé,. Je mets ci-dessous un commentaire et une interview du réalisateur qui sont les seules trouvées sur le net au moment où j'ai cherché.

Je n'ai aucun doute qu'il faut développer une agriculture respectueuse de l'environnement, c'est à dire intégrée à celui-ci et non en concurrence avec lui et donc destructrice. De même les substances toxiques que contiennent les aliments que nous mangeons, mais également leur mauvaise qualité nutritionnelle participent à un problème de santé publique qui commence à se faire déjà sentir.

Par contre limiter ce problème de santé à l'alimentation, les problèmes de la planète à un problème de CO2, et le souci de nos enfants à la qualité de leur alimentation, est à la fois réucteur et faux. L'agriculture industrielle est un des facteurs de ces problèmes, mais pas le seul, elle relève de approche et logique mécaniste et scientiste, de ce mythe de croissance infini, du toujours plus quantitatif comme seul objectif, que notre société consumériste et productiviste a érigé en dogme. 

Toutefois la décision prise par la mairie de Barjac de mettre la cantine scolaire au bio est à saluer et montre, que l'on peut faire des choix différents et que ce sont des choix réalistes puisque ça fonctionne, y compris sur le plan financier. La pratique généralisée de servir des repas de "merde" dans les cantines  scolaires livrés par les entreprises privées de restauration industrielle auxquelles sous-traitent les collectivités, ne peut être en aucun cas justifiée excepté par l'incompétence et/ou corruption des élus, et le fait d'en faire le moins possible ... ce qui est quasiment la norme dès que les collectivités ont une taille importante, agglomérations urbaines d'une certaine importance, départements et régions. Cet exemple que non seulement des pratiques différentes sont possibles, mais ne dépendent seulement de choix politiques, c'est à dire de la volonté de faire autrement, devrait faire réfléchir !


Est-ce que ça peut faire réfléchir des personnes qui ne l'avaient pas encore fait ? Je ne sais pas. Tout le monde veut des réponses simples aux problèmes que nous avons, sans aborder les problèmes dans leur interdépendance et leur complexité ... mais ce refus de regarder le problème dans sa globalité, fait que nous ne posons pas de véritable diagnostics et de ce fait ne travaillons pas vraiment à trouver et mettre en oeuvre de véritables solutions à ces problèmes.

Il faut que nous le fassions, une autre société est réaliste et réalisable, mais pour que ce soit une société capable d'évoluer dans le temps vers un mieux-être, mieux-vivre, c'est à dire plus heureuse, plus vivante, nous devons prendre conscience des fondements de celle-ci, et que ce sont ces fondements qui en font une société du mal-être, du mal-vivre et du malheur. Sinon nous ne ferons que reconstruire la même chose en croyant faire différemment, comme nous n'avons cessé de le faire dans le passé. Sauf qu'aucune des sociétés précédentes n'avait les moyens de rendre la totalité de la planète impropre à la vie ... et qu'il y a donc urgence !

 



Mondomix "Nos enfants nous accuseront"

Ce film fort et terrible raconte les ravages causés par l’agriculture industrielle sur notre santé et celle de nos enfants et qui condamnent à terme notre existence. Jean-Paul Jaud, l'ancien réalisateur sportif de Canal+ s'est intéressé au problème quand il a trouvé la cause du cancer dont il a été victime.

Le film raconte la mobilisation des habitants d’une petite ville du Gard, Barjac, qui ont introduit le bio dans leur cantine scolaire. A voir la qualité des mets proposés, on se dit qu'il n'y a pas photo avec l'ordinaire des autres écoliers français. Le documentaire est tourné comme une fiction, avec une direction « d'acteurs » subtile (maire, institutrices, parents, enfants), une mise en scène efficace qui met en valeur la splendide nature de la région et une musique originale de Gabriel Yared, le génial compositeur de la musique du « patient anglais » pour laquelle il avait reçu un Oscar, un Golden Globe et un Grammy Award.

Pourtant le film n'évite pas toujours une vision quelque peu manichéenne mais des séquences fortes, comme le témoignage d'une mère sur le martyre de sa petite fille atteinte d'un cancer lié à l'alimentation, nous rappelle l’urgence du problème et démontre la nécessité absolue d’une prise de conscience radicale sur les questions du développement durable.

Déjà l’enquête de Marie Monique Robin « Le Monde selon Monsanto » nous avait fait découvrir l’ampleur des dégâts. Avec ce film nous ne pourrons plus dire que nous n’étions pas au courant… Oui, il se peut qu’un jour nos enfants nous accusent de n’avoir rien fait pour empêcher ce désastre. « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme » disait déjà notre cher Pantagruel il y’a quatre siècles...



Nos enfants nous accuseront ... une urgence planètaire

Par Julie Saulnier, publié le 13/11/2008

Jean-Paul Jaud, avec "Nos enfants nous accuseront", dresse un tableau noir de notre alimentation. A travers des témoignages, il pointe l'empoisonnement de nos campagnes par la chimie agricole. Entretien avec le réalisateur.

Pourquoi avoir fait un film sur le thème de l'environnement?

C'est une urgence planétaire. Le réchauffement climatique doit être pris au sérieux, c'est l'alerte que je cherche à faire passer dans mon film.

Pourquoi avoir choisi l'angle de l'alimentation?

L'alimentation et l'agriculture sont responsables à près de 50% du réchauffement climatique de la planète. J'ai donc voulu sensibiliser mon public sur cet aspect en particulier. Quoi de plus fédérateur que l'alimentation? A fortiori l'alimentation collective? J'ai donc choisi comme point de départ la cantine scolaire de Barjac (Guard).

Comment s'est passé le tournage?

Il m'a fallu un an pour tourner ce film. Les habitants et le maire de Barjac m'ont aidé à trouver des solutions pour améliorer l'alimentation de chacun et participer à la diminution du réchauffement climatique. L'utilisation de produits issus de l'agriculture biologique s'est rapidement imposée dans les moeurs comme la solution à adopter.

Vous parlez des produits "bio". La législation européenne prévoit de rendre plus laxistes les règles de définition des produits rentrant dans la catégorie "bio". Qu'en pensez-vous?

Ce n'est pas encore fait, mais même si la mesure passe, il ne faudra pas pour autant baisser les bras. Si les produits d'appellation bio sont moins restrictifs, il faudra reporter sa consommation sur d'autres produits tels "Nature et progrès".

Etes-vous satisfait des retombées du film?

Très. Nous organisons des débats, en plus des projections dans les salles de cinéma, qui rencontrent un franc succès (plus de 200 personnes en moyenne). Je regrette seulement que le film ne soit pas projeté dans plus de salles (21 salles au total, ndlr). Mais Canal+ a déjà préacheté les droits pour la télévision et le public en redemande. Qu'est-il arrivé aux habitants de Barjac? Réponse dans le deuxième volet du film en construction.


"Nos enfants nous accuseront", de Jean-Paul Jaud.

Sortie nationale: 5 novembre 2008.

Site officiel: http://www.nosenfantsnousaccuseront-lefilm.com/

Publié dans Planète-environnement

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Commenter cet article

M. 22/11/2008 23:06

Et bien quand on sait qu'une pomme est sulfatée ou pulvérisée de pesticides le dernier mois de sa mâturation et que ces dits pesticides se retrouvent jusqu'aux pépins, ça te donne froid dans le dos.
J'achète du Bio directement aux producteurs, ainsi l'argent leur revient bien, et c'est beaucoup moins cher que ceux vendus par Carrouf, c'est un choix citoyen.Tout le monde peut le faire car au bout du compte, on tombe moins malade, et on s'y retrouve dans les comptes..;-)

Charlotte 17/11/2008 11:24

Le film est sorti le 5 nov, si tu veux, on ira le voir ensemble. Bises Béné