Irak : guerre, corruption et profit ... 23 milliards volatilisés !

Publié le par benedicte

Irak : guerre, corruption et profit ... 23 milliards volatilisés !


 

De fonds américains destinés à la reconstruction ?
Eloquent et sans commentaire ...

 

EL GOSTO

Irak, la corruption face cachée de la guerre

Par Hassane Zerrouky
Le Soir d'Algérie

Vingt-trois milliards de dollars volatilisés ! Ce n’est pas rien ! C’est pourtant le montant cumulé des divers détournements opérés en Irak depuis la chute du régime de Saddam et qu’une enquête diffusée par la BBC, rapportée par Le Monde du 18 juin, a relancée. Il ne s’agit nullement d’un scoop. En effet, depuis l’invasion de l’Irak en avril 2003 et l’entrée en lice d’intermédiaires en tous genres — entreprises, sociétés dites de sécurité — se proposant de participer à la reconstruction du pays et d’assurer la sécurité des installations pétrolières, la corruption s’est propagée à l’abri des chars et des canons américains.

Pour l’heure, bien qu’embarrassée par ces affaires qu’elle a tenté de cacher à l’opinion publique, l’administration s’est résolue à ouvrir timidement le dossier sous la pression du Congrès et du Sénat. Une commission de la Chambre des représentants américaine s’est penchée sur le dossier et a entendu David Walker, contrôleur général des Etats-Unis, ainsi que le juge irakien Hamza al-Radhi, ancien président de la Commission pour l’intégrité publique (CPI) mise en place en 2003 en Irak, pour faire la lumière sur les premiers détournements de fonds et de mettre en place un code de conduite afin de prévenir de tels actes. Devant les députés américains, le juge irakien a assuré que le CPI, qui a été dissous par le Premier ministre irakien, Nouri al-Maliki durant l’été 2007, avait mis à jour 3000 cas de corruption avérés et que seuls 241 cas ont été traités par la justice irakienne. Il a surtout révélé que les détournements de fonds avaient atteint 18 milliards de dollars. Hamza al-Radhi a alors informé la Commission américaine que 31 enquêteurs irakiens, dont son adjoint, Mohamed Abd Salif, tous travaillant sous sa responsabilité, ont été assassinés, chiffre auquel il a ajouté la mort par balle de 12 membres des familles de ces enquêteurs. En 2006 déjà, dans son rapport annuel, l’ONG Transparency International avait classé l’Irak tout juste derrière la Birmanie et la Somalie parmi les pays les plus corrompus de la planète. Cette année-là, le juge Al-Radhi avait estimé que la corruption était devenue récurrente et n’était pas étrangère au fait que rien n’ait été entrepris en matière d’électrification, d’eau potable et d’assainissement, secteurs jugés prioritaires. Deux ans auparavant, en 2004, chacun savait en Irak qu’une fois conclu des contrats avec ces entreprises américaines qui avaient pris d’assaut le marché de la reconstruction en Irak auquel Washington a consacré une enveloppe de 45 milliards de dollars, des fonds estimés à plusieurs dizaines de millions de dollars disparaissaient. Où ? Mystère et boule de gomme ! Mais ce n’était pas toujours le cas, car parfois il arrivait que les auteurs des détournements l’aient fait au grand jour et que leurs identités soient connues. C’était le cas de l’ancien vice-ministre irakien de la Défense, Ziad Cattan qui, après son limogeage, s’est tiré du pays vers la Pologne dont il possède la nationalité avec, affirme-t-on, 500 millions de dollars en poche. Cette année-là encore, 400 000 barils de pétrole et 1200 camions-citernes avaient franchi les frontières syrienne et iranienne aux yeux et à la barbe des forces américaines chargées de surveiller les frontières ! Le trafic de pétrole vers les pays voisins est d’ailleurs un secret de Polichinelle. Le plus étonnant est que les 160 000 soldats américains et toute leur armada — des dizaines d’hélicoptères survolent en permanence le territoire irakien — n’aient rien vu et rien signalé. En résumé, l’invasion de l’Irak par les Etats-Unis n’a pas seulement généré la mort et la désolation, mais elle s’est traduite par une corruption généralisée, corruption auprès de laquelle celle qui existait au temps de Saddam représentait une goutte d’eau. L’administration Bush qui voulait faire de ce pays un modèle pilote de démocratie, comme première étape de la mise en œuvre de son projet de Grand-Moyen- Orient, a vu tout faux.


H. Z.

Publié dans Politique Monde

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Commenter cet article

eva R-sistons 30/07/2008 02:29

je l'ai mis dans l'Aviseur internationalbises Eva

benedicte 21/10/2008 22:35


Merci avec toujours le même retard Eva ... amicalement


charlotte 27/06/2008 07:44

Et pendant c'temps là.... les morts s'accumulent, tu as raison sans commentare ! Bises

benedicte 21/10/2008 19:25


OUI hélas !