Le système finlandais : un autre regard sur l'enfant et l'éducation

Publié le par benedicte

Le système finlandais : un autre regard sur l'enfant et l'éducation

Après avoir lu l'article les dossiers mentionnés dont celui de Paul Robert qui vient de sortir un livre sur ce sujet en avril de cette année, j'ai trouvé extrêmement intéressant l'approche pédagogique finlandaise. Ironie du sort, elle est basée sur une approche similaire ou issue de celle du pédagogue français Célestin Freinet, qui n'est malheureusement pratiquée que confidentiellement en France (voir dernier article).

La question de la transposition à la France ou ailleurs, n'est pas un problème de pays, les enfants ont les mêmes besoins de développement où qu'ils naissent, une approche éducative et pédagogique adpatée à leur développement et leur épanouissement, tout en mettant la Finlande en tête de liste du classement PISA, concernant les acquis des savoirs fondamentaux par les élèves, ne peut qu'être considérée avec interêt, si le souci est réellement les enfants. A partir du moment où l'on peut constater à la fois que les savoirs sont mieux acquis et les enfants plus épanouis, je ne vois aucune bonne raison de ne pas aller dans la même voie, puisque ça marche !

Mais la mise en oeuvre de cette approche pédagogique exigerait une refonte totale du système éducatif et de ses missions, du regard porté sur l'enfant, le rôle de l'enseignant, revoir la formation et le recrutement des professeurs, elle ne pourrait être mise en place que dans le temps et il faudrait probablement quelques années pour que ce soit véritablement opérationnel. En Finlande c'est plus de 20 ans de transformations successives d'un système d'éducation qui les a amené là, système qui continue d'évoluer.

Mais la plus grande résistance à réellement étudier cette approche sera idéologique, de la part des personnes s'estimant experts en éducation, d'une partie des enseignants, d'une partie des parents, et d'une partie de la société, parce c'est d'abord un regard différent sur l'enfant, vue en tant qu'être devant respecté et que les adultes doivent aide à se développer pour aller vers l'autonomie, afin qu'ils deviennent des adultes autonomes et responsables. C'est donc une autre relation adulte-enfant, qui dépasse le cadre de l'enseignement et qui est mis en oeuvre dans l'éducation, non basée sur la soumission à l'autorité et l'enfant vu comme un récipient vide à remplir, vers lequel on cherche à nous faire revenir, ni l'enfant qui est traité comme un mini-adulte et finalement n'est plus éduqué par personne ni les parents, ni l'école, devant se fabriquer ses propres repères, dans lequel nous baignons actuellement.


Lire en particulier l'étude de Paul Robert  L'éducation en Finlande: les secrets d'une étonnante réussite,  et  L’histoire d’un succès mentionné dans l'article, parce que c'est seulement dans ces deux textes que sont abordés l'aspect pédagogique et les relations enseignants-élèves et pas seulement le contenu et le rythme des programmes, et c'est de loin l'aspect le plus intéressant du système finlandais.





Infobourg

L’agence de presse pédagogique (Canada)


Le secret finlandais Par Martine Rioux, APP

Les résultats du PISA 2006 montrent encore une fois des élèves finlandais qui réussissent bien au-dessus de la moyenne mondiale. On entend souvent parler du « modèle finlandais », mais en quoi consiste-t-il exactement?
Les élèves finlandais de 15 ans sont ceux qui réussissent le mieux sur la planète, qui obtiennent les meilleurs résultats en lecture, en mathématiques et en sciences du moins, selon les résultats 2006 du Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA). Ils avaient déjà terminé premiers en 2000 et 2003.

Les Finlandais n’ont peut-être pas le système scolaire idéal, car « malgré ses réussites remarquées et valorisées aux enquêtes PISA, la Finlande est engagée dans plusieurs réformes majeures de son système éducatif », écrit Guy Pelletier, professeur à l’Université de Sherbrooke, dans son rapport Finlande – Québec : Regards comparatifs de deux systèmes éducatifs en évolution, disponible sur le site du Réseau pour l’avancement de l’éducation au Québec (RAEQ).

Par contre, ils ont assurément développé au fil des ans un modèle « d’une profonde originalité », comme l’écrit Paul Robert, principal du collège Nelson Mandela de Clarensac (Gard) en France dans son étude : L'éducation en Finlande: les secrets d'une étonnante réussite, également disponible sur le site du RAEQ.

Bref, il s’agit d’un modèle qui a été scruté à la loupe par le monde entier depuis la parution des premiers résultats PISA en 2000 et qui donne envie d’en reproduire certains éléments chez soi parce qu’il a conduit une majorité d’élèves au succès. Les redoublements sont inexistants et 99,7 % des élèves complètent leurs études secondaires.

« La Finlande est un des pays au monde où les inégalités sont les mieux corrigées par l’éducation, où les différences de compétences entre garçons et filles sont les plus faibles et où les élèves ont un sentiment d’eux-mêmes très positif par rapport aux apprentissages », soutient M. Robert.

Puisqu’il peut s’avérer fastidieux de comparer les systèmes éducatifs entre eux pour différentes raisons (division différente des ordres d’enseignement, absence de l’enseignement privé et d’écoles à vocation particulière en Finlande, quasi-absence d’enfants de l’immigration en Finlande), il est préférable d’exposer simplement les grandes lignes du fonctionnement scolaire finlandais.

La Finlande
La Finlande, république présidentielle, est un pays scandinave de 5,2 millions d’habitants (seulement 1,6 % de la population est d’origine étrangère). Ses deux langues officielles sont le finnois et le suédois, que tous les enfants apprennent, en plus de l’anglais (dès 9 ans) et d’une autre langue seconde (principalement l’allemand, dès 11 ans).

La Finlande compte six provinces, ayant chacune sa Direction provinciale d’État, qui comprend une Direction régionale de l’éducation et de la culture (celle-ci assume des fonctions semblables à un ministère québécois). Cependant, la gestion des programmes d’enseignement a été confiée à une agence externe, l’Agence finlandaise nationale de l’éducation. De cette façon, tout changement ou réforme scolaire est associé à cette agence et non pas à un ministre, à un parti ou à un gouvernement en particulier.

Par ailleurs, ce sont les « communes » (municipalités), qui se chargent de l’embauche du personnel, de l’entretien des bâtiments, du choix des manuels scolaires utilisés, bref du fonctionnement de l’école au quotidien.

Le système éducatif finlandais
Les enfants entrent en éducation préscolaire à 6 ans, pour entamer, à 7 ans, leur enseignement fondamental, qui a une durée de 9 ans. Celui-ci est réparti en deux cycles, un premier de 6 ans et un second de 3 ans, ce qui équivaut aux études primaires et aux trois premières années du secondaire au Québec.

Pendant les 6 premières années, le cursus est le même pour tous. L’évaluation peut se faire sans notes; l’enseignant donne son appréciation en quelques mots écrits tout simplement. Au cours des trois dernières années, les élèves doivent suivre 75 cours, dont 45 sont obligatoires.

L’enseignement fondamental est entièrement gratuit, y compris le repas du midi et le transport scolaire. L'année scolaire débute vers la mi-août et se termine le samedi de la dernière semaine de mai.

Il y a 190 jours d'école. Les cours sont de 45 minutes suivis de 15 minutes de récréation. Les plus jeunes (niveaux 1 et 2) sont à l'école de 8 h à 13 h (19 h/semaine) et les autres y sont de 8 h à 14 h ou 15 h (23 h/semaine pour les niveaux 3 et 4, 24 h/semaine pour les niveaux 5 et 6 et 30 h/semaine pour les niveaux 7, 8 et 9). Ils ont 30 minutes pour le dîner. L’après-midi est consacré aux sports, aux activités artistiques et à la découverte de la nature.

Au terme de l’enseignement fondamental, les élèves sont évalués par leur école et reçoivent un certificat de fin d’études s’ils répondent aux exigences préétablies. Ils accèdent alors, s’ils le désirent, à l’enseignement secondaire général ou professionnel (qui équivaut à la 4e et 5e secondaire ainsi qu’à 1re année de cégep au Québec).

Pour l’enseignement secondaire, il peut y avoir des frais pour l’inscription et l’achat de matériel scolaire. Le repas quotidien et le transport demeurent cependant gratuits. La réussite de ce niveau d’enseignement est sanctionnée par un examen final dont l’obtention est nécessaire pour accéder à l’université par la suite.

Des éléments à prendre en considération
« Les Finlandais ont mis en place une détection précoce et systématique des troubles de l’apprentissage et des handicaps divers. Dès le jardin d’enfants, les élèves passent des séries de tests. Les plus handicapés iront dès le début de l’école primaire vers des classes spécialisées où ils seront pris en charge, à raison de 5 élèves par classe, par des professeurs formés à cette fin », lit-on dans le rapport de M. Robert.

Le 2e cycle de l’enseignement fondamental (de la 7e à la 9e année) est caractérisé par des groupes de petite taille, avec une moyenne de 10 élèves par classe, afin d’assurer un suivi plus personnalisé aux jeunes qui entrent dans l’adolescence.

Les cours magistraux se font rares. Les enseignants favorisent l’interaction avec les élèves et les activités pratiques. À ce sujet, M. Pelletier mentionne que « la Finlande a réussi sa réforme des programmes du primaire et du secondaire qui repose sur une approche similaire à celle du Québec ».

Et le mind mapping ?
Un reportage présenté à la télévision française montre l’utilisation de la carte conceptuelle dans les écoles finlandaises. En résumé, il s’agit pour eux de prendre des notes en réalisant un schéma de concepts interreliés plutôt que d’écrire des phrases de façon linéaire, ce qui aiderait à « organiser sa pensée » par la suite. Le reportage laisse entendre que le mind mapping est largement utilisé en Finlande, mais l’information n’a pas été vérifiée.

Au Québec, l’utilisation de la carte conceptuelle est peu répandue « à la main », mais commence à faire son chemin, avec des logiciels comme cmap ou Inspiration, tel que mentionné dans cet article, déjà paru sur l’infobourg.

Quoi retenir?
Il serait sans doute impossible de calquer le système scolaire finlandais dans un autre pays et d’obtenir les mêmes résultats. On ne peut ignorer cependant qu’il a été façonné et adapté à un pays où la réussite éducative, le respect de l’enfant et la valorisation de l’apprentissage sont omniprésents. Des valeurs qui font peut-être davantage de différence que tout autre élément de structure ou d’organisation…

« Il semble même que ce soit une fine et profonde analyse des besoins réels de chaque élève qui soit à la base de l’étonnant succès du système patiemment élaboré en 30 ans de réforme dans ce pays », conclut même M. Robert dans son rapport.

De son côté, M. Pelletier se fait optimiste pour les Québécois qui jalousent farouchement le système scolaire finlandais, en écrivant : « la Finlande réussit bien son enseignement fondamental (9 ans), mais les écarts avec le Québec aux enquêtes PISA ne sont pas si élevés qu’on aurait pu le croire. »


Pour aller plus loin :


À propos de la carte conceptuelle Apprendre à apprendre avec le mindmapping en Finlande
Une partie du mystère finlandais : le mind mapping

Par Martine Rioux, APP



 

Educpros.fra

La Finlande : un modèle éducatif pour la France ?
Les secrets de la réussite

Paul Robert
ESF éditeur, 22 euros.

Faut-il "finlandiser" la France?

Pas un colloque ou une conférence sur les systèmes éducatifs ou la formation des enseignants eu Europe, sans que la Finlande ne soit citée en modèle. Les méthodes d’enseignement de ce pays, dont 65 % d’une clause d’âge accède à l’enseignement supérieur, sont-elles transposables à la France ? C’est la question à laquelle tente de répondre Paul Robert, agrégé de lettres classiques, aujourd’hui principal de collège dans le Gard. Dans un ouvrage édité dans la collection « Pédagogies » dirigée par Phillipe Meirieu chez ESF, il décrit le fonctionnement de l’enseignement primaire et secondaire finlandais et montre de quelle manière celui-ci permet aux élèves d’être actifs dans l’apprentissage des connaissances. Ces derniers, peu angoissés par l’échec, sont confrontés à des professeurs très qualifiés et considérés socialement.

L’auteur – tout en tenant compte des différences culturelles entre les deux pays – propose de mettre en œuvre « certains aspects d’un système qui n’a cessé, depuis la première évaluation PISA en 2000, de faire pla preuve de son exceptionnelle efficacité ». il suggère notamment de ne plus recourir au système des notes, de laisser aux élèves la possibilité de choisir certaines matières, d’introduire un peu plus de chaleur dans les rapports entre professeurs et élèves, ou encore de revoir la formation des enseignants pour qu’ils deviennent des experts en pédagogie. Ces changements induiraient une simple redistribution des moyens existants.

Pour autant, il n’est pas certain que la France soit prête, comme la Finlande dans le passé, à éradiquer des pratiques coûteuses tel le redoublement ou à faire « des économies sur des postes qui nous paraissent incontournables : vie scolaire, inspection, administration (y compris centrale) », souligne Paul Robert.





Interview sur France Info de l’auteur Paul Robert
Education Info : le chemin de l’école

Finlande : un exemple à suivre ?
Emmanuel Davidenkoff
- 3 mai 2008

Sur le chemin de l’école direction aujourd’hui le Nord et la Finlande, qui caracole en tête des évaluations internationales… Un livre cherche à comprendre pourquoi...

 



Libres enfants

Jeudi 22 mai 2008
A lire, à méditer, à mettre en oeuvre.

Je viens de relire des passages des écrits de C. Freinet . praticien de l'école dans la deuxième moitié du XXème siècle qui a ouvert la voie d'une autre école, "l'école coopérative" appelée aussi "l'école moderne" représentée toujours, à ce jour, par l'ICEM.
Freinet explique dans ces lignes, les idées clefs de sa démarche. Ce n'est pas une "méthode" statique et elle est, à l'heure actuelle en constante recherche puisqu'ancrée dans le quotidien.
Les enseignants, les écoles qui sont dans "la philosophie" Freinet (parce que c'est toute une manière d'être et de penser) son très (trop) discrets, échaudés par toutes les attaques qu'ils ont eu à subir (dans la lignée de leur "maître") et pourtant que de savoirs ont-ils engrangés qui nous seraient bien utiles dans nos réflexions et notre recherche de solutions aux problèmes de l'éducation" scolaire.

Quelques extraits de la conférence de Nicolas Go proposée au congrès de l’Ecole moderne 2002 (Nicolas Go, docteur en philosophie )

"On prépare la démocratie de demain par la démocratie à l'école. Un régime autoritaire à l'école ne saurait être formateur de citoyens démocrates."
Par cet "Invariant", Freinet pose clairement son engagement politique : il s'agit d’éduquer des individus à être acteurs dans une société démocratique et à œuvrer pour qu'elle soit la plus démocratique possible.
Nous avons toujours cette volonté politique de donner à chacun sa place dans la société. Et la maîtrise de la langue en est une condition essentielle. Mais par maîtrise de la langue nous n’entendons pas seulement "parler sans erreur" ou "utiliser un registre de langue correct" ; il faut aussi
s’approprier les outils conceptuels qui permettent de construire sa pensée et de comprendre celle des autres.

"N’écoutons point ceux qui prétendent qu’on ne peut écrire tant qu’on ne connaît pas les règles de la grammaire et de la syntaxe… [des] pédagogues n’ont vu que la règle et la règle a tué la vie." C. Freinet
Nous posons comme postulat la nécessité de l’expression libre. Chaque individu est différent, acteur d’une histoire unique. Il doit avoir le droit de dire, d’écrire, de dessiner ses émotions, ses sentiments, de se raconter et ainsi souvent, de se libérer de ses angoisses.
Chacun doit avoir la possibilité matérielle - temps, outils - de s’exprimer oralement, par écrit, et ce sont les fonctions de l’enseignant et de la classe coopérative que d’accueillir avec respect cette expression.
Nous sommes convaincus que l’on apprend par la coopération et non par la compétition. Lorsqu’il est reconnu, cessant d’être isolé, et capable de s’exprimer et de communiquer, l’enfant ou l’adolescent devient disponible pour les apprentissages. Faire jaillir sa parole, c’est faire jaillir sa pensée, la confronter à celle des autres, la structurer dans une dimension sociale.
Nous faisons donc le choix de mettre en place une méthode naturelle de lecture/écriture et d’apprentissage de la langue qui s'appuie sur la démarche du
tâtonnement expérimental.
Pour C. Freinet, les lois principales en sont l’acte réussi et la perméabilité à l’expérience.
Tout acte, réussi ou non, laisse une trace dans notre organisme. L’acte réussi, par le plaisir qu’il procure à son auteur, incite celui-ci à la répétition, alors que l’échec amène le déplaisir et entraîne le rejet de l’acte qui a provoqué cette sensation désagréable.


Publié dans Education-Jeunesse

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ciboulette 27/06/2008 11:29

fait trop chaud pour que je lise tout ma belle... je n'ai même pas le courage d'écrire un article.... J'ai travaillé pendant deux ans avec une équipe finlandaise sur un projet de patinoire... J'ai appris à connaître un peu ce petit Pays. D'abord, je dirais qu'il est très ouvert, très écolo, très avancé techniquement par rapport à la France.... je crois que la Finlande est nettement en avance sur nous, au niveau même , comment dire, de la connaissance de l'humain et de son cheminement spirituel... Beaucoup moins d'égalités, beaucoup de solidarité.... et des avancées technologiques phénoménales tout en étant au plus proche et à l'écoute de l'environnement.... Enfin, ce Pays est un modèle pour de nombreuses dites démocraties.... Et les Finlandais en général n'aiment pas travailler avec la France.... Ils vendent donc leurs technologies et leurs connaissances aux Pays de l'Est, à l'Allemagne, Belgique et même au Canada... Mais aussi au Moyen Orient.... La France est un sujet tabou, dirons-nous... Nous vivons dans notre petit univers étriqué avec nos cerveaux mesquins.... Et nous n'intéressons malheureusement plus personne. Avec l'avénement de l'agité à l'UE, ça ne va pas s'arranger... Donc, je répété que ce Monsieur qui dit être le représentant des français ne me représente pas ! Bise

benedicte 21/10/2008 19:58


Je ne connais pas du tout la Finlande, ni de finlandais, mais leur système éducatif qui reste en évolution va dans le bon sens, ce qui donne envie d'en savoir plus effectivement sur ce pays. Mais
bon je n'ai pas les moyens d'aller y faire un tour ... dommage ! Bises