Désinformation sur le Moratoire du soja d’Amazonie …

Publié le par benedicte

Désinformation sur le Moratoire du soja d’Amazonie …
Quand des ONG se font complices des multinationales de l’agroalimentaire !


J’étais à la recherche de bonnes nouvelles suite à un article de Paniers de Crabes Haricot Mexicain : échec au brevetage du vivant (à lire sur son site) et celui d’Univers nature Moratoire sur le soja d'Amazonie (lire ci-dessous)

Toutefois en cherchant sur un tout autre sujet je suis tombée sur la déclaration de Via Campésina du Brésil ce 12 juin 2008 Brésil: L’agrobusiness, l’appropriation privée de la terre, qui exprimait le contraire déboisement accéléré et illégal, esclavagisme impuni, détournement et privatisation de l’eau, etc… au profit des intérêts des multinationales et latifundistes avec la complicité des politiciens et du gouvernement.

Je suis allée chercher ce qu’était l’Abiove, je suis donc tombée sur l’article de Greepeace du 18 juin 2008 Greenpeace se réjouit de l’extension du moratoire sur le soja amazonien et mais également sur l’article des Amis de la Terre d’avril 2008 Appel international contre les tables-rondes entre ONG et industriels sur le soja "durable" !

Et effectivement, les mouvements sociaux, paysans et indigènes d’Argentine et du Brésil, entre autres, dénoncent, arguments à l'appui, ces tables rondes d'entreprises et d'ONG, visant à l’instauration d'une niche commerciale d’ecocertification qui n’est qu’un pur ecoblanchiment des multinationales … je vous conseille de lire ces articles et de bien regarder le nom des multinationales qui y sont mentionnées !

Les enjeux actuels sont bien trop importants pour qu'on puisse se faire plaisir en se donnant bonne conscience à peu de frais, en prétendant avoir obtenu des résultats, alors qu'on s'est contenté de déclarations d’intention qui n’engagent en aucun cas ceux qui les font, et qui ont été bafouées depuis 2006 que ce moratoire avait été instauré ! La mauvaise foi et la duplicité des industriels de l'agrobusiness n'est plus à démontrer.
En l'absence législation ferme de la part des Etats, d'un contrôle indépendant de son respect et de sanctions sévères et sans appel des infractions, autant dire que la catastrophe écologique et sociale suit son cours en toute impunité en Amazonie !

Alors que Greenpeace ait participé et se réjouisse de cette mascarade, discrédite cette ONG, ainsi que le WWF organisateur de la réunion de Buenos-Aires et toutes celles qui y ont participé.
Et je suis furieuse d'avoir failli me faire pièger et diffuser une fausse bonne nouvelle ! Il faut vraiment en permanence tout vérifier ...


Ci-dessous les 4 articles mentionnés



19-06-2008
Moratoire sur le soja d'Amazonie

Après concertation avec le ministre brésilien de l’Environnement et plusieurs OGN dont Greenpeace, l’association des revendeurs de soja Abiove a décidé de prolonger jusqu’en juillet 2009 le moratoire interdisant l’achat de soja en provenance de terres amazoniennes récemment déboisées. En vigueur depuis juillet 2006, il s’oppose également à ce que les agriculteurs exerçant en Amazonie aient recours à des travailleurs forcés ou en situation précaire.
Alors que la pression agricole se fait de plus en plus forte sur la forêt amazonienne, il est heureux que des mesures soient prises pour réguler la culture du soja, qualifiée par Greenpeace de « nouvelle menace pour l’Amazonie ». Une position qui se défend au regard des 2 millions de terres que l’Argentine a, à elle seule, sacrifié depuis 1998 pour permettre à la production de cette légumineuse de se développer. Bien que consciente des enjeux actuels, Abiove ne s’est pas laissée influencer par l’augmentation du coût des matières premières agricoles, principal argument avancé par les producteurs de soja. Une position raisonnable au regard de la crise alimentaire actuelle, dont il est clair que la solution ne réside pas dans une agriculture intensive, bien au contraire.

Cécile Cassier


Greenpeace se réjouit de l’extension du moratoire sur le soja amazonien
18 juin 2008

France — Brasilia, Brésil le 18 juin 2008- L’association des revendeurs de soja (Abiove) (1), a annoncé qu’elle avait décidé, en accord avec le ministre brésilien de l’Environnement, Greenpeace et d’autres ONG,de prolonger le moratoire sur le soja en Amazonie jusqu’en juillet 2009. Greenpeace se réjouit de cette annonce. Le moratoire, en vigueur depuis juillet 2006, interdit tout achat de soja provenant des zones récemment déboisées de l’Amazonie et empêche les agriculteurs de recourir à des travailleurs forcés ou précaires.

En 2006, Greenpeace avait documenté la déforestation en Amazonie et mené campagne pour la mise en place d’un moratoire sur l’implantation de nouvelles cultures de soja dans des zones fraîchement déboisées. Le moratoire a été obtenu grâce aux investigations de l’ONG prouvant que la culture du soja était devenue une nouvelle menace pour l’Amazonie.

Cette année, plusieurs producteurs de soja ont tenté de se servir du coût croissant des matières premières agricoles pour pousser Abiove et les revendeurs à ne pas prolonger le moratoire. Certains invoquaient même la crise alimentaire mondiale pour justifier la poursuite de la déforestation en Amazonie.

« Dans le contexte d’augmentation des prix des matières premières et de la crise alimentaire actuelle, cette décision de prolonger le moratoire prouve que le gouvernement et l’industrie ont désormais compris qu’il est possible de protéger la forêt et combattre les changement climatiques tout en assurant la production alimentaire », a déclaré Paulo Adario, responsable de la campagne Amazonie de Greenpeace Brésil.

Greenpeace s’allie à d’autres ONG pour continuer à aider Abiove à instaurer une gouvernance efficace pour l’industrie du soja en Amazonie. Pourtant, une seule année de prolongation ne permettra pas de créer les outils nécessaires pour s’assurer que la production de soja ne débouche pas sur la poursuite de la déforestation.

Une alliance de sociétés consommatrices de soja, dirigée par Mc Donald’s, Marks & Spencer et Carrefour, s’est également réjouie de cette décision et a réitéré dans une déclaration commune sa volonté de rester fortement engagée dans ce domaine.

L’implication directe du gouvernement brésilien est essentielle pour fournir un cadre permettant aux agriculteurs de respecter cette loi. « Nous sommes ravis de voir le ministre de l’Environnement jouer un rôle actif dans la prolongation du moratoire. Des soutiens de si haut niveau permettent à Abiove et aux revendeurs de soutenir cette initiative. Son soutien constitue aussi un avertissement pour ceux qui continuent de détruire les forêts et les prévient que leur soja sera rejeté par le marché », conclut Paulo Adario.

La destruction des forêts tropicales engendre près d’un cinquième des émissions de gaz à effet de serre, occupant ainsi la deuxième position après le secteur énergétique. 75 % des émissions du Brésil proviennent de la déforestation, ce qui en fait le quatrième plus gros émetteur de gaz à effet de serre dans le monde.



Brésil: L’agrobusiness, l’appropriation privée de la terre
par Via Campesina
, Le 20 juin 2008

À l'Encontre

Les travailleurs urbains participant à l’Assemblée Populaire de Via Campesina, dans le cadre de la campagne lancée dès le 10 juin 2008, ont élaboré un communiqué qui condamne les politiques néolibérales appliquées au secteur agricole.A l’occasion de la journée de lutte déclarée dans treize Etats du Brésil, l’organisation qui coordonne les mouvements paysans au niveau international s’est prononcée « contre l’agronégoce et en défense de l’agriculture paysanne ».

Dans un communiqué diffusé par le Mouvement Sans Terre du Brésil (MST), Via Campesina explique que « le modèle économique actuel, basé sur l’agrobusiness et le capital financier, veut transformer les aliments, les semences et toutes les ressources naturelles en marchandises ».

L’association prétend que de cette manière on cherche à « satisfaire les intérêts des grandes compagnies transnationales en garantissant leurs bénéfices et en satisfaisant leur cupidité». Le document soutient également que « ces groupes économiques s’approprient la terre, l’eau, les minéraux et la biodiversité, livrant ainsi aux firmes  privées ce qui appartient à tous ». Elle affirme aussi qu’ « ils promeuvent la dévastation des forêts et la détérioration du sol par la monoculture ». Elle ajoute encore que le modèle de l’agrobusiness « augmente l’exploitation des travailleurs en les précarisant, en ne respectant  pas leurs droits, en générant chômage, pauvreté et violence ». Pour finir, l’association condamne « la concentration de la richesse aux mains des plus riches, spécialement des banquiers et des entreprises transnationales, alors que l’inégalité et la pauvreté s’accroissent».


Communiqué : «Nous voulons produire des aliments»

Le modèle économique actuel, basé sur l’agrobusiness et le capital financier, veut transformer les aliments, les semences et toutes les ressources naturelles en marchandises afin de satisfaire les intérêts des grandes compagnies transnationales et garantir leurs bénéfices.Ces groupes économiques s’approprient la terre, l’eau, les minéraux et la biodiversité, transformant ainsi en bien privé ce qui appartient à tous. De plus, ils promeuvent la dévastation des forêts et la détérioration des sols par la monoculture. Ils augmentent également l’exploitation des travailleurs, les précarisent, méprisent voire suppriment leurs droits, provoquant ainsi chômage, pauvreté et violence.Ainsi l’agrobusiness promeut la concentration de la richesse aux mains des plus riches, spécialement des banquiers et des entreprises transnationales, alors qu’il augmente l’inégalité et la pauvreté de la population. Il est nécessaire et urgent de combattre la logique oppressive et destructive qui se manifeste dans les termes suivants :

I – Nous dénonçons: 

Nous dénonçons le modèle agricole actuel parce que :

1. Il favorise les intérêts des compagnies transnationales qui font alliance avec les latifundistes pour contrôler notre agriculture et tirer ainsi de grands bénéfices de la production et du commerce des aliments ainsi que de la vente de semences et d’engrais.

2. Il priorise la monoculture sur des grandes surfaces de terre, ce qui affecte l’environnement, détériore la terre et nécessite l’utilisation de grandes quantités de pesticides.

3. Il stimule la monoculture de l’eucalyptus et du pin, deux espèces qui détruisent la biodiversité et contaminent l’environnement, provoquant chômage et désagrégation sociale des communautés paysannes et indigènes, notamment des Quilombolas [terres occupées historiquement par des esclaves qui avaient échappé à la servitude].

4. Il encourage la production d’éthanol pour l’exportation, ce qui promeut l’augmentation de la monoculture de la canne à sucre et, en conséquence, cause l’augmentation du prix des aliments et la concentration de la propriété de la terre en mains étrangères.

5. Il répand l’usage de semences transgéniques qui détruisent la biodiversité, éliminent nos semences natives, peuvent causer des dommages à la santé des paysans et de ceux qui consomment les aliments et transfère aux transnationales le contrôle politique et économique des semences

6. Il promeut la ruine de notre biomasse, spécialement de la forêt amazonienne et du Cerrado [savane], et la destruction des champs de palmeraies de coco, à travers l’expansion de l’élevage et la culture de soja, d’eucalyptus et de canne à sucre, de même qu’à travers l’exportation de bois et de minéraux.

II. Nous sommes contre :

Les transnationales, les latifundistes et un groupe de politiciens, partis et parlementaires qui défendent les intérêts économiques et veulent approuver des lois qui péjorent la situation. Pour cette raison :

1. Nous sommes contre la loi de concession des forêts publiques, qui va signifier la privatisation de la biodiversité, et le projet de loi 6.424/05 (du sénateur Flexa Ribeiro – Parti de la Social-démocratie Brésilienne/Paraná) qui réduit la surface de réserve légale en Amazonie de 80% à 50%.

2. Nous sommes contre la Mesure Provisoire 422/08 qui légalise en Amazonie l’invasion de terres par les latifundistes jusqu’à un maximum de 1.500 hectares, alors que la Constitution fixe un maximum de 50 hectares.

3. Nous sommes contre la Mesure Provisoire qui déroge à l’obligation du contractant d’enregistrer les travailleurs dans un délai de trois mois. Nous condamnons l’existence impunie du travail esclavagiste, le recours au travail des enfants et le fait que ne sont pas garantis aux travailleurs de la terre les droits du travailleur et la sécurité sociale.

4. Nous sommes contre le Projet de Changement Constitutionnel 49/06 (du sénateur Sérgio Zambiasi – Parti Travailliste du Brésil/Rio Grande do Sul), qui propose la diminution de la zone de frontière spéciale au bénéfice des compagnies transnationales et des groupes économiques internationaux.

5. Nous sommes contre le projet de détournement du fleuve São Francisco dont l’objectif est de bénéficier seulement à l’hydrobusiness et à une production tournée vers l’exportation. Le projet ne répond pas aux nécessités des populations qui vivent dans la région du Nordeste semi-aride.

6. Nous sommes contre la privatisation de l’eau qui peu à peu est monopolisée par des compagnies transnationales telles que Nestlé, Coca-Cola et Suez.

7. Nous sommes contre le modèle énergétique actuel, basé sur la construction de grandes centrales hydroélectriques – principalement en Amazonie –  ce qui met dans les mains des grandes firmes multinationales le contrôle de l’énergie et favorise les grandes entreprises qui consomment le plus d’énergie.

III. Nous défendons

Nous sommes mobilisés et nous sommes prêts à lutter pour changer cette réalité. Pour cela, nous aimerions :

1. Construire un nouveau modèle agricole, basé sur l’agriculture paysanne, sur la Réforme Agraire, sur la redistribution des revenus et le maintien des personnes dans le milieu rural.

2. Combattre la concentration de la propriété de la terre et des ressources naturelles, en procédant à une large distribution des latifundios [grandes propriétés terriennes] et en définissant une grandeur maximale pour la propriété de la terre.

3. Garantir que l’agriculture nationale sera contrôlée par le peuple brésilien, en faisant de la production d’aliment une question de souveraineté populaire et nationale et en soutenant les coopératives d’agro-industries et la culture d’aliments bons pour la santé.

4. Diversifier la production agricole, en encourageant les polycultures, en respectant l’environnement et en utilisant des techniques de production agro-écologiques.

5. Préserver l’environnement, la biodiversité et toutes les sources d’eau, avec une attention particulière portée à l’Aquifère Guarani [nappe d’eau faisant partie des plus grandes réserves du monde. Elle est divisée entre le Brésil pour 70%, l’Argentine pour 19%, le Paraguay pour 6% et l’Uruguay pour 5%], en combattant les causes du réchauffement climatique.

6. Empêcher que l’on déboise l’Amazonie et détruise la biomasse  brésilienne, en préservant les richesses naturelles et en utilisant les ressources naturelles de manière adéquate et soutenable, au bénéfice du peuple. Nous défendons le droit collectif d’exploitation des plantations de palmeraies de coco.

7. Préserver, diffuser, multiplier et améliorer les semences natives des différentes biomasses, de manière à garantir leur accès à tous les agriculteurs.

8. Lutter pour l’approbation immédiate de la loi qui autorise l’expropriation de toutes les propriétés où il y aurait du travail d’esclave et pour l’instauration de fortes amendes pour tous les latifundistes qui ne respecteraient pas la législation sur  le travail et la sécurité sociale.

9. Exiger la mise en œuvre de la proposition de l’Agence Nationale de l’Eau qui prévoit des travaux et des investissements dans toutes les municipalités des régions semi-arides, investissements nécessaires pour résoudre le problème d’approvisionnement d’eau de la population locale.

10. Empêcher que l’eau ne soit transformée en marchandise et garantir sa gestion comme un bien public, accessible à toute la population locale.

11. Assurer un nouveau modèle énergétique qui garantisse la souveraineté énergétique et donne la priorité au développement pour tous, en utilisant rationnellement l’énergie hydraulique produite dans de petites plantations et en encourageant la production d’agrodiesel et d’éthanol par les petits agriculteurs et leurs coopératives.

12. Le gouvernement fédéral doit autoriser l’INCRA (Institut National de Colonisation et de Réforme Agraire) à reprendre et à accélérer la régularisation de toutes les terres appartenant aux communautés « quilombolas ».

13. Encourager la démarcation immédiate de toutes les réserves indigènes et procéder à l’expulsion de toutes les personnes y vivant illégalement, spécialement celles qui se trouvent à l’intérieur du périmètre de la réserve Raposa Serra do Sol [Etat de Roraima, au Nord du Brésil] et sur les terres du peuple Guaraní dans l’Etat du Mato Grosso do Sul.

Le gouvernement de Lula doit honorer les engagements signés en juillet 2002 sur la réalisation de la réforme agraire et appliquer ainsi son programme politique. Pour cela, il doit régulariser immédiatement l’installation de toutes les familles se trouvant dans des campements et construire au moins cent mille logements par année à la campagne pour éviter l’exode rural.

Notre lutte est une lutte pour la construction d’une société plus juste, égalitaire et démocratique, où la richesse sera répartie entre toutes et tous.

Via Campesina Brésil – Assemblée Populaire (12 juin 2008)

(Traduction – A l’Encontre - 20 juin 2008 )



Les Amis de la Terre
Appel international contre les tables-rondes entre ONG et industriels sur le soja "durable" !

Par Groupe local des Landes

DÉCLARATION DES ORGANISATIONS SOCIALES, INDIGÈNES, PAYSANNES ET DES MOUVEMENTS URBAINS D’ARGENTINE, D’AMERIQUE LATINE, ET DES AUTRES CONTINENTS POUR REJETER LA « TROISIÈME RÉUNION SUR LE SOJA RESPONSABLE » [1] DEVANT SE TENIR LES 23 ET 24 AVRIL À L’HOTEL HILTON DE BUENOS AIRES, ARGENTINE.

L’agrobusiness est responsable de la dévastation de nos sols, de la déforestation, de la pollution des rivières et des aquifères, de la perte de la biodiversité, du pillage de l’héritage naturel et culturel et de l’élimination de l’agriculture familiale qui autrefois alimentait nos communautés.

L’expansion de la monoculture du soja menace tout autant la souveraineté territoriale, alimentaire et culturelle des Etats-nations, que les droits des Communautés Indigènes et Rurales. L’industrie agroalimentaire du soja exclut, appauvrit et affaiblit la population. Ce modèle d’agriculture industrielle viole les droits économiques, sociaux, culturels et environnementaux des populations. Les monocultures industrielles s’étendent, et par leur violence structurelle intrinsèque, vident le territoire en provocant l’exode rural, la marginalisation des populations rurales et en fin de compte en générant la criminalisation de la pauvreté et des mouvements sociaux.

Malgré cela, l’agrobusiness du soja se renforce actuellement, avec l’expansion des marchés des produits alimentaires transformés, de l’élevage industriel du bétail et de la production d’agrocarburants qui paraît-il « nous sauveront du changement climatique ». En réalité, les voies fluviales de l’ IIRSA [2] se multiplient, de nouveaux réseaux ferroviaires apparaissent et il y a de plus en plus de cultures transgéniques, de pesticides et de machines importées pour nous spolier de nos terres, toujours plus rapidement.


A quand des tables rondes sur les OGM et les paramilitaires responsables ?

Malgré cela, l’agrobusiness du soja s’étend toujours plus. De nombreux gouvernements européens répondent aux critiques croissantes et aux dénonciations de la situation dans nos pays, en faisant naïvement et aveuglément confiance aux Tables Rondes pour un Commerce Durable du WWF. Nous sommes atterrés qu’ils puissent considérer ces démarches comme des exemples à suivre, notamment pour la mise en place de critères de durabilité pour la production de biocarburants [3]. En participant aux tables rondes, les gouvernements européens donnent crédit à l’écoblanchiment des multinationales.

Nous, mouvements sociaux du Nord et du Sud, refusons totalement, toutes les tentatives des entreprises et des ONG visant à faire croire dans l’opinion publique que des critères de durabilité et de responsabilité basés sur les monocultures de soja GM sont possibles [4]. Nous n’acceptons pas les projets de Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) qui, par des tables rondes et des mesures volontaires, dissimulent les crimes commis par ces compagnies. Avec la RSE, les multinationales usurpent les droits des états de légiférer et créent des politiques sociales privées.

Nous nous opposons à la domination néocoloniale du modèle de l’agrobusiness et à la façon perverse dont les multinationales, systématiquement, déforment et vident de leur sens un grand nombre de nos propres discours et positions. Nous dénonçons la niche commerciale de l’écocertification, comme étant du pur écoblanchiment des multinationales.

En mars 2005, des organisations rurales et environnementales du Cône du Sud, y compris les Via Campesina d’Argentine, du Paraguay et du Brésil se sont déjà rassemblées à Foz d’Iguazu pour dénoncer la Première Table ronde sur le Soja Responsable [5]. Simultanément et en solidarité, des activistes hollandais ont manifesté devant le siège social de l’industrie de fourrage PROVIMI dans le port de Rotterdam [6]. En 2006, des mouvements sociaux paraguayens, des organisations urbaines et rurales, ont manifesté contre la "Deuxième Table ronde sur le Soja Durable" qui a eu lieu à Asuncion [7]. Récemment la Via Campesina du Paraguay a rejeté publiquement une tentative de les impliquer dans le l’écoblanchiment du "Soja Responsable" [8].

C’est pour toutes ces raisons que nous rejetons à nouveau le projet mené par le Fond Mondial pour la Nature (WWF) auquel participent notamment les industriels de l’agrobusiness du soja, AAPRESID [9] de l’Argentine, ABIOVE [10], MAGGI et APROSOJA du Brésil, DAP du Paraguay, Bunge et Cargill des Etats-Unis, la Banque ABN-AMRO de Hollande et les ONG FUNDAPAZ de l’Argentine, GUYRA (Birdlife) du Paraguay, Solidaridad des Pays-Bas.

Par notre signature, nous confirmons de nouveau notre engagement à nous unir pour lutter pour la Souveraineté alimentaire des peuples et à contrer les manœuvres de désinformation et de séduction des industries de l’agrobuiness. Nous exigeons la libération de nos territoires de ces sociétés agroalimentaires criminelles et la justice pour toutes les victimes de l’agrobusiness du soja !

Là où les monocultures se développent, il ne peut y avoir de société durable !

Là où l’agrobusiness s’étend, les campesinos ne peuvent vivre !

____________________________________________________________

[1] http://www.responsiblesoy.org/

[2] La « Integracion de la Infraestructura Regional Suramericana » (IIRSA) construit une voie fluviale de 4200km de long depuis la Bolivie jusqu’à l’Uruguay pour l’exportation de matières premières dont le soja. Les routes et les voies de chemins de fer sont planifiées pour fournir les marchandises à cette infrastructure. Les conséquences pour les écosystèmes, les communautés indigènes et paysannes seront très importantes.

[3] Ceci est confirmé par la présence à la table ronde de : Shell International ; BP International LtD ; Carrefour Brésil ; Greenergy International ; Glencore Grain B.V. ; Nesté Oil ; COOP ; EDF Man France ; US Soybean Export Council ; Wheb Biofuels ; Cert ID Certificadora LTDA ; Royal Dutch Grain and Feed Trade Association http://www.responsiblesoy.org/eng/index.htm

[4] Open Letter to Support the Iguazú Counter Conference : No Greenwash for the soy industry ! 28 February 2005. ASEED, XminY http://prod.biotech.indymedia.org/es/topic/soy2005/archive.shtml

[5] Contre rencontre de Iguazu. 16-18 /03/ 2008. http://www.grr.org.ar/iguazu/

[6] Action au siège de Provini - entreprise de fourrage : "Pas de soja pour l’élevage intensif !" Hollande, 16 mars 2005. Organisée par ASEED. http://prod.biotech.indymedia.org/es/2005/03/4101.shtml

[7] "Le modèle de développement du soja au Paraguay : irresponsable, insoutenable et antidémocratique". Juin 2006, Paraguay. http://www.grr.org.ar/ceparaguay/

[8] 28 February 2008. Déclaration de Via Campesina Paraguay contre la table ronde du soja responsable.

[9] AAPRESID créée 1988 avec les fonds de Monsanto http://www.cababstractsplus.org/fts/Uploads/PDF/20023109946.pdf et http://www.aapresid.org.ar/

[10] Abiove represente 17 compagnies d’oléagineux, dont les groupes André Maggi, Bunge, Cargill and Louis Dreyfus et Imcopa.

Publié dans Planète-environnement

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charlotte 27/06/2008 08:25

Prince Philip, Duc d'Edimbourg, prince consort de la Reine Elizabeth II d'Angleterre. Le prince Philip participera à la création du World Wildlife Fund (WWF) et en sera le président international entre 1981 et 1993, puis président d’honneur :"Vous ne pouvez pas maintenir un troupeau de moutons plus important que ceux que vous êtes en mesure de nourrir. En d'autres termes, pour la conservation de la nature il peut être question de débarrasser du surcroît de bêtes d'une espèce de façon à conserver un équilibre entre les nombres relatifs de chaque espèce dans chaque type d'habitat spécifique. Je suis conscient que c'est un sujet très sensible, mais le fait demeure que l'humanité fait partie du monde vivant (..) Tout nouvel acre mis en culture est un acre retiré aux espèces sauvages "."Je crois que la pression exercée par la population - le simple nombre de gens sur cette planète - est la cause la plus importante de la dégradation de l'environnement naturel […] Tout ceci a été rendu possible par la révolution industrielle et le développement explosif de la science a été propagé dans le monde entier par la nouvelle religion économique du développement."Le même prince Philip, cité par la Deutsche Press Agentur, août 1988 :"Au cas où je serais réincarné, je souhaiterais l'être sous la forme d'un virus mortel afin d'apporter ma contribution au problème de la surpopulation."Le WWF, sur son site:L'empreinte écologique de l'humanité dépasse de 25% la capacité biologique de la planète. Si nous adoptions tous le style de vie américain, 5 planètes comme la Terre seraient nécessaires pour vivre durablement. Si tout le monde vivait comme un Français, il faudrait 2 planètes supplémentaires.L’empreinte écologique des pays à hauts revenus est 6 fois supérieure à celle des pays à faibles revenus.Si nous ne faisons rien, l’empreinte écologique mondiale pourrait en 2050 dépasser de 100 % la bio capacité de la Terre.Voilà ce que j'ai retrouvé, pas eu trop le temps de rechercher, ça ira mieux a semaine prochaine, bises

benedicte 21/10/2008 19:55


Quoique l'on veut croire, la réalité est que nous avons proliféré anarchiquement comme le cancer et que c'est un réel problème pour la planète mais pour que nos sociétés soient viables, permettent
à chacun une vie décente et heureuse et nous permettent de vivre en paix. Or nous ne cessons d'accroître cette population et dans nos pays où la natalité a fortement baissée depuis un siècle on a
l'indécence de promouvoir des politiques natalistes ! Là aussi on entend que le problème soit insoluble ... et puis quoi ? On déclenche une jolie petite guerre mondiale pour diminuer la population
? Ou va-t'on organiser des famines pour faire crever une partie d'entre nous de faim ?... ou on va jouer  "Soleil vert" et en tuer une partie pour nourrir les autres ... Je craque !!!
La population mondiale était le sujet de mon écrit lors de mon année d'éco et ça tombait bien parce que je m'étais intéressé à ce problème ... et en moins de 30 ans nous sommes passés de près de
5milliards à près de 7milliards !


charlotte 23/06/2008 13:01

Salut Béné, toutes ces ONG sont infiltrées Attac, Greenpeace, WWf quand à elle est une création du prince Philip. Je vais essayer de retrouver un article que j'avais posté il y a qq temps sur le sujet et je te donnerai le lien. Bises

benedicte 26/06/2008 16:03


Hélas oui ! Et merci si tu retrouves le lien de ton article de me le transmettre. Bises