Amérique Latine : marmite, volcan, mosaique d'expériences de luttes ..

Publié le par benedicte

Amérique Latine : marmite, volcan, mosaique d'expériences de lutte contre le néolibéralisme


Ce qui se passe dans certains pays d'Amérique latine, est un espoir de changement, ce sont des expériences en cours de faire autrement, de sortir du totalitarisme d’un libéralo-capitalisme mondialisé. Je suis plus intéressée et attentive à ce qui se passe dans les pays andins (Amerique du Sud : Venezuela, Equateur et Bolivie, expériences en cours) et pas seulemet parce que ma fille vit en Equateur.

Je suis beaucoup plus critique sur ce qui se passe au Brésil, Argentine et Chili, dont les gouvernements ne cherchent pas une rupture avec le néolibéralisme et donc laisse se perpétuer le système inégalitaire en-cours.

La réalité politique actuelle de l'Amérique latine est diverse et contrastée, et les deux articles généraux rélayés ci-dessous, dressent un tableau synthétique de cette diversité.


Ma fille m’avait expliqué qu’une enquête du Latinos Barometras, concernant le continent sud-américain sur la politique, avait donné dans une majorité de pays un rejet de la « démocratie » comme régime politique, non que ces peuples souhaitaient une dictature, ils n’en connaissent que trop bien la nature, mais parce qu’ils ne voient aucune différence dans leur situation, entre ce que nous prétendons être des démocraties, et les régimes précédents. Ils sont tout aussi, exploités, asservis et sans droits, et constatent que ce sont les même qui détiennent le pouvoir, l’intégralité des ressources et de l’argent, sous ces dites démocratie qu’auparavant. Contrairement à nous, ils ne sont pas dupes du langage employé. Que le système féodal dans lequel ils vivent soit appelé dictature ou démocratie, leur importe peu, ce qu’ils veulent est la fin de ce système féodal, où ils sont privés de droits, de terre, affamés et asservis par les oligarchies locales, les latifundios, les mutinationales, le FMI et l'OMC et une classe politicienne au service des intérêts de ceux-ci.


Alors même que chez nous, en Europe et Occident nous retournons à grand pas vers la féodalité et le totalitarisme sans protester, sans grande réaction de la majorité face à la destruction du peu acquis par les générations passées, les violations des droits de l’homme sur notre sol et les lois sécuritaires, ce mouvement d’émancipation naissant en Amérique latine est, malgré ses nombreuses imperfections et sa diversité, porteur d’espoir pour tous ceux et celles qui s’opposent au retour à l’archaïsme et l’obscurantisme dans nos sociétés, sont conscients que le modèle libéralo-capitaliste mondialisé nous envoie tous à la catastrophe, et qu’il est urgent d’explorer d’autres voies radicalement différentes.




A L’ENCONTRE Revue politique virtuelle (Suisse)
La marmite latino-américaine

Entretien avec Frank Gaudichaud
Maître de conférences en civilisation hispano-américaine à l’université de Grenoble-3. Cet entretien  a été réalisé par Ixchel Delaporte et est paru dans L’Humanité, le 16 juin 2008.


Le volcan latino-américain n’a jamais cessé de se réveiller au fil de l’histoire. Mais sa force de frappe n’a pas toujours été la même. Comment caractériser la période actuelle, l’apprécier, se repérer dans les processus en cours ? Sous la direction de l’universitaire Franck Gaudichaud, un ouvrage collectif (voir ci-dessous) réunissant une vingtaine de spécialistes d’Europe, d’Amérique latine et des États-Unis s’efforce d’apporter au public français une approche claire des gauches, des mouvements sociaux et du néolibéralisme en Amérique latine. «Avec pour point commun, indique Franck Gaudichaud, une analyse critique des visions impressionnistes que l’on lit trop souvent dans les médias. Ce travail s’intéresse à la richesse des mobilisations collectives, mais aussi aux tentatives de construction d’alternatives. Il s’agit de donner une vision complexe des processus en cours, en évitant l’image d’Épinal d’une Amérique latine unanimement rebelle ou d’un virage à gauche homogène.»

On parle souvent de déferlante à gauche en Amérique latine. Qu’en pensez-vous ?
Franck Gaudichaud. Le virage à gauche, s’il est réel, n’est pas unanime. La Colombie, le Mexique, le Salvador, le Honduras et le Guatemala sont aux mains des conservateurs. Il existe par contre une claire érosion de la droite et l’ouverture d’un espace au profit des luttes sociales et des gauches, au pluriel. Les divers gouvernements passés à gauche sont la traduction sur terrain politique d’une décennie de mobilisations. Cependant, suivant les pays, on trouve des gauches de gouvernement complètement adaptées à l’ordre néolibéral et d’autres qui s’en démarquent. Pour résumer, il existe actuellement trois sortes de régimes, Cuba mis à part : au côté de l’alternative conservatrice et pro-états-unienne portée par Uribe en Colombie, on trouve un second bloc de pays qui défend certaines positions d’autonomie partielle (dont le Brésil de Lula) et que l’on pourrait dire sociaux-libéraux. Et, enfin, un dernier groupe de type nationaliste radical qui s’affronte en plusieurs points avec les oligarchies locales. Sans surprise, ces pays (Bolivie, Équateur, Venezuela) sont ceux où ont eu lieu de fortes dynamiques de résistance, indigène notamment. Dans ce contexte, l’une des questions débattues reste celle de l’articulation entre le champ des mouvements sociaux et le pouvoir politique. Et là, le retour de la discussion stratégique autour du «socialisme du XXIe siècle» est bien celui de comment changer le monde en prenant le pouvoir, tout en ayant tiré le bilan des errements autoritaires du siècle passé.

Comment appréciez-vous les dix ans d’expérience bolivarienne au Venezuela ?
Franck Gaudichaud. Incontestablement, il existe de nombreux aspects très positifs, avec une mise en mouvement de la société et une politisation de secteurs longtemps exclus, sur des bases coloniales et racialisées du pouvoir. Chavez a redonné une nouvelle dignité à ces fractions populaires et favorisé leur participation avec les conseils communaux, entre autres. Quoi qu’il arrive, ces données essentielles ne se perdront pas.
Du point de vue de l’urgence sociale, la pauvreté a baissé, mais il reste beaucoup à faire. Le processus est lent concernant la réforme agraire et la souveraineté alimentaire.
Au sein du chavisme lui-même, on peut repérer des contradictions. En témoigne le cas récent de l’aciérie Sidor, quatrième producteur en Amérique latine. Sa nationalisation, très bénéfique, s’est faite malgré la répression de la grève des ouvriers et contre le ministre du Travail, José Ramon Rivero.
Sur le plan international, le Venezuela peut, grâce au pétrole, mener une offensive régionale audacieuse, avec quelques hésitations cependant. Car en même temps que Chavez a lancé l’ALBA il a aussi rejoint le Mercosur, soit une vision beaucoup plus libérale de l’intégration économique. Plus globalement, le pragmatisme est net au sein des nouveaux gouvernements : les nationalisations avec indemnités et renégociations de contrat avec les multinationales semblent la règle.

Les rapports avec l’Europe et les États-Unis ont également évolué…
On parle toujours de l’impérialisme des États-Unis, mais soulignons que de nombreux capitaux étrangers présents en Amérique latine sont européens [1]. Ces entreprises européennes ont largement bénéficié des privatisations, en prenant le contrôle des ressources naturelles, des systèmes bancaires, des télécommunications. Mais les États-Unis ne sont jamais très loin. Certes, il y a une tendance de fond de remise en cause de leur hégémonie, le consensus de Washington est bousculé, le projet de l’ALCA a échoué et certaines bases militaires vont être fermées, mais on assiste également à un redéploiement, avec par exemple le plan Colombie.

Il existe une nouvelle donne géopolitique, alors que l’implantation de multinationales n’a jamais été aussi forte dans la région. D’où l’importance de cette multiplicité de résistances et expériences démocratiques radicales que nous cherchons à décrypter .


[1] Les investissement directs à l’étranger (IDE) suisses en Amérique centrale et du Sud on passé de 65,8 milliards de francs en 2002 à  113,3  milliards en 2006. Il y a, dans cette statistiques des «placements» dans les «centres financiers offshore», et les termes de la BNS (Bahmas, Bermudes, Panama, etc). Le nombre de salarié·e·s travaillant dans des entreprises suisses en Amérique centrale et du Sud a passé de 281'397 en 2002 à 404'509 en 2006 (avec 7402 pour les centres financiers offshore). Les plus fortes implantations : Brésil : 92716 salarié·e·s en 2006 ; Mexique : 36'997 ; Argentine 17'535 ; Chili : 16'575 ; Venezuela : 10'625 (réd.)

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Mosaïques d’expériences

Le Volcan latino-américain.
Gauches, mouvements sociaux et néolibéralisme en Amérique latine
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Sous la direction de Franck Gaudichaud.
Éditions Textuel. 2008. 446 pages. 24 euros.

L’Amérique latine est multiple et complexe. Avec autant de configurations politiques que de pays, ce continent fait se côtoyer le gouvernement le plus conservateur et ultra-libéral (la Colombie) avec le plus radical, le plus bolivarien (le Venezuela). L’ouvrage rassemble les contributions d’universitaires, militants associatifs et journalistes attachés aux luttes sociales et politiques menées en Amérique latine, qui livrent une vision critique, distanciée et féconde des évolutions socio-politiques en cours. Les articles sont longs, ce qui permet de saisir l’ensemble des contradictions propres à chaque pays, sans perdre de vue un contexte régional. Contexte surveillé de près non seulement aux États-Unis, mais aussi en Europe, dont les multinationales prennent une large place en Amérique latine. Les enjeux sont abordés par thèmes. D’abord, une approche continentale. L’article de James Petras, professeur de sociologie à l’université de Binghampton (New York), rappelle les nombreux réseaux d’influence reliant les États-Unis et l’Amérique latine. Puis, un ensemble consacré aux gauches met en perspective les niveaux de rupture réelle avec le modèle néolibéral, au travers de «mosaïques d’expériences», allant de Cuba et ses dilemmes de transition à un Mexique donnant à voir une face libérale, répressive et corrompue, et son autre face, résistante et zapatiste. Enfin, la dernière partie ouvre un débat salutaire sur un socialisme du XXIe siècle, qui se veut démocratique et égalitaire. (I. D.)

(18 juin 2008)

 



Changement de société
Etapes dans la lutte contre le néolibéralisme.(important)
16 juin 2008

Emir Sader - La Jornada ( journal mexicain indépendant )
Traduit de l’espagnol par Céline Meneses


La lutte contre le néolibéralisme a déjà toute une Histoire derrière elle. Elle est passée par plusieurs étapes (de la résistance, à l’élaboration d’alternatives) et doit aujourd’hui affronter la violente contre-attaque de la droite. L’année où fut inauguré le Traité de Libre Echange d’Amérique du Nord (ALENA ndt) –1994–, les zapatistes avaient appelé à la résistance contre cette nouvelle vague hégémonique. Ignacio Ramonet lançait quant à lui, dans un editorial du Le Monde Diplomatique –1997–, un appel à la lutte contre la « pensée unique » et contre le consensus de Washington. Le Forum Mondial –2001– appelait pour sa part à la construction d’un “possible nouveau monde ». Quant aux manifestations contre l’Organisation Mondiale du Commece (OMC), qui avait commencé à Seattle en 2001, elles révélaient autant l’ampleur du malaise provoqué par ce nouveau modèle hégémonique qu’elles constituaient  une véritable démonstration de force des mobilisations populaires. Il s’agissait-là d’une première étape : celle de la résistance, défensive, face aux  faramineuses régressions qui s’opéraient du fait du passage d’un monde bipolaire à un autre monde, unipolaire (sous le contrôle hégémonique de l’impérialisme états-unien), d’un modèle de régulation à un un autre modèle, néolibéral.


Sur le plan gouvernemental, la consolidation de l’hégémonie néolibérale fut marqué par le passage de la génération droitière qui en avait posé les fondements (Pinochet, Reagan, Thatcher) à une seconde génération que d’aucuns dénommèrent « la troisième voie » (Clinton, Blair, Cardoso), ce qui leur permettait d’occuper tout l’espace politique. Cette force compacte rencontra un premier revers  avec l’élection d’ Hugo Chávez à la tête du Vénézuéla –1998–, et, à partir de ce moment, ne cessa plus d’en rencontrer en Amérique Latine où les principaux promoteurs du nouveau modèle (Cardoso, Menem, Fujimori, Carlos Andrés Pérez, el PRI) furent mis en échec.

Cette réaction populaire s’illustra par les triomphes électoraux qui suivirent celui de Chávez –Lula (2002), Kirchner (2003), Tabaré Vázquez (2004), auxquels ont peut ajouter le triomphe de Daniel Ortega (2006)–, et présenta au monde une arène politque tout à fait différente de celle qui était attendue. Bien que l’ayant emporté face à des gouvernement connus pour leur orthodoxie néolibérale, ces nouveaux élus ne misèrent pas sur une rupture totale avec le modèle néolibéral qu’ils ont conservé en l’assouplissant quelque peu, principalement en mettant plus fortement l’accent sur les politiques sociales.

Ce nuances apportées au néolibéralisme, ainsi que le choix de nouvelles options dans les processus d’intégration régionale (en premier lieu le MERCOSUR), ou encore la mise en échec du projet d’Alliance de Libre Echange des Amériques (auquel les nouveaux gouvernements ont activement participé), révèlèrent cependant des différences significatives quant à la relation que ces gouvernements entretenaient avec l’héritage des régimes qui les ont précédés, contribuant ainsi à l’émergence d’une arène politique inédite sur ce continent, dans laquelle se multiplièrent simultanément des formes de gouvernements qui avaient toutes en commun de s’opposer aux Traités et aux diverses formules de Libre Echange proposés par les Etats-Unis, ainsi qu’à leur politique de « guerre infinie » (laquelle n’obtint d’adhésion explicite qu’en Colombie).

Les victoires d’ Evo Morales (2005) et de Rafael Correa (2006), et le lancement de l’Alternative Bolivarienne pour les Amériques (ALBA), de la Banque du Sud (« Banco del Sur »), du gasoduc continental, et l’adhésion du Vénézuéla et de la Bolivie au Mercosur, donnèrent plus d’ampleur et de force à l’axe politique formé par les gouvernements qui, en plus de privilégier les processus d’intégration régionale, décidèrent de construire des modèles politiques et économiques en rupture avec le néolibéralisme. En ce sens, le triomphe du paraguayen Fernando Lugo (2008 élargit encore un peu plus le camp des régimes progressistes sur le continent, auquel nous pourrons bientôt ajouter le Salvador.

Cependant, à partir de 2007, et après la relative surprise que fut  la prolifération de gouvernements progressistes dans la région, la droite retrouva sa capacité d’initiative qu’elle avait perdu quand les forces populaires étaient parvenues à capitaliser, sur le plan électoral, le mécontentement généré par les défaillances des politiques sociales néolibérales, lesquelles constituent le maillon faible du néolibéralisme.

Afin de retrouver sa capacité d’initiative, la droite (qui traîne derrière elle la vieille droite oligarchique et l’ensemble des courant social-démocrates acquis au néolibéralisme) se retourna vers les sphères dans lesquelles son hégémonie n’avait pas souffert ou dans lesquelles elle conservait pour le moins l’essentiel de sa force : le pouvoir économique et le pouvoir médiatique. Cette contre –attaque pris des allures différentes selon les pays bien qu’on lui retrouve des points communs :  critiques de la présence étatique dans les affaires économiques et des régulations introduites par l’Etat dans les processus d’intégrations régionales et mondiales ; thème récurrent de la « corruption » (toujours focalisé sur les gouvernement et l’Etat), les fuites de capitaux, l’autonomie des gouvernements régionaux prônée contre l’Etat centralisé, les soi-disant « menaces » à l’encontre de la « liberté de la presse » (qu’ils identifient à la presse privée) etc.

Une fois passé le choc créé par la prolifération des gouvernements échappant à son contrôle direct, la droite repris donc l’initiative. Au Brésil d’abord, avec les campagnes de dénonciations du gouvernement de Lula ; au Vénézuéla (après la tentative de coup d’Etat de 2002) , avec la défense des monopoles privés dans les médias et en dénonçant des formes de corruption et des fuites de capitaux ; en Bolivie, avec l’opposition à la réforme agraire, à la nouvelle Constitution et à l’application de nouveaux impôts aux exportations de gaz, impôts grâce auxquels le gouvernement central souhaite mettre en oeuvre diverses mesures sociales ; en Argentine, avec l’oopsition aux mesures de régulation et la dénonciation de fuites de capitaux ; en Equateur, avec les offensives contre la nouvelle Constitution et les nouvelles formes de normativité étatique.
Elle est aussi à la tête de deux pays importants dans la région (le Mexique et la Colombie), qui, pour le premier, cherche à mettre en marche un processus de privatisation de l’emtreprise pétrolière étatique Pemex, et qui, pour le second, renforce l’épicentre de guerres régionales sans fin.

Après la paralysie des années d’expansion de l’économie internationale, qui favorisait l’obtention de ressources venues du commerce extérieur pour renforcer les politiques sociales, la droite reprend encore l’offensive en dénonçant les risques d’inflation, en affirmant la nécessité de nouveaux ajustements, d’élever encore un peu plus les taux d’intérêts banquaires, de façon à redonner la priorité à la stabilité monétaire sur l’expansion économique.

L’étape dans laquelle nous nous trouvons actuellement est marquée par la recrudescence des affrontements politiques et idéologiques entre gouvernements progressistes et opposition de droite. Les volontés de delester l’Etat de tout rôle central sont aujourd’hui au centre des débats et des polémiques qui opposent la droite et la gauche. Sur le continent, on voit désormais certains pays suivre le schéma de l’Etat minimum comme dans le cas du Mexique, qui tente de mettre en place la privatisation de PEMEX (exemple s’il en est du nouveau printemps privatisant du néolibéralisme continental), comme dans le cas du Pérou qui a adopté il ya peu (de même que le Costa Rica et le Chili) un modèle d’assurances privé.

A l’inverse, d’autres pays cherchent à refonder leurs systèmes étatiques en se basant sur des schémas post-néolibéraux et post-libéraux, et oeuvrent à l’élaboration de nouvelles formes de représentation politiques qui aillent plus loin que le veut le formalisme libéral, c’est le cas, par exemple, de la Bolivie et de l’Equateur (tous deux cherchent à instaurer des formes de société plurinationales, pluriethniques, pluriculturelles) ainsi que du Vénézuéla. De même, si certains pays se contentent de mettre en pratiques diverses formes de régulation étatique sans pour autant rompre avec les Etat néolibéraux préexistants, ils n’en freinent pas moins le démantèlement des services publics et, en renforçant les capacités sectorielles de régulation, n’en freinent pas moins non plus les processus de privatisation mis en place auparavant, renforçant par là même l’accroissement du travail contractuel et l’amélioration des services fédéraux (le Brésil et l’Argentine en sont l’illustration).

Le destin du modèle néolibéral dans le subcontinente n’est pas clairement arrêté. Son hégémonie continue, que ce soit parce que certains pays continuent de l’appliquer orthodoxalement, parce qu’il reste prépondérant, d’une façon ou d’une autre, dans la plupart des nations (Brésil, Mexique, Argentine, Colombie, Chili, Pérou, Uruguay, Costa Rica) dans un monde dominé par le néolibéralisme. Son destin se décidera surtout dans les trois pays les plus forts économiquement. Parmi eux, le Mexique consolide toujours un peu plus l’hégémonie néolibérale, alors que l’Argentine et le Brésil préservent le modèle en tentant de l’accomoder malgré les menaces de forces d’oppositions de droites très présentes.

L’espace qui symbolise le mieux le processus de construction post-néolibéral est l’ALBA puisque ses membres (le Vénézuéla, Cuba, la Bolivie, le Nicaragua, auxquels viennent s’ajouter d’important échanges avec l’Equateur) y construisent des relations de solidarité et cherchent à répondre aux besoins et aux possibilités de chaque nation par des alternatives aux lois de « libre échange » de l’OMC, en pratiquant ce que le Forum Social Mondial appelle « commerce juste ». Cet espace est un espace typiquement post-néolibéral dont le futur dépend entièrement de la consolidations des processus politiques en cours dans ces pays.

Publié dans Politique Monde

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