Comment nous détruisons nos enfants ...

Publié le par benedicte


Comment nous détruisons nos enfants ...

Le processus de libération à ses propres lois de Sylvie Vermeulen


Regard Conscient est un site que je recommande à tout un chacun de parcourir s'il est en recherche de compréhension de lui-même, des autres et de l'humanité en général ...ce sera peut-être le premier et le dernier concernant la psychologie, parce que c'est la première fois que je tombe sur un site pertinent à ce sujet et qui va dans le sens de la recherche de compréhension de soi-même et de l'humanité à travers cette recherche.

Je n'ai pas lu tous les articles du site, mais tous les articles que j'ai lu m'ont interpelé d'une manière ou d'une autre, sans pourtant prétendre détenir de valeur absolue.

Comme il est mentionné sur la page d'accueil du site :

Regard conscient est un projet de recherche auquel nous donnons pour objectif de mettre en évidence les liens existant entre les souffrances refoulées - particulièrement celles de la prime enfance - et leurs mises en actes sur les différentes scènes de la vie.

Nous partons du constat que l'être adulte reste profondément imprégné d'un vécu émotionnel non résolu et donc prisonnier de schémas de comportement hérités du passé. Dans notre conception, la compulsion qui nous pousse à recréer des situations douloureuses est une invitation à revisiter ces souffrances consciemment, afin de nous en libérer.

Vous trouverez ici des textes émanant de plusieurs auteurs, qui mettent à jour ces mécanismes de rejouement à l'œuvre dans divers domaines. Nous voudrions qu'ils vous invitent à poursuivre l'exploration de votre propre histoire personnelle et familiale. C'est pourquoi, sur le site de Regard conscient, vous trouverez également des témoignages et des outils


Il n'y a plus de nouveaux articles depuis environ 1 an et demi, ma demande à l'auteur pour lui demander l'accord de la reprise de son article sur mon blog, faite avant mon break en juin est restée lettre morte, bien que l'adresse mail semble encore fonctionner.

Je publie donc quand même l'article ci-dessous, concernant les enfants et sur lequel j'ai renoncé à faire un commentaire maintenant, parce qu'il exprime mieux que je ne saurais le faire actuellement, dans les grandes lignes, les constats tirés à la fois de mon vécu personnel et du comportement humain observé concernant les relations familiales. Il me servira de point de départ pour réaborder ce sujet sous un autre angle, étant donné que c'est un vaste sujet et qui est essentiel.

Si notre société est malheureuse, c'est que nous le sommes et que nous perpétuons ce malheur en conditionnant nos enfants à l'être dès leur naissance en quelque sorte, en reproduisant ce que nous avons vécu et que nous avons refoulé parce que nous ne pouvions en comprendre le pourquoi, et que nous étions impuissants à y changer quoi que ce soit. Je ne parle pas de violence morale ou physique caractérisée, tout un chacun est concerné comme enfant,ou ancien enfant et comme adulte, et à plus forte raison s'il est parent et/ou travaille avec des enfants. Ce n'est pas qu'un problème individuel, car si le regard que nous portons sur notre enfance est faussé, c'est également celui porté sur les enfants et leur éducation qui l'est  et c'est donc aussi un problème de société.




Le processus de libération à ses propres lois
par Sylvie Vermeulen - 12/2002

 

Résumé : La conscience innée de l'enfant est un guide pour l'adulte, enfermé dans sa souffrance. Mais ce cadeau est le plus souvent méprisé, humilié. Réflexion.

 

Je pars d'une certitude longtemps éprouvée par moi-même dans ma relation à mes enfants et dans ma présence attentive aux interactions entre enfants et parents: la conscience est présente chez l'enfant. Elle est innée et réflexive. Elle ne se développe pas, ne s'invente pas, ne se crée pas, ne s'instruit pas, elle se réfléchit et c'est ainsi que nous nous réalisons dans toutes nos dimensions d'être humain.

 

L'enfant est un maître

L'enfant est doté de cette conscience qui semble souvent échapper aux adultes. Il ne loupe jamais ses «retours», que ceux-ci soient émotionnels, physiques ou verbaux. Pour ses parents, c'est un maître qui ignore totalement son état de maître tellement son expression lui est naturelle. L'adulte qui ne comprend plus ce qu'il vit, refuse d'ouvrir les yeux en se retournant contre son enfant. Il fuit ainsi le moment primordial de l'accueil de ses émotions, de l'accueil de la réduction dans laquelle il a toujours vécu. Il fuit le moment pourtant espéré d'une remise en cause salvatrice de ses rejouements compulsifs, de ceux de ses parents et de ceux de ses contemporains.

 

Reflet : Par amour pour ses parents, l'enfant reflète leur enfermement. S'il n'est pas entendu,
si son retour est humilié par l'inconscience des adultes, il finira par s'identifier à ce reflet.

 

Un exemple. J'ai souvent vu de très jeunes enfants répéter malgré la réprobation parentale: «Pipi, caca, caca, pipi, pipi, pipi, caca…» Dans cette situation, la vitalité de l'enfant est encore surprenante. Il est pourtant généralement menacé par l'adulte. Il regarde, il rit, il sent que la colère va se retourner contre lui mais il continue jusqu'à un certain moment déterminé par l'histoire de chacun.

 

Lâcher prise

Que fait l'enfant? Il est difficile pour l'adulte de ne pas plaquer sur cette scène le parent qu'il a lui-même subi. Sa tension augmente comme celle qui, dans son enfance, anima son propre parent. Il - ou elle - se sent humilié(e) d'être le père, la mère d'un fils ou d'une fille aussi bête, crétin(e), débile, et j'en passe. Il faut que cela cesse et vite, surtout s'il y a des témoins. Le parent veut alors se montrer intelligent, il menace l'enfant de l'enfermer dans les toilettes: «Là, au moins, tu serais à ta place.» Le parent fait porter à l'enfant son aveuglement, mais à aucun moment il n'accueille la richesse de ce qu'il vit et c'est bien dommage pour tout le monde.

La vie que représente magnifiquement l'enfant, propose aux parents de libérer cette tension qui envahit la maison et qui les empêche tous d'être bien ensemble. Il propose à ses parents de lâcher prise et de prendre conscience qu'ils sont entièrement préoccupés par des années de mensonges relationnels et qu'ils n'ont plus aucune disponibilité pour être avec, c'est-à-dire être présents, conscients et aimants.

 

L'enfant devient une corvée

Si l'enfant n'a pas été accueilli dans la connaissance de ses dimensions humaines, ses élans, ses joies, ses sourires sont consommés par l'inconscience parentale et sa vérité, sa perspicacité, ses émotions seront impitoyablement humiliées et persécutées. Il devient alors rapidement une corvée, un poids dont il faut se partager la charge: Maman, j'ai envie de faire pipi, Maman, j'ai envie de faire caca, Quoi encore ! Ah merde, il a encore fait caca, Arrête-toi, il faut changer le petit! La tension monte, pas moyen d'y échapper: pipi, caca, j'ai soif, j'ai faim...

Nous avons créé un monde intérieur et un monde extérieur qui ordonnent, hiérarchisent et supervisent la nature humaine, mais nous ne connaissons pas les lois qui régissent les conséquences de cette monstruosité. Malgré cela, nous prétendons pouvoir et même vouloir accéder à la Liberté. Mais de quelle liberté s'agit-il? Nous n'avons aucune possibilité de penser librement vis-à-vis de nos propres parents ni de nos éducateurs.

 

La loi du refoulé

Pour se libérer d'une telle folie, il nous faut d'abord reconnaître notre souffrance, sa force active, en reprenant contact avec notre véritable nature, comme une mère attentionnée accueillerait et écouterait tout naturellement son enfant lorsqu'il a besoin de partager avec elle son désarroi. Il nous faut connaître les causes de notre souffrance, la motivation qui impose son refoulement, les conséquences de ce dernier et les lois qui régissent le refoulé et sa libération. Tout comme il faut connaître les lois humaines qui déterminent notre structure sociale et politique pour en changer, car l'Homme n'agit jamais sans raison et tout ce qui détermine ses paroles et ses actes doit être connu.

Les parents, complètement envahis par leur problématique, finissent par ne plus pouvoir considérer leur enfant autrement que comme une bouche à nourrir, un cul à torcher et pour le summum du déni comme une exubérance à discipliner et à éduquer. Le bébé vit comme un supplice le fait de ne pas être reconnu comme l'incarnation d'une conscience sensible, présente, aimante, entièrement disponible au présent. Reconnaître cette souffrance que nous avons tous vécue est primordial pour comprendre ce qu'aveuglement veut dire.

 

Handicap relationnel

Essayez d'imaginer ce que pourrait vivre un adulte reconnu comme conscient s'il était subitement traité comme un débile, un crétin ou une graine de délinquant par tous les gens qu'il voit, et ceci pendant des années. C'est ce que vivent nos enfants, tous milieux sociaux confondus.

«Pipi, caca, pipi, caca...» était pour mon frère et moi l'expression la plus directe pour exprimer la réduction relationnelle dans laquelle nous étions enfermés par nos parents. Nous savions que nous n'étions pas ce que leur regard et leurs mots prétendaient que nous étions. Et nous savions également qu'ils n'étaient plus les magnifiques représentants de la mère nature, en pleine possession de leur force vitale et de leurs facultés humaines. Non, ils avaient été passés à la moulinette de l'Histoire et nous faisaient subir pratiquement le même sort. Ils nous rendaient fous car c'est terrible de vivre avec des handicapés relationnels qui ne se reconnaissent pas comme tels. C'est terrible d'obéir à l'arbitraire. C'est terrible d'être constamment interprété, jugé et condamné. C'est terrible d'être le jouet d'adultes qui se sentent légitimes de nous imposer des rôles dans leurs rejouements sans aucune conscience de la souffrance qu'ils sont en train d'occasionner en nous, ni ce qu'ils sont en train de faire.

«Redevenez conscients!» Voilà ce que nous disent nos enfants. Le comportement des mères vis-à-vis de leurs bébés et de leurs jeunes enfants est déterminant pour l'équilibre des adultes et pour celui de l'humanité. Elles portent la responsabilité des dérives lorsque, face aux illusions de bonheur affichées par la société de consommation, elles n'affirment pas l'accueil, la présence effective et la transmission de leur expérience à leurs enfants. L'enfant naissant confronté à une mère indisponible de corps et d'esprit manifeste sa souffrance et sacrifie son présent en le mettant au service du processus de libération qu'il sent agissant chez ses parents. Il en sera toujours ainsi, jusqu'à ce que les mères réalisent la maltraitance qu'elles ont elles-mêmes subie et retrouvent, en elles et entre elles, une harmonie qui leur permettent, face à toutes prises de pouvoir, d'affirmer leur indispensable présence auprès de leurs enfants.

Sylvie Vermeulen

sylvie.vermeulen@wanadoo.fr


Tabou

Il est de la nature de l'enfant d'honorer la vie. S'il est reconnu dans son essence, accueilli et donc respecté, il honorera naturellement son père et sa mère. L'injonction «Tu honoreras ton père et ta mère» est déloyale. La marque du futur - honoreras - transforme une vérité en un redoutable sous-entendu, celui par lequel l'enfant ne regarderait pas ses parents comme sacrés pour lui.

Cette manipulation du langage cache une torsion de l'esprit qui fait porter à l'enfant les agissements de l'adulte. C'est ce dernier qui est devenu, à force d'éducation, incapable d'honorer la vie, de s'honorer lui-même et donc d'honorer son prochain. Cette torsion renforce un terrible interdit. Celui de reconnaître et de nommer clairement les causes et les conséquences de ce que l'adulte fait subir à l'enfant et par là-même de ce qu'il a lui-même subi pendant sa propre enfance et son adolescence. L'interdit social est posé dans l'éducation, et le consensus scellé par l'exposition médiatique régulière de cas d'enfants ou d'ados présentés comme des tyrans et soumis à la vindicte populaire en guise d'exorcisme: malheureux boucs-émissaires d'une humanité qui élude ainsi sa quête de vérité.

Parce qu'il refoule sa souffrance, l'adulte ne peut plus honorer son prochain et le respect qu'il prodigue à ses parents est de l'ordre de la soumission de l'esclave qui vit psychologiquement sous la domination et dans la dépendance d'un maître dont il est la propriété.

S. V.

 

Publié dans Education-Jeunesse

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charlotte 08/11/2008 11:07

Ben alors, qu'est-que tu fais ? Feignante ! Bisous, je t'appelle lundi bisous ma Béné.

benedicte 11/11/2008 19:25


J'ai eu du mal à reprendre, mais ça va mieux, appelles quand tu veux. Bises


ciboulette 28/10/2008 10:47

tu as sûrement raison charlotte... On voudrait la perfection et de tels billets nous mettent tout à coup en état de synthèse..... brrr.

benedicte 11/11/2008 18:48


Et la perfection n'existe pas, elle est un fantasme et poursuivre un fantasme nous empêche de vivre dans la réalité. Un dicton dit, fort justement que le mieux est l'ennemi du bien.
Ce texte décrit, indépendamment du regard que l'auteur peut porter sur ce qu'il voit, des mécanismes réels, que chacun de nous peut constater par lui-même. Si j'ai mis ce texte croisé il y a
quelques mois, c'est parce qu'il décrit ce que j'avais pu constater et expérimenter par moi-même, et sur lesquels j'aurais eu du mal à écrire moi-même.
Maintenant quand quelque chose nous dérange, il faut l'examiner, ne pas refuser d'être dérangé sans chercher à comprendre ce qui nous dérange. Ce n'est pas forcément parce que c'est vrai que ça
dérange, et nous n'avons pas forcément tort d'être dérangé, mais ça peut-être aussi ou en même temps, parce que ça remue quelque chose et remet en cause soit l'image que nous avons des choses ou de
nous-même, déstabilise nos croyances ou fait remonter des peurs enfouies, ... C'est donc avant tout une chance d'apprendre sur nous-même.
Le chemin de la connaissance de soi, des autres, de l'humanité et du monde, ne sont qu'un seul et même chemin ... tout est lié.
X-Files se trompait en déclarant "la vérité est ailleurs" ... "la vérité est à l'intérieur" :)


charlotte 27/10/2008 21:32

Coucou bénédicte, moi aussi, comme Cib, je rame, ça nous renvoie certainement à des comportements qu'il est difficile  pour nous d' assumer, "L'enfant naissant confronté à une mère indisponible de corps et d'esprit manifeste sa souffrance et sacrifie son présent en le mettant au service du processus de libération qu'il sent agissant chez ses parents. Il en sera toujours ainsi, jusqu'à ce que les mères réalisent la maltraitance qu'elles ont elles-mêmes subie et retrouvent, en elles et entre elles, une harmonie qui leur permettent, face à toutes prises de pouvoir, d'affirmer leur indispensable présence auprès de leurs enfants".Une présence et une disponibilité que nous croyons matériellement impossible à réaliser. Une introspection douloureuse  Béné. Décidément ton post est bien dérangeant. Bisous  

benedicte 09/11/2008 17:34


Si sur le plan matériel, notre société aggrave l'indisponibilité, c'est sur le plan psychologique que nous ne le sommes pas, même quand nous sommes physiquement présents, La présence physique dans
l'environnement de l'enfant, n'est pas en soi porteuse du relationnel et de l'attention dont il a besoin. Et que faisons nous pour que notre société tienne compte des besoins vitaux de nos enfants
? Rien au contraire, nous considérons comme un progrès (pour qui ?) que des crèches soient ouvertes 24h/24h, pour pouvoir les y déposer à toute heure du jour ou de la nuit, comme de vulgaires
paquets à la consigne ! Donc en fait nous semblons avoir vis à vis de la société plus une demande d'être "soulagé" de ses enfants, et qu'une demande de disponibilité et donc de prise en compte des
besoins de nos enfants, de la place centrale que leur épanouissement devrait avoir dans les préoccupations de la société.
J'ai déjà dit que la famille était un sujet tabou, mais si nous voulons que cette société change, nous devons changer dans nos relations à l'autre, et accepter de remettre en cause nos propres
comportements, dans la sphère de nos relations les plus intimes ... la famille. Si nous voulons briser cette chaîne de répétition mécanique, de souffrance infligée à l'autre qui se reproduit à
l'identique depuis des générations, et qui est loin d'être étrangère au fait que nous avons construit la société dans laquelle nous vivons, il nous appartient de commencer à faire cette remise en
cause, qui devra être poursuivie dans le temps à travers les générations. Oui c'est une remise en cause douloureuse sur le plan personnel ... je ne prétend pas le contraire. D'où l'importance de
comprendre que c'est un schéma de fonctionnement générique au sein de notre espèce, nous ne sommes pas individuellement coupable de cette situation, mais à partir du moment où nous voyons qu'il en
est ainsi, nous sommes coupables si nous préférons fermer les yeux sur le problème et refusons d'affronter nos propres souffrances pour alléger celles que nous avons inconsciemment infligées à nos
enfants, de refuser d'amener notre petit caillou, au travail collectif nécessaire pour sortir de ce cercle vicieux.
Nous ne pourrons pas tout comprendre, pas réparer tous les dégâts, et il ne faut pas se le fixer comme objectif, ce serait irréaliste et par la suite donc culpabilisant, parce que nous n'aurons pu
y arriver. Il s'agit juste de participer à notre échelle à ce travail de conscience et d'aller aussi qu'il nous est possible. au rythme qu'il nous est possible, sachant qu'il y a des vécus et
passifs beaucoup plus lourds que d'autres, mais de le faire honnêtement, en sortant de la culpabilité, mais sans faire preuve de complaisance envers soi-même, en cherchant vraiment à
comprendre.
De toute façon ne nous leurrons, l'esprit humain n'apprend qu'avec des coups de pied au cul, et c'est le rôle de la conscience de les lui donner :) Il faut prendre les choses avec humour, ça passe
mieux ... j'ai toujours dit que l'humour faisait partie du kit de survie indispensable aux grands dépressifs !
Bises et on en reparlera :)


ciboulette 27/10/2008 10:32

bonjour ma béné. D'accord avec toi... Je n'ai pas encore lu la suite... Il y a dans le comportement adulte une forme de revanche permanente. Soit dans le sens  "je fais de mon enfant ce que j'aurais voulu être', soit "je fais payer ce que j'ai eu comme parents et vécu.... " bref. Je développerai plus tard car là je n'ai pas les mots.... mais ton analyse est tout à fait claire.... glop glop, je rame quoi !

benedicte 09/11/2008 15:00


Je n'ai pas été capable de faire une analyse personnelle, ni même un commentaire sur ce texte, mais qui décrit assez bien une partie des mécanismes des relations parents-enfants. C'est un schéma de
fonctionnement à la fois validé et véhiculé par la société, et la famille est un sujet tabou en fait, bien qu'on semble en parler beaucoup, il n'y a aucune réflexion de fond sur ce sujet, aucune
mise à plat des mécanismes des relations individuelles au sein de la famille, des stéréotypes qu'elle véhicule, des croyances à son sujet, au point que rares sont les personnes capables de parler
des schémas relationnels au sein de leur famille, voire même de les identifier. Si on interrogeait les gens, même sous couvert d'anonymat, la majorité déclareraient avoir une famille sans histoire
particulière, c'est dans la sphère privée et familiale que la violence morale et physique, est le plus présente, mais à l'abri des regards, d'où cette omerta sur le sujet, qui est rarement rompue,
d'autant plus que les premières victimes sont les enfants, et que ceux-ci ne sont pas considéré comme des être à part entière et que l'on estime qu'ils n'ont pas à s'exprimer ou à être
entendus.
Alice Miller que j'avais cité je crois dans l'article sur les pervers narcissiques, a fait plusieurs ouvrages sur l'enfance et sur la violence éducative ordinaire, qui est la norme dans les
relations parents-enfants dans nos sociétés. La négation de l'existence de l'autre en tant qu'être, est la première et la pire violence exercée envers l'autre, il ne être parlé de respect de
l'autre, sans respect de son existence propre ... or ce que nous appelons éducation est basée sur la négation de l'existence propre de l'enfant. Même si la législation a évolué, nous n'avons plus
le droit de vie ou de mort sur eux, la régle est le pouvoir absolu des parents sur leurs enfants et même sur le plan de la loi, c'est ce droit qui est défendu et il est presque impossible de
déchoir un adulte de son autorité parentale, même dans le cas de sévices graves infligés à l'enfant par le parent, parce que les adultes même si c'est inconscient, défendent à une écrasante
majorité leur droit à ce pouvoir absolu, et ça pose question, au-delà de l'éducation, sur le prétendu amour de l'humanité pour ses enfants. On peut donc aborder beaucoup de thèmes à travers ce
sujet, y compris des thèmes fondamentaux comme l'amour et le respect, etc...non pas de manière intellectuelle déconnectée de la réalité des relations humaines, ce qui permet de dire n'importe quoi
sur ces sujets, mais à travers elles on y reviendra. Bises