Du morcellement du CNRS à l'asservissement de la recherche

Publié le par benedicte

Du détail au global : du morcellement du CNRS à l'asservissement de la recherche


le 26 mai 2008
GROGNE Le CNRS ne veut pas être morcelé

Les chercheurs du CNRS de Montpellier sont en colère. Après une manifestation de 200 personnes jeudi matin lors d’un conseil d’administration exceptionnel, une assemblée générale du personnel était improvisée vendredi après-midi.
Ils protestent contre les récents propos dans la presse de la Ministre de la recherche Valérie Pécresse qui annonce la découpe du CNRS en six nouveaux instituts nationaux dont sont exclues les sciences de la vie et l’informatique.
Concrètement, ce CNRS nouvelle formule correspond
« à une disparition du CNRS. La recherche sera affaiblie et c’est la ministre qui pilotera seule la recherche », expliquaient vendredi les syndicats montpelliérains reprenant les communiqués nationaux.
Selon la réforme annoncée par la ministre et qui devait être initialement préparée par une concertation et un vote au conseil d’administration, les sciences de la vie seraient pilotées par l’Inserm, L’Inra et le CEA et l’informatique par l’Inra.
Les syndicats et associations de chercheurs mécontents réclament un maintien du CNRS dans toute son intégrité. « Non au découpage en instituts et non à la disparition des sciences du vivant et des STICS. Ces projets mettent à mal le Savoir au profit d’une rentabilité immédiate des recherches des enseignements et des diplômes », regrettent-ils.
Pour demander le retrait du projet de démantèlement du CNRS, les chercheurs mais aussi les personnels d’universités sont appelés à manifester mardi de la Comédie à la Préfecture

Nicolas Guyonnet



Commentaires personnels :


Pour l’informatique, je n’en connais pas les enjeux, n’ayant aucune idée de ce que ce terme recouvre appliqué à la recherche scientifique. Pour les sciences du vivant, je vois sans peine où l’on va !

Les sciences de la vie sont données en pâture au CEA énergie atomique, INRA recherche génétique agricole (OGM, bétail sans os et autres horreurs, …), INSERM recherche médicale (axée chimie et génétique ), ... Arghh!!!

L’explosion du CNRS évitera tout recoupement des travaux effectués par chaque institut qui sera désormais dirigé par le gouvernement et aux ordres des lobbys suivants : nucléaire et uranium, OGM, chimico-pharmaceutique et biotechnologie (clonage) ! Désormais le terme « sciences de la vie » recouvrira en réalité les « sciences de la destruction », comme dans « 1984 » l’appellation « ministère de la paix » recouvrait en réalité le « ministère de la guerre » …

Mais petit rappel (merci Wikipédia ) : Ministère de la Défense (France)
Autrefois appelé Ministère de la Guerre puis Ministère des Armées, il est devenu Ministère de la Défense nationale en juin 1969 sous le ministère de Michel Debré, mais est redevenu sous le ministère suivant Ministère des Armées. Ce n'est qu'à partir de mai 1974 avec le ministre Jacques Soufflet que le ministère prend son nom actuel.

… il n’y aurait donc rien d’étonnant à ce qu’il soit prochainement rebaptisé « ministère de la paix » alors même que nos psychopathes nationaux emboîteraient le pas à leurs homologues Etats-Uniens, qui pour satisfaire les fantasmes pervers de leurs esprits dégénérés et paranoïaques sont prêts à déclencher une 3ème guerre mondiale …


Je neconnais pas les revendications du personnel du CNRS, elles ne sont pas mentionnées dans l’article. Toutefois quelques soient la teneur de leurs revendications, cela ne change rien aux objectifs de ce démantèlement qui va de pair avec tous les autres. Mais tant que chacun protestera pour soi, tout en fustigeant les revendications des autres, ... nous oeuvrerons contre nous-même.


"Science sans conscience n'est que ruine de l'âme" Rabelais (1494 - 1553)

La « réforme » en-cours n’a pas pour objectif l’intérêt de la recherche, mais au contraire de l’asservir définitivement aux seuls intérêts financiers des lobbys, à l’encontre d’une politique de recherche globale dans l’intérêt général et de la survie de la planète.

Une recherche hyperspécialisée à objectifs commerciaux et productivistes, par des scientifiques, plus techniciens que chercheurs, aux ordres et mis dans l'incapacité d’avoir un quelconque recul sur ce qu’ils font par le cloisonnement de spécialités relevant du point de détails, ... toutes les dérives pourront avoir lieu sans que les citoyens puissent s’y opposer faute d’information sur des recherches effectuées en toute opacité et leurs conséquences … beau programme, non ?

Je n’ai pas recherché d’informations, mais je suppose que les labos de recherche universitaire sont mis en coupe réglée également dans la loi de réforme et d’autonomie des universités.

Le lanceur d’alerte sur les OGM, Christian Vélot, à propos duquel j’avais fait circuler une pétition (voir sur le site Fondation Sciences Citoyennes Soutien à Christian Vélot ) est Maître de Conférences en génétique moléculaire à l’Université Paris sud et responsable d’une équipe de recherche à l’Institut de Génétique et Microbiologie, partenariat mixe Université-CNRS. Actuellement, il n'est pas sûr qu'il le reste, d'ailleurs.

Dans le nouveau système, des Christian Vélot on aura du mal à en trouver … la recherche fondamentale et la recherche indépendante devront s’auto-financer, et le système sait très bien qu’elle manquera cruellement de moyens … et là aussi cela pose en plus un problème de démocratie.


A rapprocher de ce qui était mentionné dans l'article concernant Le SLAPP"certains avancent que les poursuites stratégiques vont de pair avec un discours médiatique de plus en plus présent, selon lequel ces ONG et groupes de pression nuisent au développement économique et à l'investissement - Wikipédia"

La véritable recherche est visiblement considérée, également comme une nuisance au développement économique et à l'investissement, comme le seraient des citoyens éduqués et responsables, etc…

Est-ce que vous vous rendez compte que l'on va dans le mur ... et en accélérant ?

Commenter cet article