Banque et système financier : spéculation sur la famine et le pétrole

Publié le par benedicte

Banque : spéculation sur la famine et fonctionnement...

 

Les vautours et petits charognards se précipitent pour faire de l'argent sur le dos de la misère du monde, sans état d'âme ... ils n'en ont pas ! Un sou est un sou, que ce sou soit gagné en poussant à la famine des centaines de millions de personnes et couver du sang de ceux qui meurent de faim et mouront de faim à cause de la spéculation sur l'alimentaire, n'a aucune importance !

Quand au prétrole, difficile de savoir quoi en penser (Pétrole : l'augmentation continue ... mais est exagérée à la pompe) un nouvel article, donnant un nouvel éclairage sur cette augmentation, sur fond de spéculation à terme des marchés financiers ... donnant des chiffres et sources intéressantes, sur l'augmentation de la consommation, production, etc... qui démontent certaines causes avancées par ailleurs ... à lire !




Sur le blog de Lucky 15/05/2008
La famine fait spéculer (un petit article accablant paru hier dans “Libération”).

On admirera la ligne de défense de cette banque d’affameurs et de véritables “criminels économiques contre l’humanité” (si les mots ont un sens) qui ne concède jamais qu’une anodine erreur de communication, comme d’habitude.
Quant à la conclusion de l’article, elle est sidérante : Déjà 140 fonds financiers spéculatifs indexés sur ces tout nouveaux “profits” du changement climatique, de la misère, de la faim et de la pénurie d’eau ?

Parmi eux, combien de produits financiers made in France ?

LD

 

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La famine fait spéculer

Carte postale de Bruxelles. Chaque mardi, la mondialisation en histoire
De notre correspondante à Bruxelles JULIE MAJERCZAK 
Libération  : mardi 13 mai 2008

«Tirez avantage de la hausse des prix des denrées alimentaires.» C’est avec ce slogan que la banque belge KBC a lancé un nouveau placement financier, indexé sur le cours de six matières premières agricoles (cacao, café, sucre, blé, maïs et soja). Pour attirer ses clients, la banque invite sans détour à saisir «l’opportunité» que représente «l’énorme accroissement de la population», «les changements climatiques», «la pénurie d’eau et de terres agricoles». Rendement estimé, mais pas garanti : 14 %.
Alors que la flambée des prix agricoles entraîne des émeutes de la faim dans de nombreux pays du Sud, est-il décent de proposer un tel produit financier ? Peut-on spéculer sur la famine mondiale ? Est-il moral de miser sur la pénurie d’eau ? L’information, sortie récemment dans la presse belge, suscite la polémique dans le pays. Indignés, les parlementaires socialistes belges ont annoncé leur intention de déposer une proposition de loi visant à «interdire l’offre et la diffusion de produits financiers dont le seul objectif est de spéculer sur la hausse des prix des denrées alimentaires et d’en tirer profit».

[ Puis réaction des députés européens socialistes, proposant à leur tour aux institutions européennes d’interdire ce type de placement. (…) L’article ne dit pas si une proposition de directive européenne a été effectivement déposée. Apparemment pas de réponse connue des mouvements militants altermondialistes et syndicaux, mais il est vrai qu’ils n’ont jamais appris à résister méthodiquement à la financiarisation du monde, malgré l’intuition de départ d’ATTAC, à sa création en 1998.]
«Je m’excuse auprès des gens qui ont été choqués par le slogan», a déclaré à Libération la porte-parole de la KBC, Viviane Huybrecht, qui avoue que le dépliant commercial était mal formulé. Mais, sur le fonds, la KBC estime n’avoir rien à se reprocher. «Ce n’est pas ce produit qui influence le cours des matières premières, assure la porte-parole. La hausse actuelle trouve son origine dans une série de facteurs comme l’augmentation continue de la population mondiale, l’impact négatif du réchauffement climatique sur les rendements agricoles, la demande croissante de biocarburants…» Elle précise que le produit s’adressait à un groupe restreint d’investisseurs sur une période de souscription de courte durée (du 1er au 29 février 2008) avec des mises de fonds très limitées.
En tout, quelques centaines d’investisseurs se sont manifestés. Mais la KBC est loin d’être la seule institution financière à proposer ce genre de placement. Selon la commissaire européenne chargée de l’Agriculture, Mariann Fischer Boël, 140 fonds indexés partiellement ou totalement sur les prix des matières premières agricoles ont été lancés en février dans l’Union européenne.

(Merci de faire passer ce message).




Mondialisation.ca
Précisions sur l’origine du prix élevé du pétrole
par F. William Engdahl -   Le 25 mai 2008

Comme détaillé dans un article antérieur, un calcul prudent montre que, dans le prix du baril de pétrole brut d’aujourd'hui, au moins 60% des 128 dollars sont dus à la spéculation à terme non réglementée, des hedge funds, des banques et des groupes financiers. Ils utilisent les échanges à terme du ICE Futures de Londres et du NYMEX de New York, et les échanges inter-bancaires incontrôlés ou négociés hors cote pour échapper à tout examen minutieux. Les règlements de la Commodity Futures Trading Commission du gouvernement étasunien permettent aux spéculateurs d'acheter du pétrole brut grâce à des contrats à terme sur le Nymex, en avançant seulement 6% de la valeur du contrat. Le prix en ce moment étant de 128 dollars par baril, cela signifie que le spéculateur à terme n'a qu'à donner environ 8 dollars pour chaque baril et emprunter les autres 120 dollars. Cette « force » exceptionnelle de 16 pour 1 permet d’amener le prix à un niveau follement irréaliste et de compenser les pertes bancaires du subprime et des autres catastrophes au détriment de l'ensemble de la population [mondiale].

La mystification du pic pétrolier, c’est-à-dire l'argument selon lequel la production pétrolière aurait épuisé plus de la moitié des réserves, ce qui rend le pétrole bon marché et abondant sur le déclin dans le monde, a permis à cette fraude coûteuse de perdurer depuis l'invasion de l'Iraq en 2003 avec l'aide des principales banques, des négociants et des opérateurs pétroliers majeurs. Comme toujours, Washington tente d’en faire porter le chapeau aux producteurs arabes de l'OPEP. Le problème n'est pas la pénurie de l’approvisionnement en pétrole brut. En fait, l’offre est actuellement excédentaire dans le monde. Pourtant, le prix grimpe toujours plus haut. Pourquoi ? La réponse se trouve dans la politique manifestement délibérée du gouvernement étasunien, qui permet la manipulation effrénée du prix du pétrole.

 

Demande pétrolière plate, boom du prix . . .

Le principal stratège du marché de l’une des banques leaders mondiales de l’industrie pétrolière, David Kelly, de JP Morgan Funds, a récemment laissé entendre quelque chose en disant au Washington Post, « Je pense que l’une des choses très importantes que l’on doive réaliser est que la croissance de la consommation pétrolière mondiale n'est pas si forte que ça. »

L'une des fables utilisées pour soutenir la spéculation à terme sur le pétrole est l'allégation de la soif d'importation pétrolière de la Chine qui exploserait hors de contrôle en entraînant des pénuries dans l'équilibre de l'offre et de la demande. Les faits ne confortent cependant pas la thèse de la demande chinoise.

Dans son dernier rapport sur les perspectives énergétiques à court terme, l’Energy Information Administration (EIA)  du gouvernement étasunien concluait que la demande pétrolière aux États-Unis devrait baisser de 190.000 barils par jour en 2008, surtout à cause de l'aggravation de la récession économique. Loin d’exploser, dit l’EIA, la consommation chinoise devrait augmenter cette année de seulement 400.000 barils par jour. Ce n'est guère la « poussée de la demande pétrolière » chinoise  stigmatisée par les médias. L'année dernière, la Chine a importé 3,2 millions de barils par jour, et elle aurait utilisé au total environ 7 millions de barils par jour. Les États-Unis, par contre, consomment environ 20,7 millions de barils par jour.

Cela signifie que la principale nation consommatrice de pétrole, les États-Unis, connaissent une baisse importante de la demande. La Chine, qui consomme seulement un tiers du pétrole utilisé aux États-Unis, ne verra qu’une augmentation mineure de sa demande d'importation par rapport à l'ensemble de la production pétrolière mondiale journalière de 84 millions de barils, moins d’un demi pour cent de la demande totale.

Pour 2008, l'Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole (OPEP) a prévu que la croissance de la demande mondiale en pétrole resterait inchangée, à 1,2 millions de barils par jour, car le ralentissement de la croissance économique dans le monde industrialisé est légèrement compensé par la consommation croissante dans les pays en développement. L’OPEP prédit que la demande pétrolière mondiale en 2008 sera en moyenne de 87 millions de barils par jour, en grande partie inchangée par rapport à son estimation précédente. Il est prévu que la demande de la Chine, du Moyen-Orient, de l’Inde et de l’Amérique Latine sera plus forte, mais celle de l'UE et de l’Amérique du Nord sera plus faible.

Ainsi, le plus grand consommateur de pétrole du monde est confronté à une forte baisse de consommation, à un déclin qui va s'aggraver à cause de la crise du logement et des effets économiques liés à  la crise financière de levier. Si les marchés étaient normaux, non dissimulés et transparents, le prix chuterait probablement, il ne s’élèverait pas. Aucune crise d'approvisionnement ne justifie la manière dont est fixé le prix du pétrole aujourd'hui dans le monde.  
 

Annonce de nouveaux grands champs pétroliers
en cours

Non seulement il n’y a pas de crise d'approvisionnement pour justifier pareille bulle de prix, mais il existe plusieurs nouveaux gisements pétrolifères gigantesques qui doivent commencer à produire au cours de 2008 pour augmenter l'offre.

Le plus important producteur de pétrole du monde, l'Arabie Saoudite, est en train de finaliser des plans pour renforcer l'activité de forage d'un tiers et accroître les investissements de 40%. Le plan de Saudi Aramco, couvrant la période de 2009 à 2013, devrait être approuvé ce mois-ci par le conseil d'administration et le Ministère du pétrole. Le Royaume est au beau milieu d’un plan d’élargissement de la production pétrolière de 50 milliard de dollars pour répondre à la demande croissante de l’Asie et des autres marchés émergents. Le Royaume prévoit d'accroître sa capacité totale de pompage jusqu’à 12,5 millions de barils par jour d'ici à l'an prochain, une hausse d'environ 11% de sa capacité actuelle de 11,3 millions de barils par jour.

En avril de cette année le gisement pétrolifère de Khursaniyah en Arabie Saoudite a commencé le pompage, et il ajoutera bientôt 500.000 barils par jour à l'offre mondiale en pétrole brut Arabian Light, de haute qualité. En outre, un autre projet d'expansion saoudien, le développement des champs pétroliers de Khurais, le plus important des projets de Saudi Aramco, augmentera la capacité de production pétrolière des gisements saoudiens de 11,3 à 12,5 millions de barils par jour d'ici à 2009. Il est prévu que Khurais augmentera la capacité d’exportation saoudienne de brut léger de haute qualité de 1,2 millions de barils par jour.

Petrobras du Brésil est dans la phase d'exploitation initiale des réserves pétrolières offshore de son gisement de Tupi. Les estimations ont récemment confirmé qu’elles pouvaient être aussi grandes ou plus grandes que celles de la Mer du Nord. Petrobras dit que le nouveau gisement ultra-profond de Tupi pourrait contenir jusqu’à 8 milliards de barils de pétrole brut léger exploitable. Quand ce sera en cours, dans quelques années, il est prévu de classer le Brésil dans le « top 10 » mondial des producteurs pétroliers, entre le Nigeria et le Venezuela.

Aux États-Unis, à part les rumeurs disant que les grandes compagnies pétrolières délaissent délibérément les immenses nouvelles réserves en Alaska, de crainte que l’offre excédentaire ne fasse plonger le prix de ces dernières années, l'US Geological Survey (USGS) a récemment publié un rapport qui a confirmé de nouvelles grandes réserves pétrolières dans la région appelée Bakken, qui s'étend à travers le Dakota du Nord, le Montana et le sud-est de la province de Saskatchewan [au Canada]. L'USGS estime que Bakken contient jusqu’à 3,65 milliards de barils de pétrole.

Ce ne sont là que quelques confirmations d’immenses réserves de pétrole à exploiter. On estime que l’Irak (où les quatre plus grandes firmes pétrolières anglo-étasuniennes salivent de mettre la main sur des gisements inexplorés) possède les plus grandes réserves pétrolières après l'Arabie Saoudite. Il reste encore une grande partie du monde qui n'a pas été explorée pour y chercher du pétrole.   À un prix supérieur à 60 dollars le baril, d'énormes potentialités nouvelles deviennent économiques. Le problème majeur auquel est confrontée la grande industrie pétrolière n’est pas de trouver de quoi remplacer le pétrole, mais de contrôler les découvertes pétrolières mondiales pour maintenir le prix exorbitant actuel. Elle est aidée en cela par les banques de Wall Street et les deux grandes sociétés d’échanges pétroliers : NYMEX et ICE et ICE Future de Atlanta-Londres. 

 

Alors pourquoi augmenter encore le prix ?

Il est de plus en plus évident que la récente bulle spéculative pétrolière, devenue asymptotique depuis janvier, est sur le point d’éclater.

À la fin du mois dernier, à Dallas au Texas, l'American Association of Petroleum Geologists a tenu sa conférence annuelle en présence de tous les principaux cadres et géologues. Selon un participant, les bien informés directeurs généraux de l’industrie pétrolière sont arrivés à un consensus sur le fait que « le prix du pétrole chutera bientôt de façon spectaculaire et que l’augmentation à long terme concernera le prix du gaz naturel. »

Juste quelques jours avant, Lehman Brothers, une banque d'investissement de Wall Street a dit que la bulle du prix pétrolier touche à sa fin. Michael Waldron, le chef stratège pétrolier de la banque, a été cité, le 24 avril dans le Daily Telegraph de Grande-Bretagne, disant : « L’offre pétrolière dépasse la croissance de la demande. Des inventaires sont faits depuis le début de l'année. »

Aux États-Unis, les stocks de pétrole ont augmenté de près de 12 millions de barils en avril.  Selon le rapport mensuel de l'inventaire du 7 mai de l’EIA, ils sont en hausse de près de 33 millions de barils depuis janvier. Au même moment, le rapport du 7 mai de MasterCard montre que la demande en essence a diminué de 5,8%. Et les raffineurs sont en train de réduire considérablement leur cadence de raffinage pour s'adapter à la baisse de la demande. Ils tournent actuellement à 85% de leur capacité, par rapport aux 89% d’il y a un an, dans une saison où la production est normalement de 95%. Les raffineurs sont manifestement aujourd'hui en train d’essayer de tirer vers le bas l’offre des ressources en essence pour augmenter son prix. « C’est l’économie, idiot, » pour paraphraser l'infâme raillerie de Bill Clinton à papa Bush lors des élections de 1992. Ça s'appelle la récession économique.

Le rapport du 8 mai de Oil Movements, une société britannique, qui suit les expéditions pétrolières dans monde entier, montre que le transit pétrolier en haute mer est aussi très important. Presque toutes les sortes d'expéditions marchent plus fort qu’il y a un an. Le rapport note que, « En Occident, une grande part des stocks pétroliers faits cette année sont arrivés de l’étranger en catimini. » Certains initiés disent que les activités et les stocks des quatre grands de l’industrie pétrolière mondiale, l'état réel des tankers, du stockage et des chargements, est l’industrie la plus secrète du monde, sans compter peut-être celle du commerce des stupéfiants.  

 

Goldman Sachs de nouveau au milieu

Aujourd'hui, le prix du pétrole, contrairement à il y a vingt ans, est déterminé à huis clos dans les chambres de commerce d’institutions financières géantes comme Goldman Sachs, Morgan Stanley, JP Morgan Chase, Citigroup, Deutsche Bank ou UBS. Dans ce jeu, l'échangeur clef est le London ICE Futures Exchange (autrefois International Petroleum Exchange). ICE Futures est une filiale possédée intégralement par Atlanta Georgia International Commodities Exchange. ICE d’Atlanta a été fondée en partie par Goldman Sachs, qui dirige aussi l’indice des prix des matières premières les plus utilisées dans le monde, le GSCI, qui est surpondéré au prix du pétrole.

Comme je l'ai indiqué dans mon précédent article, (Peut-être que 60% du prix du pétrole d’aujourd’hui est une pure spéculation), l'ICE a récemment fait l’objet d'une enquête du Congrès. Elle a été citée la fois dans le rapport du personnel du Sous-Comité permanent sur les enquêtes du Sénat du 27 juin 2006, et dans l’audition du Comité sur l'Énergie & le Commerce de la Chambre en décembre 2007, qui ont examiné la négociation à terme non réglementée en matière d'énergie. Les deux études ont conclu que la montée du prix de l'énergie à 128 dollars, et peut-être au-delà, est pilotée par la valeur en milliards de dollars des contrats à terme sur le pétrole et le gaz naturel placés sur les ICE. Grâce à une dérogation opportune sur le règlement, accordée par l'administration Bush en janvier 2006, le négoce de l’énergie étasunienne en ICE Futures n'est plus contrôlé par la Commodities Futures Trading Commission (CFTC), même si les contrats pétroliers étatsuniens en ICE Futures font l’objet d’un commerce dans les filiales d’ICE aux États-Unis. Et à la demande d’Enron, la CFTC a exonéré les transactions pétrolières à terme hors cote en 2000.

Il n'est donc pas surprenant de voir, dans un rapport du 6 mai de Reuters, que Goldman Sachs annonce que le pétrole pourrait en fait être proche d'un autre « super pic » qui fera peut-être monter le prix du baril de pétrole jusqu’à 200 dollars dans les six à 24 prochains mois. Ce titre, « 200 dollars le baril ! » devient le principal reportage sur le pétrole pour les deux prochains jours. Combien de moutons crédules suivront derrière avec l’argent de leurs paris ?

Arjun Murti, le stratège en énergie de Goldman Sachs, a accusé ce qu'il a appelé la demande « foudroyante » (sic) chinoise et moyen-orientale, combinée au fait que le Moyen-Orient serait proche du maximum de sa capacité de production pétrolière, selon ses assertions. Le mythique pic pétrolier aide de nouveau Wall Street. Le degré du matraquage publicitaire, sans fondement, rappelle la nature intéressée du battage de Wall Street en 1999-2000 autour des actions Internet ou Enron.

En 2001, juste avant le crash des dot.com dans le NASDAQ, certaines entreprises de Wall Street poussaient pour vendre au public crédule les actions dont elles se délestaient discrètement. Ou bien elles poussaient les actions douteuses pour les entreprises dont les banques, qui leur étaient affiliées, avaient des intérêts financiers. En bref, comme les enquêtes du Congrès paraîtront plus tard, les sociétés ayant un intérêt dans un résultat financier assuré ont utilisé les médias pour se remplir les poches et pour que leurs entreprises laissent les investisseurs publics dans le pétrin. Il serait intéressant que le Congrès assigne les enregistrements des positions à terme de Goldman Sachs et d’une poignée d'autres grands acteurs sur l'énergie à terme, pour voir s'ils ont ou non investi pour bénéficier d’une nouvelle hausse du pétrole à 200 dollars.  

 

Règles en marge alimentant la frénésie

Un autre turbo, rajouté pour introduire la spéculation dans le prix du pétrole, est la règle dominante en marge qui fait que le pourcentage en cash pour l’acheteur de contrat pétrolier à terme incite à parier sur la hausse du prix du pétrole (ou sur sa chute d'ailleurs). La réglementation actuelle sur le NYMEX permet aux spéculateurs de fournir seulement 6% de la valeur totale de son contrat pétrolier à terme. Cela signifie qu’une prise de risque des hedge funds ou des banques peut acheter du pétrole à terme avec une force de 16 pour 1.

Nous sommes frappés par une série sans fin d'arguments plausibles sur le prix élevé du pétrole : « super risque de terrorisme » ; élévation « foudroyante »  de la demande chinoise et indienne ; troubles dans la région pétrolifère nigérienne ; « explosion » d’oléoduc en Iraq ; possible guerre contre  l'Iran. . . et, au-dessus de tout ça, le matraquage du pic pétrolier. Le spéculateur pétrolier T. Boone Pickens, qui aurait amassé d’immenses profits dans le pétrole à terme, plaide que le monde est opportunément au sommet du pic pétrolier. Il en est de même de Matt Simmons, banquier d'affaires à Houston et ami de Dick Cheney.

Comme le notait le rapport du Sénat en juin 2006, Le rôle de la spéculation dans le marché pétrolier sur la hausse du prix de l’essence, « Il y a quelques managers des hedge funds là-bas qui maîtrisent la connaissance de la manière d’exploiter la théorie du pic pétrolier et le sujet brûlant de l'offre et la demande, et en prédisant audacieusement la progression choquante des prix à venir, ils ne font qu’ajouter davantage de carburant au feu de la spéculation dans une sorte de prophétie qui se réalise. »

Le Congrès démocrate agira-t-il pour changer la minutieuse opacité du marché pétrolier à terme dans une année électorale, et risquer de faire éclater la bulle ? Le 12 mai le comité de la Chambre sur l’énergie et le commerce a déclaré qu'il se penchera sur cette question en juin. Le monde aura les yeux braqués.

 


Article original en anglais, More on the real reason behind high oil prices, publié le 21 mai 2008. 

Traduction libre de Pétrus Lombard pour Alter Info. Révisée par Mondialisation.ca.

F. William Engdahl est associé de Mondialisation.ca/Global Research. Il est l'auteur de Pétrole, une guerre d’un siècle : L’ordre mondial anglo-américain, et de Seeds of Destruction: The Hidden Agenda of Genetic Manipulation.

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