Les américains continuent leur marketing de guerre contre l'Iran ...

Publié le par benedicte

Les américains continuent leur marketing de guerre contre l'Iran ...


Or en aucune manière, l'Iran ne représente une quelconque menace pour qui que ce soit.

Je rappelle pour ceux qui auraient la mémoire courte, que la guerre en Irak a été faite en prétextant la détention par ce pays d'armes de destruction massive, qui n'avaient jamais existées, qu'il ne s'agissait pas d'une erreur, mais d'une manipulation cynique des opinions occidentales, pour assouvir les bas et veules intérêts d'une poignée de malades. Depuis les irakiens vivent en enfer, et c'est tous les jours qu'il y a des morts ( voir La terreur d'une enfant ... réflexions en désordre sur la guerre... ).


Je rappelle également la pétition Appel aux Européens : Empêcher la guerre contre l’Iran


Ci-dessous 2 articles concernant les manoeuvres des Etats-Unis, auxquels le Royaume-Uni s'empresse d'emboîter le pas comme d'habitude.




La guerre contre l’Iran peut être plus proche que ce qu’on pense
Mondialisation.ca, par Lucio Manisco - le 14 mai 2008
Le blog de Lucio Manisco

Silence assourdissant dans notre pays (Italie) sur les perspectives d’une grande guerre moyen-orientale amorcée par une attaque balistique et aérienne étasunienne et israélienne contre une présumée base iranienne d’entraînement des terroristes qui tuent les soldats américains en Irak. Silence du gouvernement Berlusconi, silence de la majorité et de la minorité parlementaire, silence des politologues et experts militaires, silence des mas medias. On en parle et on en écrit aux Etats-Unis et en Europe, pas en Italie. La dernière, et la plus alarmante, annonce d’une apocalypse éminente a été donnée par le périodique de droite The American Conservative : sous le titre « La guerre avec l’Iran peut être plus proche qu’on ne l’imagine » Philip Giraldi, ex fonctionnaire de la CIA, se réfère à une réunion du Conseil de la Sécurité Nationale qui a approuvé les plans d’attaque par missiles Cruise contre une base Al Qods (la Garde Révolutionnaire Iranienne) où seraient entraînés les militants irakiens engagés dans la guérilla contre les troupes d’occupation. Le Secrétaire d’Etat Condoleeza Rice, le Secrétaire au Trésor Henry Paulson, le Conseiller pour la Sécurité Nationale Stephen Hadley, le Président Georges Bush et le Vice Président Dick Cheney ont approuvé le plan opérationnel, tandis que le Secrétaire à la Défense Robert Gates s’est exprimé en faveur d’un renvoi de l’opération. Deux jours avant, le 7 mai, la Maison Blanche, par l’intermédiaire des dirigeants de la région kurde en Irak, avait envoyé une communication officielle au gouvernement iranien, demandant à ce dernier d’admettre ses interférences dans le pays voisin et l’engagement formel d’interrompre son appui aux différents groupes de militants qui se battent contre les troupes d’occupation. Réponse immédiate de Téhéran : aucune discussion n’est possible tant que les Etats-Unis ne suspendront pas les infiltrations d’agents et le soutien qu’ils fournissent aux dissidents iraniens. D’où la décision de l’Administration Bush d’envoyer un signal « non équivoque », c’est-à-dire balistique, à la direction iranienne. On peut présumer – conclut la note informative de The American Conservative- qu’il s’agira d’une attaque de précision ciblée contre les dispositifs al-Qods d’une base aux environs de Téhéran, qui évitera des pertes chez les civils : il reviendra au Président de donner l’ordre de mission dès que les préparatifs seront au point.

Le 10 mai, la Maison Blanche a admis officieusement qu’une réunion du Conseil de la Sécurité Nationale avait eu lieu et qu’elle avait eu pour thème la visite du Président à Jérusalem cette semaine, pour participer aux célébrations du 60ème anniversaire de l’Etat d’Israël, ainsi que pour relancer les négociations de paix, argument repris ensuite par Georges Bush le 12 mai.

Non moins alarmants sont les développements de ces dernières semaines : un second porte-avions avec chasseurs bombardiers et navires d’appui a rejoint l’imposant déploiement aéronaval étasunien dans le Golfe Persique ; on voit croître de jour en jour le barrage de dénonciations contre le gouvernement de Téhéran, de la part du Département d’Etat, pour de présumées interférences militaires en Irak, alors que se montent désormais à 5 les interceptions d’unités légères iraniennes dans les eaux territoriales par des unités de la marine Usa ; de vastes champs de mines ont été installés aux frontières ; et malgré les démentis de l’Agence Internationale pour l’Energie Atomique (AIEA) et de seize services de contrespionnage étasuniens, le Vice-Président Cheney et le Secrétaire d’Etat Rice ont continué, de concert avec le gouvernement israélien, à dénoncer la potentielle menace nucléaire de Téhéran ; la tentative manquée au Liban de neutraliser le Hezbollah, prélude probable d’une seconde offensive israélienne, peut avoir induit Washington à accélérer le calendrier de l’offensive contre l’Iran.

Gary Leupp, professeur d’histoire à la Tufts University, orientaliste et expert de questions moyen-orientales, a tracé, à partir des révélations publiées par The American Conservative, les profils des conséquences catastrophiques de l’attaque étasunienne prévue : d’une réaction militaire iranienne spasmodique et généralisée, à l’engagement dans la guerre de la Syrie et du Liban ; des insurrections armées chiites au renversement des régimes pro-occidentaux jusqu’à de nouvelles alliances, impensables aujourd’hui, comme celle de Téhéran et des Talibans sunnites. Gary Leupp est on ne peut plus pessimiste sur l’éventuelle opposition de l’opinion publique étasunienne qui serait prise dans une grande flambée patriotique de soutien à « nos boys au front » ; quant aux deux candidats démocrates à la présidence, tant Hillary Clinton que Barak Obama ont déjà assuré que, contre l’Iran, « toute option est valable » ; sans parler du républicain McCain, qui a même été décrit par un de ses partisans comme « un Bush aux stéroïdes ». Une grande guerre moyen-orientale rendrait certaine sa déjà probable victoire en novembre ; elle aiderait les Etats-Unis à dépasser leur plus grave crise économique depuis celle des années Trente ; et dans le projet insensé des neocons, l’interruption des flux énergétiques moyen-orientaux vers la Chine, l’Inde et l’Europe, ainsi qu’une utilisation possible d’armes nucléaires tactiques contre l’Iran, renforcerait l’hégémonie politique militaire du grand empire d’occident sur le monde entier.

Et l’Italie ? « L’Italie fera sa part » comme l’a anticipé l’ex ministre de la Défense et ultra pro-américain Martino, avec sa proposition de changer les règles d’engagement au Liban, et d’employer directement nos valeureuses troupes sur les champs de bataille afghans. Tous les autres, opposition et gouvernement, journaux et télé journaux préfèrent ignorer le drame imminent qui va s’abattre sur l’humanité. C’est ainsi que nous ne savons pas si nous avons augmenté –comme tous les autres pays européens- nos réserves stratégiques de pétrole, si le Ministère de la Défense a déjà préparé de plans d’évacuation pour nos soldats dépourvus de tous moyens militaires propres à combattre dans une guerre ouverte, en Afghanistan et au Liban, et de ces centaines de Carabiniers et forces spéciales employées à l’entraînement de l’armée et de la police en Irak.

Le gouvernement du bel paese et l’opposition de sa majesté préfèrent s’occuper de la nécessité urgente de bâillonner Travaglio1, de réduire à néant Anno Zero2 et d’actualiser les diktats contre les femmes de Joseph Ratzinger3.

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Article original: http://www.luciomanisco.com/index.htm, 13 mai 2008.

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio.
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Notes

1
Marco Travaglio, journaliste politique (justice), essayiste, auteur de L’odore dei soldi, sur les origines de la fortune de S. Berlusconi, (qui lui a valu plusieurs procès de la part de SB) est de nouveau la cible d’attaques : citant le livre I complici (Abbate et Gomez) il a évoqué samedi dernier dans une émission télé à grande écoute, les « fréquentations embarrassantes » et « amitiés mafieuses » du 3ème personnage de l’Etat italien, le nouveau président du Sénat Renato Shifani. Toute la classe politique italienne, « comme d’habitude quand il s’agit de défendre la Caste, les divers représentants des partis de droite et de gauche forment le carré et parlent d’une seule voix ». y compris celui que l’auteur appelle « sa majesté » (le président du nouveau Partito dei Democrati, qui a formé un gouvernement « ombre » après sa défaite aux dernières élections). Avec le changement de gouvernement, c’est aussi le contrôle de la Rai, et pour les politiciens, ses postes de direction, qui sont en jeu pour toute la classe politicienne italienne. (Toutes les notes sont de la traductrice)

2 Emission politique de la chaîne RAI Due, qui a donné plusieurs fois à Travaglio un droit de réplique.

3 Le 22 mai sera le 30ème anniversaire de la loi 194, autorisant l’interruption volontaire de grossesse en Italie. Le pape Benoît XVI est déjà parti à l’assaut de cette loi en recevant avant-hier 800 représentants du Movimento per la vita, qui demande l’abrogation de cette loi. Une manifestation à l’appel de nombreuses associations laïques, féministes, gays et centres sociaux, est organisée sous le nom de « Pride laico » en défense de la loi 194, à l’occasion de la visite du pape à Gênes, samedi 17 mai, voir dirittinrete.org.
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Lucio Manisco est journaliste ; il a été le correspondant de la Rai, et de titres de la presse écrite, pendant plusieurs dizaines d’années aux Etats-Unis ; ex-fondateur du quotidien Liberazione (organe du Prc), et ancien député européen




Les méthodes du cabinet Brown ne diffèrent guère de celles du cabinet Blair : tous les mensonges restent permis pour « vendre » une guerre. Qu’on en juge :

Le 2 mai 2008, ce que l’on continue à appeler le « Groupe des Six » (Allemagne, Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni, Russie + l’Union européenne, ce qui fait sept) se réunissait à Londres, sous la présidence du ministre britannique des Affaires étrangères, David Miliband. À l’issue de la rencontre, selon la coutume, M. Milliband a été chargé par ses homologues de publier un communiqué à la presse. Ce qui a été fait sur le site internet de son ministère.

D’après M. Miliband cette réunion avait pour objet de « discuter des prochaines étapes de notre approche sur le grave problème que nous voyons à propos du programme nucléaire iranien ». Les participants seraient tombé d’accord en premier lieu pour affirmer que « nous sommes unis dans notre croyance que la menace posée par le programme d ’enrichissement [de l’uranium] à la stabilité [internationale] est très sérieuse ».

Or, on sait que tel n’est pas du tout la position russe. Valentin Slobodev, secrétaire intérimaire du Conseil russe de sécurité l’avait explicitée lors d’une conférence de presse le week-end dernier à Téhéran :
« La position de la Russie se résume à ceci :
1- L’Iran a le droit de posséder le cycle de combustible nucléaire, sous toute forme. Sauf une chose : l’Iran doit respecter le Traité de non-prolifération de l’arme nucléaire, autrement dit ne pas en profiter pour créer l’arme nucléaire.
2- Nous estimons que l’Iran ne mène actuellement aucune étude militaire nucléaire mais nous sommes sûrs que ce point de vue doit être partagé non seulement par la Russie mais aussi par tous les pays qui prennent part au règlement de cette question ».

À Londres, le ministre russe des Affaires étrangères, Serguei Lavrov, s’est donc efforcé d’expliquer à ses homologues que la Russie participant au programme nucléaire iranien n est certaine qu’il est purement civil ; mais qu’il comprend fort bien que les autres grandes puissances, qui ne disposent pas du même accès, exigent des garanties, comme la Russie le ferait à leur place.

Aussi, lorsque, de retour à Moscou, M. Lavrov a lu le communiqué de M. Miliband, son sang n’a fait qu’un tour. Il a convoqué une conférence de presse pour bien préciser qu’il n’y a pas de « menace », ni de « grave problème » iranien.
Exaspéré, il a poursuivi : « Certains de nos collègues ayant participé aux négociations de Londres ont essayé aujourd’hui, contre toute attente de ma part, au cours des réunions tenues dans le contexte du futur examen du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP), de faire croire qu’à Londres on se serait entendu sur un certain durcissement d’attitude envers l’Iran. Nous leur avons déjà signalé que c’était une altération de ce qui s’est réellement produit à Londres (…) Nous avons été surpris par le communiqué du secrétaire [britannique] aux Affaires étrangères David Milliband posté sur le site officiel du ministère et fait au nom des six nations qui ont participé à la réunion de Londres du 2 mai (…) Ce comportement de la part de ceux avec qui nous avons convenu d’élaborer un paquet de stimulants positifs est proprement incorrect ».

Un communiqué vengeur a été publié sur le site du ministère russe.

Publié dans Politique Monde

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