Le Bhoutan et le BNB Bonheur National Brut

Publié le par benedicte

Le Bhoutan et le BNB Bonheur National Brut


Il ne s’agit pas de prétendre que ce petit pays niché dans l’Himalaya est parfait, toutefois l’idée même de mesurer le développement, l’évolution du pays en terme de bonheur, c’est à dire de bien-être, en terme qualitatif, et non en terme monétaire, d’argent, en terme quantitatif … va dans le bon sens, car c’est une autre vision de la société, de la vie et du monde.


C'est Sa Majesté Jigme Singye Wangchuck, quand il monta sur le trône du Bouthan en 1972 qui est à l'origine du terme de Bonheur National Brut (BNB)

Les quatre piliers du BNB sont :

  • la promotion d'un développement équitable et durable au niveau socio-economique,
  • la préservation et la promotion des valeurs culturelles bouthanaises,
  • la protection de l'environement,
  • la mise en place d'une bonne gouvernance.

Je trouve émoustillant d'apprendre que le dirigeant d'un pays sur cette planète ait pu avoir une idée pareille ... quelque part ça réconforte !


L'argent ne fait pas tout, la preuve est que ceux qui en ont le plus, loin d'être satisfaits, sont rongés par une avidité, cupidité et méchanceté sans borne, ne cessant de vouloir davantage, alors même qu'ils ne savent quoi faire de ce qu'ils ont !

S'il est évident qu'on ne peut être heureux lorsque l'on est dans une situation de survie engendrée par la misère, l'argent ne fait pas le bonheur car le bonheur ne peut être acheté. Pourquoi cela semble-t'il si difficile à comprendre dans notre société, alors bien même que nous pouvons constater tous les jours que nous ne sommes pas heureux ? Que notre société est d'une tristesse mortifère que son agitation désordonnée bruyante et criarde rend encore plus pathétique ? Chacun essayant de se rassurer quand à son propre maheur en regardant plus malheureux que lui, d'où le voyeurisme croissant qui affecte les médias, qu'il s'agisse d'image de guerre ou de famine venue d'ailleurs, des morts et accidents bien de chez nous, jusqu'à  cette mise en scène de la vie privée ordinaire et sans intérêt, de mr et mme tout le monde dans ces émissions dits de télé-réalités qui envahissent les chaînes.

Mais le bonheur ? Pensez donc, quelque chose qui échappe totalement au libéralo-capitalisme, qui ne peut être ni acheté, ni vendu, quelque chose qui ne dépend pas de l'argent ou du pouvoir que vous possédez, que tout l'argent du monde ne peut vous procurer et qu'un pauvre pourrait avoir ... inadmissible !

C'est l'idée même du bonheur que les pervers et psychopathes en tous genre éprouvent le désir de détruire, parce qu'ils sont incapables d'en éprouver ... le bonheur ou la joie des autres les assombrit, en revanche ils jubilent de leurs malheurs. Faire adopter un enfant mort par des enfants vivantsest symptômatique du fonctionnement d'un esprit pervers, même la joie, la vitalité, l'insouciance des enfants doit disparaître, elles sont un affront ... et seuls d'autres esprit pervers pouvaient se féliciter de cette idée. Je sais qu'il est difficile pour certains d'envisager l'existence chez une personne d'autant de noirceur délibérée et pourtant ... mais nous y reviendrons.


En attendant refusons l'idéologie du malheur qui est nous est en permanence serinée, décryptons en le discours malsain pour sortir de son dédale et retrouver le chemin du bonheur ... et merci au Bhoutan !

Pour ceux qui considérerait qu’il s’agit d’une dictature, d’un pays fermé, etc… il faut arrêter de nous croire en démocratie, assimiler capitalisme/consumérisme et démocratie relève d’une redoutable confusion des genres. Croire que nous avons la liberté d’expression l’est tout autant.

Que le Bhoutan s’ouvre tout en tentant de se protéger de notre prédation destructrice et perverse, je ne peux le condamner. Nous verrons ce qu’il en adviendra, s’ils arriveront à ne pas se faire contaminer par le mal qui nous ronge et à développer une société heureuse et vivante.

C’est à suivre, comme est à suivre ce qui se passe en Amérique latine, au Libéria et probablement d’autres endroits dont nous n’avons pas forcément connaissance, car toute initiative pouvant être porteuse d’un « autrement » est passée sous silence ou violemment attaquée pour la discréditer … il ne faudrait pas que nous prenions conscience qu’autre chose est possible et nous mettions en tête de vouloir faire autrement nous aussi !


Donc ci-dessous, après des sites permettant de faire connaissance avec le Bhoutan et les bhoutanais,  deux articles sur la philosophie du BNB, un sur la préparation des premières élections législatives et le dernier sur les conséquences de l’introduction de la télévision.




Pour en savoir plus sur le Bhoutan deux sites :

Les amis du Bouthan  de Françoise Pommaret
des informations et des photos :

A lire en particulier : 

. Le Bhoutan par Françoise Pommaret :
   . Géographie et populations   
   . Mode de vie (reproduit ci-dessous)
   . Le Bhoutan aujourd'hui
. Nouvelles du Bhoutan

. Galerie de photos de Françoise Pommaret


Mode de vie


L'économie du Bhoutan, si elle était fondée sur l'agriculture et l'élevage, était aussi très dépendante du commerce de proche en proche qui fonctionnait par le troc. Depuis les années 70, les échanges sont devenus de plus en plus monétarisés mais le troc se pratique encore dans des endroits reculés. Toutefois, il faut noter qu'il n'existait traditionnellement pas de classe commerçante; c'était certains paysans et les éleveurs eux-mêmes qui pratiquaient le commerce aux saisons qui le leur permettaient, c'est-à-dire en hiver avec l'Inde et au printemps et à l'automne, après la moisson avec le Tibet. Le système social de la vie en famille élargie permettait aussi l'absence d'un homme hors de la maison pendant plusieurs semaines.

En effet, à la campagne, on vit en famille élargie tandis que dans les villes, la tendance est à la famille nucléaire. Le Bhoutan est un pays au système matrimonial et familial très tolérant. Le mariage peut prendre des formes diverses: monogamie, polygamie (avec des soeurs), polyandrie (avec des frères) dans le nord et à Merak et Sakteng. Le mariage n'est pas un sacrement et le divorce a toujours existé, probablement rendu plus aisé par le fait qu'il n'y a pas de système de dot, que les femmes héritent au même titre que les hommes et gardent leurs biens et leur nom après le mariage. D'autre part, un garçon ou une fille étaient aussi bien accueillis à la naissance, et souvent on préfère les filles car elles ont la réputation de mieux s'occuper de leurs parents quand ils sont vieux. L'indépendance et la force de caractère des femmes bhoutanaises sont certainement une des caractéristiques les plus intéressantes de cette société.

S'il y avait plusieurs fils, l'un d'eux partait au monastère autant par dévotion religieuse des parents que pour satisfaire la taxe monastique, aujourd'hui abolie. En outre, jusque dans les années 60, le monastère était le seul endroit où un enfant pouvait recevoir une éducation. Toutefois, le système était souple et si à l'âge adulte, un homme s'apercevait que la vie monastique ne lui convenait pas, il pouvait rendre ses voeux et sortir du monastère pour reprendre une vie laïque sans que la société ne réprouve son geste.

Tous les paysans du Bhoutan, sauf dans le nord, possèdent quelques poules, souvent des cochons noirs dont la chair est très appréciée - dans le sud des chèvres-, et un lopin de terre consacré à la culture de quelques légumes et en particulier des piments, qui est un légume à part entière et rend la cuisine bhoutanaise très relevée. L'utilisation du riz comme aliment de base se généralise à travers tout le pays et un Bhoutanais peut en manger jusqu'à 1kg par jour! Le riz est accompagné de ragoûts de légumes et de viandes, fraîches ou séchées, cuisinés avec une sauce très épicée. Le plat national est l'emadatsi, une sauce à base de fromage fondu dans laquelle ont cuit des piments. Les Bhoutanais sont traditionnellement peu friands de sucreries et les fruits sont mangés hors des repas. Le repas se clôt souvent par la mastication du doma, une chique de bétel, de chaux et de noix d'arec qui a des propriétés digestives et euphorisantes.

On boit généralement entre les repas ou avant le repas mais peu pendant le repas. Les boissons sont le thé salé avec plus ou moins de beurre selon les régions, le thé au lait sucré à l'indienne, et récemment parmi les classes aisées, le thé chinois, noir ou au jasmin. La consommation d'alcool est traditionnellement très importante aussi bien chez les hommes que chez les femmes. Il s'agit soit d'une sorte de bière faite à partir de céréales (orge, blé, millet, maïs) fermentées quelques jours ou d'ara, un alcool de céréales distillé.

Les Bhoutanais sont des bons vivants qui ont un sens de l'humour aiguisé et paillard. Le tir à l'arc est à la fois le sport, le passe-temps et l'activité sociale par excellence des hommes et les joutes s'accompagnent de nombreuses libations. Toutefois, si les femmes ne tirent pas à l'arc, elles participent aux compétitions entre villages ou équipes en dansant et chantant pour encourager leur équipe. Et elles ne se privent pas de se moquer des hommes de l'équipe adverse en les attaquant verbalement de façon crue et acérée afin de les déstabiliser.  

Les grandes fêtes religieuses sont l'occasion  pour toute une région de se retrouver et de renouveler sa foi en regardant les danses sacrées qui sont symboliques mais aussi didactiques. Les clowns font rire la foule par leurs pitreries souvent obscènes. Sacré et obscène coexistent toujours au Bhoutan. Ces fêtes sont aussi une occasion sociale où les villageois revêtent leurs plus beaux atours et bijoux, où les gens échangent des nouvelles et où les jeunes se rencontrent et flirtent sous le regard compréhensif des parents.

Une fête annuelle a aussi lieu dans chaque maison, en général l'hiver quand il n'y a pas de gros travaux agricoles, et elle rassemble famille et amis proches. Elle consiste en un rituel qui s'accompagne de lecture de textes. Exécuté par des religieux, il apporte des bénédictions et une protection pour la famille, les champs et le bétail. Chaque maison possède une pièce qui est une chapelle et qui sert aussi de lieu de réception pour les invités que l'on veut honorer.

Travaux des champs et rituels divers ont scandé la vie des Bhoutanais pendant des siècles. Depuis 30 ans des transformations socio-économiques importantes ont quelque peu bouleversé cette façon de vivre séculaire.



 

Le site de Sonia JM qui y a travaillé et vécu durant 4 ans
LONG SÉJOURS, VOYAGES ET ESCAPADES


BOUTHAN

Je suis arrivée au Bouthan en novembre 2000 pour y travailler pendant 1 an. Je n'avais qu'une idée imprécise de ce à quoi m'attendre. Quand j'en suis repartie 4 ans plus tard, je quittais un pays aux attaches profondes. Pendant des mois ce petit royaume himalayen et ses habitants m'ont terriblement manqué comme jamais rien ni personne ne m'avait manqué auparavant. J'y suis retournée plus tard, Thimphu avait beaucoup changé mais c'était comme si je n'en étais jamais partie.




LES ARTICLES



LA POURSUITE DU BONHEUR DANS UN MONDE COMPLEXE

Le Bhoutan se donne pour objectif le bonheur national.


Qu’est ce que le bonheur ? Aux Etats-Unis et dans la plupart des pays industrialisés bonheur rime souvent avec argent. Les économistes pensent qu’il est possible d’évaluer le progrès et le bien-être social à l’aide d’indicateurs chiffrés; l’indicateur habituellement utilisé est le produit national brut (PNB).

Mais le petit royaume himalayen du Bhoutan, s’interrogeant sur les problèmes qui affectent les pays riches qui ne se soucient que de croissance économique, essaya une autre formule. En 1972, son nouveau  roi, Jigme Singye Wangchuck, décide d’une nouvelle priorité, celle du bonheur national brut (BNB).

Le roi déclara que Le Bouthan devait pourvoir à la prospérité de chacun tout en maintenant une gestion intelligente respectueuse des traditions et de l’environnement . Aujourd’hui âgé de 49 ans, le roi appliqua une politique en vue d’atteindre ces objectifs.

Depuis, l’exemple du Bhoutan nourrit de plus amples réflexions autour de la notion de bien être national.

Un nombre croissant d’économistes, de sociologues et d’administrateurs essaient de mettre au point des systèmes pour mesurer non seulement la circulation monétaire mais également l’accès aux soins, le temps consacré à la famille, la conservation des ressources naturelles et autres facteurs non économiques.

Le but est de revenir en partie à une définition élargie du mot « bonheur », plus conforme à celle que les signataires de la Déclaration d’indépendance avaient à l’esprit quand ils considérèrent que la « recherche du bonheur » était pour les américains un droit inaliénable au même titre que la liberté et le droit à la vie.

« La théorie du bonheur, telle qu’elle est pensée aux siècles des Lumières, était synonyme d’intérêt ou de bien-être publics, de satisfaction du peuple » dit John Ralston Saul, penseur politique canadien. Et, ajouta t’il, cela ne pourrait n’être rien de plus « que l’idée du 20iéme siècle selon laquelle vous devriez sourire parce que vous êtes à Disneyland

Mr Saul était l’une des 400 personnes venus de plus d’une dizaine de pays qui se sont récemment réunis pour réfléchir à de nouveaux systèmes pour définir et mesurer la prospérité.

Le congrès qui s’est tenu à l’université Saint Francis Xavier dans le nord de Nova Scotia (Canada) mélangea chaleur des idéaux et froideur des chiffres économiques. Parmi les participants figuraient une trentaine de représentants du Bhoutan venus présenter leur expérience nationale dans la construction d’une société satisfaite et heureuse.

Alors que le revenu d’une famille reste au Bhoutan l’un des plus bas du monde, l’espérance de vie a augmenté, entre 1984 et 1998, de 19 ans, atteignant aujourd’hui 66 ans. Le pays qui s’apprête à changer de constitution et à élire son gouvernement, exige qu’au moins 60% de son territoire reste boisé, accueille un nombre limité de touristes riches et exporte de l’énergie hydraulique en Inde.

« Nous devons réfléchir au bien être humain en termes plus larges » dit Lyonpo Jigmi Thinley, ministre de l’Intérieur du Bhoutan et ancien premier ministre. « le bien être matériel n’est qu’un composant du bonheur. Il ne vous assure pas d’être en harmonie avec votre environnement et d’être en paix avec les autres

Ce concept provient de la doctrine boudhiste. Il y a 10 ans, il aurait été rejeté par la plupart des économistes et des experts internationaux comme relevant d’un idéalisme naïf.

Lorsqu’un pays ou une famille commencent à sortir de la pauvreté,  richesse et bien-être vont de pair. Mais différentes études indiquent qu’au-delà d’un revenu  par tête de 10000 ou 20000 dollars, le bonheur ne suit plus.

Des études ont montré que certains pays étaient plus heureux qu’ils ne devaient l’être. Dans l’enquête « Valeurs du monde » (« World Values Survey »), un projet en cours depuis 1995, Ronald Inglehart, sociologue à l’université de Michigan, a constaté que les habitants des pays d’Amérique Latine, par exemple, jouissaient d’un bonheur personnel bien plus grand que celui suggéré par le statut économique de ces pays.

Mais on a pressé les chercheurs de mettre au point des systèmes de mesure capables d’intégrer ce concept  élargi du bonheur.

En mars, la Grande Bretagne a annoncé qu’elle allait appliquer un « indicateur de bien-être » qui prendrait en compte non seulement le revenu mais aussi la santé mentale, la civilité, l’accès aux jardins publics et le taux de criminalité.

En juin, les officiels britanniques publièrent un premier compte-rendu allant dans ce sens sous la forme d’un récapitulatif « d’indicateurs de développement durable » rassemblant des critères sociaux et environnementaux  tels que criminalité, circulation (des biens et des personnes, relations entre les gens ?), degré de pollution et niveau de recyclage.

« Ce que nous faisons dans tel domaine de notre vie peut avoir un impact sur beaucoup d’autres, ainsi réflexions et actions conjointes entre gouvernement  central  et local sont cruciales » a déclaré Elliot Morley, ministre de l’environnement britannique.

Quelques experts qui assistaient à la conférence qui dura une semaine se sont demandé si un bien être national pouvait être vraiment défini. Le simple fait d’essayer de quantifier le bonheur pourrait le menacer dit Frank Bracho,  économiste vénézuélien et ancien ambassadeur en Inde, qui ajoute : « Ce qui est le plus important dans la vie, comme l’amour, ne peut pas être mesuré. »

Les représentants du Bhoutan présents au congrès ont décrit diverses initiatives cherchant  à créer les conditions les plus favorables pour améliorer la qualité de vie de la manière la plus équitable.

L’effort du Bhoutan vise en partie, à éviter que la notion de richesse ne prévale sur celle de la qualité de la vie.

« Le but de la vie ne devrait  pas être limité à la production et à la consommation, plus de production pour plus de consommation » a déclaré Thakur S Powdyel, officiel du ministère de l’Education du Bhoutan, « il n’existe pas de corrélation absolue entre richesse et bonheur. »

NEW YORK TIMES, samedi 8 octobre 2005, Sélection hebdomadaire du journal « »

Traduction Danièle Moreau



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Enjeux
B
ERNARD LEBLEU, "Le bonheur (national brut) des nations", L'Agora, vol 10 no 2, automne 2003

Le Bhoutan ou le bonheur national brut

«S'il ne s'agissait du Bhoutan, le concept de "Bonheur national brut" serait probablement mort et enterré. Le Bhoutan, petit royaume himalayen (superficie : 47 000 km2, population : 2 200 000 h. majoritairement bouddhistes, pouvoir d'achat ajusté: $1300 US per capita), est le seul pays du monde à avoir adopté cet indicateur comme mesure officielle du bien-être de sa population.

L'approche adoptée il y a plusieurs années par le roi Jigme Singye Wangchuck, préconise une mesure holistique du développement humain. Elle repose sur quatre principes fondamentaux auxquels le gouvernement attache une importance égale :
– croissance et développement économiques ;
– conservation et promotion de la culture ;
– sauvegarde de l'environnement et utilisation durable des ressources naturelles, et ;
– bonne gouvernance responsable.


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GAELLE MANN

25/03/2008 Bouthan: pour s'initier à la démocratie! 

Le Bhoutan votait lundi 28 mai 2007 pour le deuxième tour d'élections législatives factices, galop d'essai avant un vrai scrutin l'an prochain, afin de transformer cette monarchie en une démocratie parlementaire.

Cette consultation, dont le premier tour s'est tenu le 21 avril 2007, est censée éduquer les sujets du petit royaume himalayen coincé entre l'Inde et la Chine à la démocratie électorale avant ce qui sera le premier vrai scrutin de l'histoire de la "Terre du Dragon tonnerre", en 2008. Les deux faux partis en lice, arrivés en tête au premier tour, sont associés à une couleur : rouge et jaune. Le jaune promet "la préservation de la culture et de la tradition du Bhoutan", le rouge est favorable "au développement de l'industrie".

Ces élections ont été voulues par l'ancien roi Jigme Singye Wangchuck, qui a abdiqué en décembre dernier en faveur de son fils Jigme Khesar Namgyel, âgé de 26 ans.

Dans la capitale Thimphou, des responsables espèrent que la participation sera supérieure aux 30 % des quatre cent mille électeurs qui s'étaient déplacés le mois dernier.

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La télé jusqu’au Bhoutan
Mode de vie. L’arrivée de la lucarne dans le royaume en 1999 a bouleversé les habitudes.
Envoyé spécial à Thimphu Pierre Prakash
- 31 mars 2008

Quel impact l’arrivée de la télévision peut-elle avoir sur une société traditionnelle, totalement repliée sur elle-même ? Perdu dans l’Himalaya, le Bhoutan est, en la matière, un cas d’école. Après des siècles d’isolement, ce petit royaume bouddhiste est en effet le dernier pays au monde à s’être ouvert aux joies du petit écran, en 1999. Du jour au lendemain, les habitants du «pays du Dragon tonnerre» ont ainsi découvert d’un coup les soap operas indiens, la propagande de la chaîne officielle chinoise CCTV, les dessins animés de Cartoon Network, les clips osés de MTV, les documentaires de National Geographic, et même les défilés de lingerie de Fashion TV. Enfin, pas pour longtemps.

Pornographie. Sur les 85 chaînes diffusées au départ, seules 32 ont en effet résisté à la censure, les autres ayant été jugées «non nécessaires» par les autorités. Notamment Fashion TV et MTV, «trop pornographiques», et Ten Sports, dont les matchs de catch avaient poussé de nombreux gamins à se castagner dans les cours d’écoles. Neuf ans plus tard, malgré les efforts des autorités pour «préserver la culture locale face à l’assaut des chaînes étrangères», l’irrésistible influence de la mondialisation par l’audiovisuel se fait néanmoins sentir.

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Publié dans Politique Monde

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ciboulette 06/05/2008 09:39

Ah c'est génial béné que tu nous réactives cette info. Nous en avions longuement parlé sur le forum d'alicia, je crois... A la suite d'une émission qui présentait le Bhoutan et son BNB ! Une harmonisation entre la terre et l'homme est incontournable...

benedicte 08/05/2008 10:31


Je n'avais pas vu l'émission, mais j'avais entendu parler du Bouthan, alors je suis allé chercher des articles et infos sur le net pour le signaler sur le blog, histoire de donner des pistes pour
aller dans une autre direction que celle du désastre annoncé vers lequel nous allons... bises