Conférence de presse de F.Bayrou du 14 avril 2008

Publié le par benedicte


Conférence de presse de F.Bayrou du 14 avril 2008

 

Conférence de presse du 14 avril : "Ce combat n'est pas seulement pour nous, c'est un combat pour le pluralisme en France..."

Déclaration de François Bayrou (seul le prononcé fait foi) :

"Mesdames, Messieurs, Je vous remercie d'avoir accepté cette rencontre. J'ai voulu vous dire quel est, à mes yeux, l'enjeu des semaines qui viennent pour le Mouvement démocrate et de la manoeuvre qui est engagée autour de lui. Depuis quelques jours, nous savons de manière certaine que des mouvements présentés comme internes, la mise en cause de la ligne d'indépendance de notre mouvement, n'avaient en réalité pas grand chose de spontané, qu'ils étaient dirigés et agités de l'extérieur, et pour parler clairement, de l'Elysée. Je veux vous dire ma réaction lorsque j'ai lu ces documents et les échos de presse nombreux qui les précédaient et qui, tous, allaient dans le même sens. Je me suis dit qu'on attendrait du président de la République, dans une telle période de crise financière, économique, sociale, d'éducation, qu'il s'occupe de l'essentiel pour le pays, et qu'il respecte tous ses concitoyens même s'ils ne sont pas d'accord avec lui.( ... ) 

 


 

Conférence de presse de François Bayrou : une motion sera soumise au vote des adhérents


FRANCE DEMOCRATE  Reportage par
FrédéricLN le 14 avril 2008

J’assiste à la conférence de presse de François Bayrou au siège du MoDem ce lundi après-midi. Il réagit aux manoeuvres centristo-élyséennes, notamment celles évoquées récemment dans Le Monde. Voici mes notes de son intervention et de ses réponses aux questions des journalistes.


(…) UMP et PS peuvent se tromper tous les deux.
Un pays moderne ne peut n’avoir le choix qu’entre deux options, ça n’existe d’ailleurs dans aucun pays du monde.
De ce combat pour le pluralisme, d’autres partis profiteront, et ce sera un bien !

Le projet porté par Nicolas Sarkozy se révèle dans son erreur de jugement et dans sa mystification. La France va dans le mur.

Quatre exemples qui exigent que nous présentions une alternative :

  • La politique choisie de finances publiques, qui a laissé croire que l’équilibre se trouverait par la distribution d’argent facile. Politique de légèreté. Cette politique pseudo-keynésienne déboucherai sur un accident budgétaire sans précédent.
  • Les fausses promesses de campagne nous font craindre la crise sociale. On a promis qu’on rendrait aux Français 68 milliards d’euros, l’augmentation du pouvoir d’achat, des droits sociaux supplémentaires… l’adition de ces promesses était intenable ! ON a appliqué la vieille loi qu’on appliquait dans les Hauts-de-Seine : les promesses n’engagent quez ceux qui les reçoivent. Cette crise sociale est le fond de l’humeur de notre pays.
  • Nous sommes en désaccord avec ce que Nicolas Sarkozy a choisi de faire de la fonction présidentielle. Pour nous, le Président de la République est l’homme de la Nation, non d’un parti ou d’un clan, qui préside lui-même le comité qui organise la majorité ! Le pays a besoin d’un Président au-dessus des contingences des partis.
  • Faire rentrer la France dans la structure intégrée de l’OTAN. Différents, nous étions la quille du bateau, les garants de l’indépendance de l’Europe. Les alliés les plus intimes des États-Unis n’avaient aucune capacité d’influer dans les moment cruciaux… la volonté d’exister ne se sollicite pas !


Il est d’importance nationale que les Français, quand ils constateront l’échec de la majorité, ne soient pas contraints de se tourner vers le Parti socialiste tel qu’il est aujourd’hui. Qu’une alternative démocratique soit construite et présentée aux Français.

Ce projet ne pourra être porté et défendu que par un parti politique assuré de lui-même, où les élus sont en phase avec les adhérents et les militants.

C’est pourquoi je conduirai sans faiblir la contre-attaque contre les manœuvres. J’en appelle aux adhérents. C’est l’heure de la grande clarification. Votre détermination fera échec à toutes les manœuvres.

Je vais soumettre au suffrage des adhérents un texte d’orientation qui ne laissera aucune place à l’ambiguïté, et j’invite tout dirigeant qui ne serait pas d’accord à soumettre sa propre motion. Nous fixerons le 14 mai les conditions de cette consultation en même temps que le calendrier des élections de nos instances locales. Je n’accepterai ni la déstabilisation, ni le bazar.

Il faut faire confiance à nos adhérents pour fixer le cap, les règles et le destin de notre Mouvement.


Complément : quelques réponses aux questions de journalistes

Le courant démocrate, qui est au centre, n’existe que s’il est indépendant.

Pouvoir conclure des partenariats avec les uns ou les autres, ce qui est parfaitement la culture de nos militants, nos élus le font dans les communautés de communes, mais dans les frontières d’une commune, c’est un crime ! Je défends la possibilité de faire évoluer la vie politique française. Ce qui fait le fond - non - ce qui fait le cadre politique de la motion que je proposerai.

Le fond, c’est, pour porter tout ce la, un projet politique différent. [Développement sur ce projet]

En cas d’échec de votre motion, démissionneriez-vous ?
Si je n’avais pas la confiance des adhérents, je n’accepterai pas d’exercer mes fonctions.

Et si vous l’emportez, y aurait-il des exclusions ?
Chacun devra choisir s’il est en accord avec le vote des adhérents ou estime devoir choisir un autre chemin.

Question sur la cause des départs
Je pense que c’est dû à la difficulté de la situation, de proposer un chemin nouveau. De Gaulle a fait élire 120 députés en 1951, un an après il n’en restait plus un seul. Peut-être était-ce dû un peu à lui ! Mais quand vous voulez un monde nouveau, changer les choses, c’est difficile, la seule question à se poser est : est-ce que c’est nécessaire ? Selon moi, c’est nécessaire.
Je ferai tout pour que le Bureau de l’UDF ait une délibération claire et tranchée.

Cap21 conserve une existence politique propre…
Corinne Lepage connaît mon sentiment là-dessus.
Ça fera partie des orientations que je proposerai : je suis contre les partis à courants. Un parti à courants mobilise les énergies pour la lutte interne des uns contre les autres. Je m’engagerai personnellement sur ce point. J’en ai dirigé un, et j’en garde un souvenir mitigé.
Qu’on essaye de priver un mouvement politique majeur des moyens de son existence, je vois cela sans aucune indulgence. Ce n’est pas parce qu’ils échoueront, que je ne l’aurai pas marqué sur leur ardoise.
Je ne crains aucune procédure démocratique, mais je combattrai les manœuvres et les pièges, et vous verrez que les militants et adhérents les combattront avec moi, je crois, de manière assez drastique.
Michel Mercier m’a dit qu’il était absolument opposé à toute idée d’organisation de la majorité, et n’avait aucune intention de se laisser enfermer dans ce genre de structure, et je l crois.

Les critiques de Mme Lepage sur la démocratie interne : vous pensez à de la démocratie participative ?
Ça s’appelle démocratie ! Il y aura le temps qu’il faudra, des textes, et des votes.

Vous comprenez les critiques, l’exigence de démocratie ?
Je comprends l’exigence, je ne partage pas les critiques.

Patrick Roger, Le Monde : Sur la blogosphère, depuis les dernières municipales, beaucoup expriment du ras-le-bol, certains adhérents disent "on ne suit plus, on arrête"… Vous appelez à soumettre une motion : vous adressez vous à ceux là pour leur dire "revenez" ?
Je suis sûr qu’ils répondront présents. La blogosphère est un monde très éruptif, un jour ça explose de mécontentement, un jour ça explose d’amour, il faut apprendre à prendre ce monde violent avec distance. Le monde des militants traditionnels, des réunions de section, doit accepter les modes d’expression internet, le monde internet doit accepter la sensibilité des adhérents traditionnels. Je m’engagerai pour que les uns comprennent les autres.
J’ai vu que le Parti socialiste a beaucoup d’interrogations sur les "adhérents internet", j’essaye au contraire de leur accorder une grande importance, c’est une des formes que va prendre l’engagement citoyen dans l’avenir.

Combien le MoDem compte-t-il d’adhérents ?
De l’ordre de 60000, quand on disait 60000, c’était largement sous-estimé… on verra dans les semaines qui viennent.

Nathalie Raulin, Libération : le groupe Union centriste représente une partie des revenus du MoDem…
Nous n’avons pas beaucoup d’argent mais sommes en situation de vivre de façon équilibrée. L’essentiel du financement provient des 530 candidats aux élections législatives… présidentielles, un peu moins de 3 millions d’euros sur un budget de 4 millions et quelques.

OGM : que votera le groupe centriste ?
Je peux vous expliquer ma position à moi sur les OGM. Je suis d’accord sur les OIGM producteurs d’antibiotiques, sur les OGM en zone désertique, sur la recherche… mais la vérité c’est que 98% des OGM sur le sol français sont :
nbsp;des cultures rendues résistantes au Round-Up, pour qu’on passe du Round-Up et que plus rien d’autre ne passe ;
 des organismes végétaux qu’on a rendu productrices d’insecticides. Pour moi, ni l’un ni l’autre ne constituent des progrès pour l’agriculture, et pour l’humanité. Je suis pour qu’on développe les études épidémiologiques sur les conséquences à long terme, je connais des biologistes qui pensent qu c’est grave.

Sur les émeutes de la faim
On est dans une période de perte d’équilibre de l’humanité en matière de nourriture… [passage sur l’action internationale en faveur de régions qui ne peuvent assurer leur autonomie alimentaire]

Sur les élections italiennes
(…) Je regarde le Parti démocrate comme un espoir pour l’Europe.




Bayrou accuse l'Elysée de siphonner la cagnotte de l'UDF
Marianne2.fr
- Anna Borrel - Lundi 14 Avril 2008


Sarkozy multiplie les manœuvres pour assécher le vivier naturel de François Bayrou, l'UDF. Du coup, ce dernier a convoqué la presse pour détailler sa riposte.

Lundi, Bayrou, la pluie. Au siège du Modem, les journalistes trempés arrosent leur hôte de quelques quolibets : «Ils ont dû couper le chauffage pour faire des économies ?» , s'amusent les plus goguenards. Mais lorsque François Bayrou entre en piste, plus question de rigoler. Le leader centriste n'est pas très content : on essaye de lui piquer ses sous en même temps que son parti. Objet de la conférence de presse : la «contre-attaque» aux «manœuvres» de l'UMP pour vampiriser les restes de l'UDF. Bayrou accuse carrément «l'Elysée». Une note de synthèse de Dominique Paillé au chef de l'Etat dont Le Monde s'est procuré copie a mis au jour la semaine dernière l'OPA sarkozyste sur le centre. François Bayrou répond en plusieurs temps. Suite à la démission de Jean Arthuis du MoDem, et à la volonté du député de «faire revivre l'UDF», Bayrou réunit le bureau de son ex-Parti le 16 avril prochain pour une petite mise au point. Et en clair, on comprend vite qu'il ne cèdera rien : «je suis le président de l'UDF», martèle-t-il. Un point, une barre. Si le bureau des anciens n'est pas content, c'est la même chose. Il faut dire que l'enjeu est de taille : l'UDF, au-delà du sigle et du symbole, représente une petite cagnotte de plus de trois millions d'euros, trois quarts du budget du MoDem selon François Bayrou…

«C'est l'heure de la grande clarification»
Histoire d'enfoncer le clou de la «clarification», Bayrou promet aussi l'organisation d'un grande consultation des militants du MoDem avant l'été, lors de laquelle un texte d'orientation leur sera soumis. Il «invite tout dirigeant qui ne serait pas d'accord avec la ligne d'indépendance (qu'il) défend à soumettre sa propre motion aux adhérents.» Comprendre : si un sénateur hésitant ou un eurodéputé mécontent, façon Michel Mercier ou Thierry Cornillet, prêtait encore l'oreille aux sirènes de l'UMP, qu'il ose se soumettre à l'applaudimètre !

Qui veut la peau de François Bayrou ?
François Bayrou est remonté comme une pendule. Et lorsqu'on lui parle des critiques internes sur la démocratie de son parti, venues de militants MoDem cette fois, ou même de son alliée Corinne Lepage, il répond avec la même fermeté : «je comprends l'exigence de démocratie des militants, je ne partage pas les critiques.» Quelqu'un a encore quelque chose à dire ? Le tout est assorti d'un sourire et de ce discours si bien rôdé sur le centre, victime des archaïsmes d'un milieu politique qui ne supporterait que la bipolarité. En fin de prestation, Bayrou s'offre même le luxe de donner son avis sur les finances publiques, l'Afghanistan et les OGM. C'est Sarkozy qui doit être content… sans cette grossière tentative d'OPA, il n'y aurait pas eu tant de médias dans cette salle ouverte aux courants d'air en ce lundi pluvieux.




Sur la défensive, François Bayrou en appelle aux adhérents du Modem  - Les echos.fr [ 15/04/08  ]


En position difficile, le président du Mouvement démocrate a dénoncé hier les « manoeuvres » de l'Elysée et opposé sa légitimité aux centristes qui veulent faire revivre l'UDF.

Qu'il paraît loin le temps où François Bayrou talonnait Ségolène Royal dans les sondages, menaçait de faire voler en éclats le clivage droite-gauche et pouvait se targuer d'avoir fait émerger une force nouvelle. Un an après la présidentielle, le leader centriste en est réduit à lutter chaque jour pour sa survie politique.

Isolé à l'Assemblée, abandonné par la plupart de ses lieutenants, défait aux dernières municipales et menacé de voir l'UDF réactivée par ses anciens amis, le président du Mouvement démocrate a tenté hier d'allumer des contre-feux. « Je n'accepterai plus ni manoeuvres internes, ni déstabilisation externe, ni le bazar », a-t-il martelé lors d'une conférence de presse, organisée en urgence deux jours avant une réunion du bureau de l'UDF. Celle-ci, membre fondateur du Modem, n'a pas complètement disparu, une structure étant chargée de veiller pendant une période transitoire de trois ans à ses intérêts « juridiques, matériels et moraux ».

Pour tenter de mettre un terme à ce qu'il a décrit comme une « manoeuvre » de « déstabilisation » de l'Elysée, François Bayrou a appelé les adhérents du Mouvement démocrate à « trancher » avant l'été. « Alors, nous compterons les soutiens », a-t-il lancé.

Le troisième homme de la présidentielle, qui s'est une nouvelle fois posé comme alternative à Nicolas Sarkozy en donnant à son combat « une importance nationale », se sait devant eux en position de force. Il l'est d'autant plus qu'une grande partie des anciens militants de l'UDF ont, eux, déjà claqué la porte du Modem en regrettant son glissement à gauche. Ceux qui espéraient que François Bayrou saurait mettre « un peu d'eau dans son vin » en ont été pour leurs frais. Eux sont dépeints, en creux, comme de simples instruments au service du chef de l'Etat, lui-même décrit comme plus occupé à déstabiliser le Modem qu'à gérer une France qui « va dans le mur ». « L'intrigue, la déloyauté, le cynisme, ce n'est pas cela qu'on attend (...) d'une «démocratie exemplaire» », a raillé le député des Pyrénées-Atlantiques.

« Grande clarification »

Le problème, c'est que la « contre-attaque » de François Bayrou risque de s'avérer vaine. D'abord parce qu'une dissolution de l'UDF ne paraît pouvoir être décidée que par les adhérents de l'UDF eux-mêmes. Ensuite parce que les centristes, qui ambitionnent de faire revivre l'UDF et semblaient prêts à s'engager, pour ce faire, dans une bataille juridique, peuvent toujours passer aux actes.

L'affaire est plus grave qu'il n'y paraît. Car, au-delà même de l'étiquette UDF, ils pourraient drainer avec eux une partie des actifs du Mouvement démocrate, comme le siège du parti et une part non négligeable de son financement. Le Modem a reçu, au titre du financement public lié aux sénateurs, quelque 1 million d'euros cette année, et chaque départ réduira l'enveloppe. Or le président du groupe centriste au Sénat, Michel Mercier, a rompu les liens avec la direction du Mouvement démocrate et participe au comité de liaison de la majorité mis sur pied la semaine dernière à l'Elysée. François Bayrou veut déjà voir « l'heure de la grande clarification ». S'annonce, pour l'instant, une nouvelle période de confusion. Et elle pourrait être sanglante.

PIERRE-ALAIN FURBURY




Bayrou se pose en victime d’un complot ourdi à l’Elysée
Pour le leader du Modem, les partisans d’un retour de l’UDF sont téléguidés par Sarkozy -
CHRISTOPHE FORCARI - mardi 15 avril 2008

François Bayrou crie au complot… anti-Bayrou. Hier, le président du Modem a très explicitement dénoncé, lors d’une conférence de presse convoquée la veille, les manœuvres directement téléguidées de l’Elysée pour affaiblir la formation centriste et son leader, ancien candidat à l’élection présidentielle. «Nous savons de manière certaine que des mouvements présentés comme "internes" et la mise en cause de [notre] ligne d’indépendance n’avaient en réalité pas grand-chose de spontané ; qu’ils étaient dirigés et agités de l’extérieur, et, pour parler clairement, de l’Elysée» , a accusé le député des Pyrénées-Atlantiques.

Le candidat malheureux à la mairie de Pau lors des dernières municipales faisait notamment référence à la décision de Jean Arthuis, sénateur de la Mayenne et président de la commission des finances du Sénat, de quitter le Modem pour tenter de redonner vie à la défunte UDF.

Points faibles. A l’appui de ses affirmations, François Bayrou se fonde sur une note rédigée par Dominique Paillé, un des conseillers du président de la République. Celle-ci liste tous les points faibles de la formation centriste et détaille les moyens d’isoler un peu plus son porte-drapeau. Ce document évoque notamment la question du financement public versé au Modem que certains élus centristes voudraient voir revenir dans l’escarcelle de l’ex-UDF. Le bureau exécutif de cette ancienne formation, mis en place lors du congrès fondateur du Modem à Villepinte en novembre, a justement pour tâche de veiller pendant une période de trois ans aux «intérêts juridiques, matériels et moraux» de l’UDF. Et les anciens de la maison UDF ont demandé qu’il se réunisse demain soir. «Il s’agit de voir quelles sont les conventions qui ont été passées entre l’UDF et le Modem, notamment pour l’utilisation des locaux. C’est tout cela que nous voulons examiner. S’il ne dispose d’aucune marge de manœuvre, quelle est alors son utilité ?», se demande Jean Arthuis. «Le bureau de l’UDF participe clairement à cette opération de déstabilisation», dénonce François Bayrou, qui prédit que cette manœuvre, visant à asphyxier le Modem en lui coupant les vivres, «échouera lamentablement ; mais qu’on en soit arrivé là, en essayant de [le] priver de son bien, montre dans quel état d’esprit on se trouve. Je vais regarder cela sans indulgence aucune».

Pour contrer la fronde de ses élus nostalgiques de l’UDF, François Bayrou joue sur la base militante de son mouvement. «L’UDF appartient à ses adhérents et ses adhérents ont clairement choisi [lors du congrès fondateur du Modem en novembre]», a-t-il rappelé.

Pour lui, «l’heure de la grande clarification» a donc sonné. «Je vais soumettre aux suffrages des adhérents, dans une consultation à laquelle chacun sera associé, un texte d’orientation qui ne laissera aucune place à l’ambiguïté. J’invite tout dirigeant qui ne serait pas d’accord avec la ligne d’indépendance que je défends à soumettre sa propre motion aux adhérents», a annoncé hier Bayrou. Les modalités de cette consultation, qu’il espère transformer en plébiscite personnel, seront définies le 26 avril devant l’ensemble des nouveaux élus du Modem réunis à Paris et le 14 mai au conseil national de la formation centriste ; pour un vote avant l’été.

Pas question donc pour Bayrou de renoncer à la stratégie mise en place lors des dernières municipales, même si celle-ci n’a pas vraiment porté ses fruits électoralement. «Le fond de cette manœuvre, c’est de mettre un terme définitif au pluralisme dans notre pays, et d’instaurer une fois pour toutes le bipartisme à l’américaine», poursuit François Bayrou. «L’intrigue, la déloyauté, le cynisme, ce n’est pas cela qu’on attend, surtout de ceux qui, articulant une promesse illusoire, une de plus, affirmaient vouloir construire une démocratie exemplaire», comme Nicolas Sarkozy.

«Clarté». «Il faut un centre indépendant et fort pour nouer des alliances dans la clarté», à l’inverse de ce qui s’est fait aux municipales, dénonce Jean Arthuis. «Bayrou va suivre sa ligne jusqu’au bout mais tout seul», constate un proche du leader centriste, pas décidé «à sombrer avec le navire».

Publié dans MoDem

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gilles sainati 29/04/2008 00:58

Bayrou à la présidence de la République, pourquoi pas mais avec qui? le Modem s'est révélé être une farce...........

benedicte 01/05/2008 01:26


Là gros problème, et je n'ai plus confiance en F.Bayrou, et encore moins en son jugement ... mais du coup on est mal barré  pour l'après Sarkozy  ! amicalement


Hortus 16/04/2008 09:26

C'est vrai que ne pas prendre partie et ne pas assumer de choix imparfait a un gros avantage, on peut critiquer tout, tout le temps. Les autres sont des cons par définition.PS : j'ai une petite pensée émue pour tous les cons qui n'ont même pas le droit de voter pour des cons et qui en plus, s'ils ouvrent la g... s'en prennent plein... Ceci dit, ca permettra de faire des manifestations au passage de la flamme olympique ou de tout autre pretexte en criant : "liberez les cons" !!! 

benedicte 17/04/2008 14:57


On ne va pas se battre ici ... mais je considère que F.Bayrou n'a aucun respect des adhérents et n'en appelle à eux que pour des raisons de pouvoir personnel ... il n'y a toujours rien de prévu
pour construire le mouvement à la base, c'est uniquement "suivez-moi" ... ce n'est ni un programme, ni un projet et certainement pas l'esprit de la démocratie ... et contraire à l'élévation du
niveau de conscience et de responsabilité des citoyens (Sangnier cité régulièrement par Bayrou), parce que c'est infantilisant, et c'est identique au discours de NS et SR pendant la présidentielle
... et il n'y aura jamais de projet construit pas la base, parce qu'on aura achevé de l'exclure cette base lors des élections départementales ... et ceci a commencé à se mettre en place à
Villepinte, et c'est calculé.
F.Bayrou ne veut pas changer la manière de faire la politique, mais seulement la place qu'il occupe dans la sphère politicienne. De ce fait le ressentiment est grand parmi les adhérents qui sont
partis ayant vu où ça allait, et ont eu l'impression d'avoir été vraiment pris pour des cons, et de l'avoir été, en accordant leur confiance à un politicien, et ont du mal à se remettre que leur
jugement ait été pris en défaut au point de prendre pour de l'honnêteté et sincérité, ce qui n'était en fait que démagogie ... d'où les mouvements d'humeur que les interventions ou actes de Bayrou
peuvent provoquer chez nous. Mais il ne faut pas prendre ces mouvements d'humeur comme un jugement vis à vis de ceux qui croient encore au MoDem, nous y avons cru aussi, donc cela peut nous être
retourné également !
Auprès de mon entourage qui n'a pas marché dans la combine de Bayrou, et qui me disait que je n'avais pas les yeux en face des trous, j'ai admis que j'avais été con, alors que j'avais fait du
prosélytisme, tellement j'étais sûre de mon jugement concernant FB, et bien on peut se tromper, derrière c'est une belle remise en cause de soi, pour comprendre comment et pouquoi on s'est laissé
abuser ... et si je l'ai été, je me vois mal jeter la pierre aux autres, raison pour laquelle je ne voulais pas commenter cette conférence de presse.
Mais quelques soient mes choix, je les assume toujours, y compris ceux qui étaient érronés, on apprend beaucoup de ses erreurs ... amicalement




ciboulette 15/04/2008 19:31

Je suis à la fois morte de rire, et atterrée de lire qu'il faut voter Bayrou pour lutter contre Sarkozy. Je réserve la suite de ma réflexion qui risquerait d'être trop violente.Quand on arrêtera de voter pour des cons contre des cons, on sera sans doute moins cons ! C'est con ce que je dis, mais je dois devenir con moi aussi, il n'y a pas de raison que je fasse exception.Enfin, j'espère qu'un jour on arrivera à voter pour quelqu'un de valable, s'il y en a un.

benedicte 15/04/2008 23:49


Comme je l'ai dit juste avant, je préférais ne pas faire de commentaire à chaud. Je t'enverrais mon sentiment par mail. Il faudrait trouver ça d'ici 4 ans au plus tard ... on verra, bises


Hortus 15/04/2008 19:12

Soutenir Bayrou est, en l'état actuel des choses, la voie la plus efficace pour combattre Sarkozi et les pieds nickelés qui l'entoure.

benedicte 15/04/2008 23:46


J'informe, mais je ne soutiens pas, je ne suis pas sûre que vous aimeriez ce que j'ai pensé de a conférence de presse, j'ai regardé la vidéo ... je ne fais pas de commentaire à chaud,
volontairement. Il faudrait effectivement trouver un moyen efficace de combattre Sarko. Je troue que le terme "pieds nickelés" va parfaitement à la triste équipe que constitue ce gouvernement ...
bien que beaucoup moins drôle ! Bonne continuation, amicalement