Thierry Cornillet "Manifeste pour un vrai centre" ... rectification des chiffres et autre analyse

Publié le par benedicte

 

Thierry Cornillet "Manifeste pour un vrai centre" (un retour à l'UDF) ... rectification des chiffres et autre analyse


Ci-dessous, je publie le mail que Thierry Cornillet a envoyé à son réseau UDF en demandant à celui-ci de le faire circuler eux-mêmes, auprès de leur propre réseau. Ce mail est déjà diffusé sur certains blogs.

Après l'avoir lu, vous pouvez en lire le remake sur Vous savez quoi fait par Kag : Manifeste pour un vrai centre

 

S'il y a une chose usante c'est cette manie des politiciens, d'asséner des fausses-vérités en faisant dire à des chiffres des choses qu'ils ne disent pas. L'argumentaire de Thierry Cornillet repose sur les chiffres qu'il avance, mais ces chiffres n'ont pas la valeur qu'il leur donne. En même temps je ne suis même pas sûre qu'à force de raconter des salades, ils ne finissent pas par croire leurs propres allégations. Entendre un maire déclarer avec été triomphalement réelu avec 54% des voix et 40% d'abstention, signifie avoir été élu par 32,4% des électeurs, c'est loin d'être un plébiscite. Pour comparer les résultats des élections il faut prendre le % des voix ramenés au nombre d'électeurs inscrits et d'électeurs ayant voté. Ensuite comparer des élections différentes n'est pas forcément judicieux, les enjeux n'étant pas les mêmes.

Toutefois j'ai mis ci-dessous le nombre de voix de l'UDF et le % des inscrits que ces voix représentent pour les élections citées par Thierry Cornillet. Les calculs ont été fait à partir des résultats donnés sur le site du ministère de l'intérieur pour chacun des scrutins.


ELECTION Nb de voix % inscrits abst + nuls Nb Inscrits (4)
Présidentielle 2002 (1)
2,485 M 6,03 % 30,82 % 41,192 M
Européennes 2004 (2) 2,05 M 4,94 % 58,44 % 41,518 M
Régionales 2004 (3) 2,774 M 6,77 % 40,18 % 40,974 M
Présidentielle 2007 6,82 M 15,33% 17,43 % 44,473 M


(1) j'ai additionné les voix de C.Lepage à celle de F.Bayrou pour 2002 pour que la comparaison puisse être faite avec 2007 étant donné que C.Lepage ne s'est pas présentée et a soutenu a candidature de F.Bayrou
(2) les européennes ne sont pas significatives
pour mesurer l'électorat, ce sont des élections où l'abstention est massive ... mais T.Cornillet les mentionnent
(3) 2 M de voix obtenues sous étiquette UDF + participation dans 6 régions à listes d'union ayant totalisées 2,08 M de voix, en faisant une pondération approximative à partir des résultats aux européennes des régions concernées,
j'en ai attribué 37 % à l'UDF, je ne pense pas avoir   sous évalué mais plutôt surévalué.
(4) le nombre d'inscrits varie selon le type de scrutin, à la présidentielle les français de l'étranger votent, les Tom ne votent pas aux régionales, les ressortissants de la CEE votent aux européennes

(?) si quelqu'un peut m'expliquer pourquoi le nombres d'inscrit varie entre les 2 tours d'une élection, en plus ou en moins, ça dépend, alors que les listes électorales sont arrêtées en décembre chaque année ... je serais curieuse d'avoir une explication (?)


En fait l'électorat de l'UDF semble avoir  relativement stable entre 2002 et 2004, entre 6 et 6,8% des électeurs ... et en 2007 Bayrou est passé à 15,33% en 2007.
Donc contrairement à ce que dit Thierry Cornillet, il s'agit d'un résultat anormalement élevé au vu des élections précédentes ... et il aurait été bien de chercher à comprendre ce qui s'était passé et pourquoi.

On ne peut comparer avec Barre ou Balladur, comme il le fait.  A l'époque il y avait un partage des voix de droite entre le RPR et l'UDF, même s'il était à l'avantage du RPR, mais à la suite de la création de l'UMP, l'UDF s'est retrouvée marginalisée au sein de la droite. Vouloir faire croire que le score en 2007 marque le retour de la belle époque de l'UDF ou du centre, ce n'est pas réaliste, c'est abuser les adhérents auquel Thierry Cornillet s'adresse.

 

Ce qui a changé entre 2002 et 2007, c'est le nombre de suffrages exprimés. J'ai regroupé les voix par blocs étant donné qu'en 2007, l'UMP et le PS ont pas mal drainé les voix de droite et de gauche, au détriment des autres listes. Il y a eu 3 M d'inscrits de plus, mais 8 M de suffrages exprimés de plus (soit 5 M des abstentionnistes et votes blancs de 2002) répartis comme suit : Droite + 2,75 M (+ 19,76%), Gauche + 1,15 M (+ 9,48%) et Bayrou + 4,33 M (+ 174,45%).


Les 4,33 M ne sont pas des voix du centre, elles sont venues un peu de droite, un peu plus de gauche et beaucoup de l'abstention et du vote blanc. Elles sont un peu de ni-ni, un peu de pourquoi pas et
beaucoup d'adhésions à un projet de faire autrement.

Le point commun des nouveaux adhérents, n'était pas F.Bayrou, mais l'esprit et la vision du projet qu'il avait proposé ... et ils tenaient à ce que ce projet soit mis en oeuvre et à participer à sa construction, et beaucoup sont déjà partis ayant compris que cela ne se ferait pas, du moins pas au sein du MoDem ... que les dés avaient été pipée. Mais le mépris qu'à visiblement pour eux Thierry Cornillet est éloquent !

Dernier vous noterez l'adresse du courriel pour la réponse, éloquent lui aussi lesamisdeludf@xxxx.xx j'ai masqué les adresses étant donné que je n'étais pas destinataire du courrier.



 

MANIFESTE POUR UN VRAI CENTRE


Pourquoi en sommes-nous là ?


L’UDF, depuis sa création en 1978, a subi 4 vagues successives de départs qui l’ont divisée et affaiblie particulièrement en terme d’élus

  • en 1997 avec les départs de Républicains de Démocratie Libérale d’Alain Madelin
  • en 2002 après la création de l’UMP
  • en 2007 avec la création du Nouveau Centre
  • en 2007 encore, avec la mise au congélateur de l’UDF, la disparition du sigle, et la création du MODEM.


10 ans, bientôt 11 ans de perte d’influence et de moindre capacité d’action dans la vie publique

La création de l’UMP constituait un vrai danger pour l’UDF. Convenons qu’elle a bien résisté à cette tentative de captation. Avec plus de 12% des voix obtenues aux élections Régionales et Européennes de 2004, elle a même reconquis presque son étiage électoral moyen.

Aux élections présidentielles elle a toujours eu la capacité de présenter des candidats.

François Bayrou, pour sa part, a porté deux fois le flambeau.

  • en 2002, comme candidat de l’UDF (puisque l’UMP n’a été fondée qu’après le choc de la présidentielle). Résultat : 6,84% ;
  • en 2007, lors de la dernière élection, résultat 18,57% au terme d’une très belle campagne de son Président et de l’UDF…. car le Modem n’existait pas encore.


Une analyse courte mais qui participe de la légende, veut que ce score soit « exceptionnel » et porteur d’avenir.

Hélas, ce n’est pas vrai!

François Bayrou ne partait pas de 6,84% mais d’environ 13% (résultat cumulé par l’UDF tant aux régionales qu’aux européennes de 2004). Le gain final est de 5,8% et  s’explique aisément par l’addition d’anti-ségolénistes et d’un peu d’anti-sarkozystes.

C’est même un résultat moyen si l’on considère le différentiel avec les concurrents

N.Sarkozy (31,18%, soit + 12.61%, 4 629 388 voix de plus)  et S.Royal (25,87% soit +7.30% ,  2 680 381 voix de plus).

Rappel : En 1988 Raymond Barre :13,19%  par rapport à J. Chirac :15.91%
Idem si l’on considère qu’en 1995 E. Balladur était le candidat centriste :18,58% par rapport à J Chirac :20,84%

Ce capital de 18,5% pourtant intéressant et prometteur fut gaspillé, à la veille du 2éme tour, en une phase que François Bayrou a prononcée inconsidérément en dépit de la position unanime du Comité exécutif : « Je ne voterai pas Nicolas Sarkozy ». Ce qui a été immédiatement compris par « je voterai Ségolène Royal » (qui s’est d’ailleurs empressée de le remercier).
C’était parfait pour gâcher son électorat, car qu’on le veuille ou non, l’électorat de base , l’électorat « nucléaire » de l’UDF est de Centre et de Centre droit, et cet électorat nous a, hélas, quitté.
Résultat : 7,3% aux élections législatives qui ont suivi avec trois députés (trente auparavant) et la chute s’amplifie.

Lors des élections municipales, du fait de la stratégie « à la carte » proposée par notre Président, l’image du parti s’est gravement altérée. «  Mais où habite-t-il ? »
Quant à sa lisibilité, elle apparaît  plus que brouillée. « Mais où vont-ils ? »
« Parti de la gamelle », « Formation opportuniste » tout a été entendu.
Notre UDF, devenue MODEM, n’est plus que l’ombre d’elle-même.
Les élus ont disparu, soit entraînés vers de nouveaux partis, soit restant en déshérence mais hors du parti.
Nos militants anciens se frottent à longueur de réunions à nombre de militants nouveaux dont la fraîcheur d’âme et la diversité politique n’ont rien à envier à l’inexpérience.

Le seul point commun de beaucoup de ces nouveaux adhérents est la personnalité de François Bayrou plus que l’adhésion politique. Situation qui est à la fois périlleuse car volatile et surprenante car peu conforme à la tradition anti homme providentiel du centrisme français. Qui plus est, elle donne prise à la critique de dérive sectaire.

Ce parti est la propriété collective de tous les adhérents et ne saurait être capté par un clan quelconque ou mis au service exclusif d’une seule ambition personnelle.


Nous demandons donc :

  • un retour à la lucidité
    C'est-à-dire reconnaître, même si on peut le déplorer, que le scrutin majoritaire à 2 tours est la règle d’airain qui régit la vie politique, qu’elle a ses contraintes, et que sauf à avoir 51% tout seul au 1er tour, il faut des alliés pour être élu, et qu’il faut des élus pour peser sur les choix ou gouverner.

  • une morale d’honnêteté politique
    Il faut dire, avant le premier tour, qui sont ses alliés, c'est-à-dire ceux avec qui on partage le plus de valeurs et quel bout de route on peut emprunter avec,  soit  que nous les rejoignons soit qu’ils se rallient à nous.
    Observons que les rares succès enregistrés à ces élections municipales l’ont été par alliance avec l’UMP, à très peu d’exceptions près.

    Avons-nous d’ailleurs une alternative crédible, en l’absence d’un grand parti social-démocrate séparé des communistes et de l’extrême gauche, sauf à vouloir devenir un supplétif dans une stratégie « arc en ciel » comme en Italie: de Bezancenot à Bayrou ?

  • La fin des légendes

    • Celle d’un résultat exceptionnel aux présidentielles

    • Celle de l’indépendance du Centre
      Ce n’est qu’une posture, nous avons toujours été indépendants et libres mais l’indépendance en politique c’est d’abord la puissance et la capacité d’agir.
      L’UDF était puissante et indépendante, le MODEM n’est que faible et à la merci de ses alliés  « interchangeables ».

    • Celle de la construction d’un parti nouveau
      « nous n’avons que trois mois »  « il faut du temps » ….
      En fait de construction, c’est à une déconstruction systématique à laquelle on assiste. Faut-il rappeler que l’UDF dont le Modem profite tant en locaux qu’en subsides a bientôt 30 ans, qu’elle avait des élus sur tout le territoire et à tous les niveaux de responsabilités.
      Le nombre d’élus dont nous disposons maintenant (moins que le parti communiste !) la capacité réelle d’agiter autre chose que le ministère de la parole ou l’incantation à la « résistance », ne sont que quelques uns des critères apparents de cette perte de substance.

    • Celle de l’élection salvatrice, rédemptrice, à la  présidentielle de 2012.
      Une élection présidentielle est l’aboutissement d’un processus, pas un préalable
      On ne peut pas sacrifier un parti et ses élus, à ce qui, en l’état, n’est qu’une chimère.
      Sous le Vème République, sans parti puissant en terme d’élus, on ne gagne pas une primaire présidentielle.

  • L’arrêt de la stratégie de l’embuscade permanente
    Faute de peser réellement sur les choses, les dirigeants actuels du Modem souhaitent la défaite du gouvernement et l’échec des réformes pour se refaire une santé à bon compte.
    Réformes que nous avons pourtant appelées de nos vœux lors de la campagne présidentielle.
    Notre parti s’honorerait de voter celles qui lui paraissent bonnes, voire en les amendant, fussent-elles douloureuses et impopulaires dans un premier temps.

  • Un partenariat actif pour ces réformes
    Une forme de contrat de gouvernement, si nos valeurs et nos propositions sont prises en compte peut être passée avec la majorité présidentielle, sans y perdre son âme, tout en restant libre de le dénoncer si les termes du contrat ne sont pas respectés.

  • La renaissance de l’UDF
    Notre parti politique, socle du Centre, a été inconsidérément « assassiné » au Congrès de Villepinte. Nous demandons sa réactivation et l’organisation d’un congrès de renaissance de l’UDF sous forme éventuellement de fédération qui pourrait intégrer le MODEM comme l’un des membres.
    Dans un premier temps et, sans préjudice d’un Congrès ultérieur, nous demandons la réunion rapide du bureau de 30 membres élus par le Congrès de l’UDF de 2007 chargé d’en défendre les intérêts juridiques, matériels et moraux.

  • La mise à disposition de moyens et de capacité d’expression
    au sein de cette fédération par partage, à convenir, de l’argent public versé (subsides calculés sur la base de candidatures aux législatives dont beaucoup ne sont plus sur la ligne politique actuelle du parti).

  • L’ouverture immédiate de discussions par un collège à déterminer, avec le Nouveau Centre, Avenir Démocrate, le Parti Radical et toutes celles et ceux qui se reconnaissent dans le Centrisme afin de constituer une Fédération du Centre pour éviter que la division à l’infini de ses composants ne soit l’avenir du Centre en France. Il faut rassembler ce qui est épars, sinon la bipolarisation aura vraiment gagné.


Tout ceci est possible au sein de notre formation, fusse contre la volonté de son Président et sans son autorisation.

Rien ne vous oblige à quitter le parti. La façon dont son Histoire va maintenant s’écrire est de votre responsabilité.

C’est en son sein qu’il faudra faire renaître l’espoir et regagner la confiance des françaises et des français.

Si vous partagez cette analyse, pour le moins en partie,

Rejoignez-nous, soit en m’écrivant :

Thierry Cornillet xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx

Soit par message courriel à : lesamisdeludf@xxxx.xx

Publié dans MoDem

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