TIBET : Une situation plus complexe que ce qu'il nous en a été présenté

Publié le par benedicte


TIBET : Une situation plus complexe que ce qu'il nous en a été présenté


Tibet_Emeutes.jpgDes informations un peu différentes de celles qui nous sont relayées par les médias, il semble bien qu'indépendamment de manifestations de moines, il y ait eu de véritables émeutes fort peu pacifiques et que la police chinoise n'ait pas réagi immédiatement, le gouvernement chinois redoutant, avec les jeux olympiques, les réactions internationales ... ce qui ne signifie pas pour autant que le Dalai-Lama soit impliqué comme le prétendent les autorités chinoises et que le gouvernement chinois ne contreviennent pas aux droits de l'homme au Tibet mais pas seulement, etc... mais la situation est visiblement différente et plus complexe que celle présentées de manifestations pacifiques de moines bouddhistes réprimées dans le sang par la police chinoise.

Ci-dessous un article en prévenance de Oulala.net et un autre provenant de ContreInfo


Que s’est-il vraiment passé à Lhassa ? Journalistes et touristes disent autre chose.
jeudi 20 mars 2008, par
Michel Collon 

Peter Franssen
Tibet : manifestations pacifiques ou soulèvement armé ?
Dossier préparé par Peter Franssen. Sur son blog consacré à la Chine, on trouve les documents en langue originale,
avec des introductions en néerlandais
Les titres ont été rédigés par nous ( Michel Collon )

James Miles (The Economist) : Il ne s’agissait pas d’une manifestation pacifique
De 80 à 100 morts lors des manifestations contre l’occupation chinoise, rapportent les infos sur les événements de ce week-end au Tibet. Les moines en robes orange manifestent pour la liberté et la démocratie et la police chinoise tire et abat ces manifestants sans la moindre pitié, nous raconte-t-on. Des témoins occidentaux sur place disent que la vérité est tout autre. Le premier témoin est le journaliste James Miles, du journal d’affaires The Economist. Il est le seul journaliste accrédité dans la capitale tibétaine Lhassa. Il écrit qu’il ne s’agissait pas de manifestations pacifiques, mais d’une émeute violente. Cela a commencé vendredi, peu après midi, lorsque de petits groupes de jeunes Tibétains, armés de sabres, de cocktails Molotov et de gourdins s’en sont pris aux magasins des Hui, les ont pillés et y ont bouté le feu. Les Hui constituent un groupe musulman minoritaire qui habite la région depuis des siècles déjà. L’émeute était de nature ethnique, raciste. La police chinoise, écrit encore le journaliste, a fait preuve d’une grande retenue et n’est pour ainsi dire pas intervenue. Durant tout l’après-midi du vendredi, le témoin n’a pas vu un seul policier armé. Ce n’est que samedi à midi que sont apparus les premiers agents armés.
Fire on the roof of the world, James Miles, The Economist, 14 mars 2008.

Lhasa under siege, James Miles, The Economist, 16 mars 2008.

Un touriste danois : "Les moines et les jeunes en furie étaient déchaînés"
Le second témoin est un touriste danois à Lhassa. Son témoignage concorde avec celui du journaliste de The Economist. Son récit a été publié samedi dans le journal Politiken. Le témoin dit : « Des moines et de jeunes gens de 15 à 16 ans ont assailli les magasins chinois, défonçant portes et fenêtres et boutant le feu aux magasins et tabassant les Chinois à leur portée. J’ai vu des agressions très brutales. J’ai vu comment deux Chinois ont été emmenés - pour autant que j’ai pu m’en rendre compte, ils ont été tabassés à mort. Au début, la police était très réticente. Les moines et les jeunes en furie étaient déchaînés. Ce n’est que lorsqu’ils se sont approchés du Palais d’Hiver qu’ils se sont heurtés à la police, aux militaires et aux véhicules de l’armée sur lesquels il y avait des armes. Tout autour de nous était la proie des flammes, y compris les véhicules de la police, les voitures de pompiers, les boutiques et magasins chinois. La situation échappait absolument à tout contrôle. Les attaques contre les magasins chinois se sont poursuivies sans discontinuer. »
L’article est en danois mais on peut en lire une partie ici en anglais...

Pékin : "La police n’a pas utilisé les armes à feu. Le soulèvement était planifié."
Ce que disent les deux témoins ci-dessus concorde avec ce que disent les autorités chinoises. Maintenant aussi, la restitution des faits à partir des sources chinoises s’avère bien plus fiable que ce que nous donnent à entendre les agences de presse internationales. Le président du gouvernement de la Région autonome du Tibet dit que, finalement, 13 civils innocents ont perdu la vie. Les manifestants les ont brûlés vifs ou tabassés à mort. Ces mêmes manifestants ont également blessé une soixantaine d’agents, dont cinq ou six sont dans un état grave, voire très grave. Le feu a été bouté à 300 bâtiments, dont 214 magasins et boutiques. 56 véhicules ont été partiellement ou totalement détruits. Le président du gouvernement dit également, à l’instar des deux témoins, que les troupes de l’ordre se sont montrées très peu enclines à intervenir. Il dit explicitement : « Nous n’avons pas utilisé d’armes à feu. » Les autorités sont convaincues que le soulèvement armé était planifié à l’avance et qu’il avait été organisé. Les autorités désignent le dalaï-lama comme le coupable et l’organisateur des émeutes.
Government chief ensures safety in
Tibet, Xinhua, 17 mars 2008.

Un touriste espagnol : "Ils frappaient les gens avec des pierres, des couteaux de boucher, des machettes..."
Le journaliste Benjamin Morgan, travaillant notamment pour l’Agence France Presse, a interviewé plusieurs touristes revenant du Tibet. Dont l’Espagnol Juan Carlos Alonso (46 ans). qui a séjourné à Lhassa du mercredi au dimanche : " Les jeunes voulaient détruire tout ce qui était chinois et qui se trouvait sur leur chemin. Ils avaient des couteaux, des pierres, des machettes, des couteaux de boucher. De nombreux Chinois couraient pour sauver leur vie. J’ai vu au moins 35 Chinois blessés. Je les ai vu arracher une jeune fille à sa maison et la frapper avec des pierres. Elle criait ’Au secours !"..."
Tibetan youths rampaged through Lhasa against Chinese : witness
The Straits Times (via AFP), 17 maart 08


 

Logo_contreInfo.jpgJours d’émeutes à Lhassa

James Miles, seul journaliste occidental présent récemment à Lhassa, décrit la semaine de violence que vient de vivre la capitale. Témoin du pillage du quartier chinois par les émeutiers, puis du bouclage de la ville et de la répression qui a suivi, il estime que la perspective des Jeux Olympiques a conduit les autorités à faire preuve d’une retenue certaine. Miles replace ces évènements dans le contexte du boom économique de la Chine, qui dit-il, a déstabilisé cette société traditionnelle, jalouse de sa culture. La Chine, héritière d’un immense empire continental, est traversée par des forces centrifuges, à l’image de l’Inde et de la Fédération Russe. Les autorités chinoises, comme le Dalai Lama, recherchent un modus vivendi qui ne remette pas en cause l’intégrité territoriale. Il faut espérer que le dialogue entamé par le passé reprenne au plus vite. Dans ce contexte, les Jeux de Beijing sont sans doute la meilleure garantie pour que cette solution pacifique soit couronnée de succès.

Par James Miles, The Economist, 19 mars 2008

Les commerçants chinois situés dans le vieux quartier tibétain savaient mieux que les forces de sécurité que la ville de Lhassa s’était transformée en une poudrière. Le 14 mars, lorsque s’est rapidement répandue à travers les ruelles étroites la nouvelle que la foule jetait des pierres sur les boutiques chinoises, ils ont fermé leurs magasins et se sont enfuis. Les autorités, prises par surprise, sont restées passives alors que la ville était submergée par ses plus grandes manifestations anti-chinoises depuis des décennies.

Ce qui a débuté, (ou peut-être débuté, car Lhassa bruit de rumeurs.), par le passage à tabac de deux moines bouddhistes par la police s’est transformé en un gigantesque défi politique pour le gouvernement chinois. Les évènements du Tibet jettent une ombre sur les préparatifs des Jeux olympiques à Beijing en août. Les manifestations à Lhassa ont déclenché une vague de protestation dans plusieurs monastères sur une large partie du territoire de la « Région autonome du Tibet » de la Chine et dans les provinces environnantes. On n’avait jamais assisté à une telle agitation dans ces montagnes et ces hauts plateaux depuis le soulèvement de 1959, lorsque le Dalaï Lama, le chef spirituel du Tibet, avait fui vers l’Inde.

Les années de croissance économique rapide, dont la Chine avait espéré qu’elles atténuent les revendications séparatistes, ont provoqué le résultat inverse. Les efforts visant à intégrer plus étroitement la région avec le reste de la Chine, en construisant le chemin de fer le plus élevé du monde, qui relie Beijing à Lhassa, n’ont fait qu’alimenter les tensions ethniques dans la capitale tibétaine. La nuit précédent les émeutes, un fonctionnaire du gouvernement tibétain confiait au correspondant de The Economist que Lhassa était avait retrouvé le calme après les protestations de centaines de moines des monastères proches de la ville qui avaient eu lieu au début de la semaine. Il ne pouvait se méprendre plus.

Le fait qu’un correspondant étranger soit autorisé à séjourner dans la ville donne une indication de l’erreur d’interprétation des autorités au sujet de la colère régnant à Lhassa, une ville que les journalistes étrangers sont rarement autorisés à visiter. En janvier 2007, en préparation aux Jeux olympiques, le gouvernement central a publié une nouvelle réglementation destinée à faciliter leurs déplacements à travers le pays. Mais les voyages au Tibet, restaient soumis à la délivrance d’un permis. La visite de The Economist avait été approuvé avant les protestations des moines le 10 et le 11 mars, mais les autorités avaient estimé contrôler suffisamment la situation pour permettre à ce voyage de se poursuivre comme prévu après le 12 mars. De fait, plusieurs lieux de séjours convenus dans l’itinéraire ont été la scène de troubles.

( la suite ... )

Publié dans Politique Monde

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