Ratification du traité de Lisbonne : des nouvelles d'autres pays ...

Publié le par benedicte


Ratification du traité de Lisbonne : des nouvelles d'autres pays ...

Drapeau-europe_small.jpgLes informations proviennent du même site dont je ne partage pas les analyses sur nombre de sujets, mais il faut faire la distinction entre les faits et les analyses. Je n'ai pas pu vérifier les informations mentionnées, je ne suis nulle en langues étrangères et ne peut donc pas aller sur des sites des pays concernés, mais il n'y a pas de raison qu'elles soient inexactes, étant donné que ce sont des données brutes et non des analyses.

 



Brèves /
Le traité de Lisbonne pourrait être stoppé en Allemagne 

13 mars 2008 (Nouvelle Solidarité) - En Allemagne, le débat parlementaire sur le traité de Lisbonne a commencé hier et déjà la ratification a pris du plomb dans l’aile. Le Linkspartei (Parti de la Gauche), seul groupe parlementaire à s’opposer au traité, à cause notamment de la militarisation sans précédent de l’Europe et des déploiements hors zone, a annoncé qu’aussitôt le traité ratifié au Bundestag le 25 avril, il déposera un recours à la cour constitutionnelle, ce que le député de la CSU (Union sociale Chrétienne) Peter Gauweiler s’est également engagé à faire.
Le journal European Forum d’hier écrit qu’un tel « recours juridique lancé par le troisième parti d’Allemagne contre le traité pourrait bloquer la ratification, provocant la peur que le plus grand pays membre puisse ne pas signer le traité à temps pour qu’il puisse entrer en vigueur, comme prévu, le 1er janvier 2009 ». L’article explique, en citant le dirigeant de l’Independence Party britannique, Nigel Farage, qu’ « il n’est pas exagéré de dire que ceci peut stopper net le traité ».
Citant aussi une source diplomatique, European Forum souligne l’embarra dans lequel se trouve le président allemand Horst Koelher « Il serait très embarrassant pour le Président de signer et d’approuver le texte comme légal pour voir ensuite les juges de la plus haute autorité judiciaire, la cour constitutionnelle, dire l’inverse ».

 

 
Brèves /
Le traité de Lisbonne bloqué au parlement polonais ! 

12 mars 2008 (Nouvelle Solidarité) – Bruxelles a été ébranlé hier par un revirement inattendu à Varsovie. Jaroslaw Kaczynski, dirigeant du parti de l’opposition PiS au parlement polonais, a annoncé que lui et son parti ne ratifieraient pas le traité de Lisbonne, parce qu’il « ne peut-être accepté, tant qu’il est interprété d’une manière qui menace la souveraineté de certains Etats. » Quant à la Pologne, elle ne rendra jamais sa souveraineté, a-t-il dit, appelant à une renégociation de la ratification, pour au moins y ajouter un préambule établissant la primauté de la Constitution polonaise sur le traité de Lisbonne. Le texte doit dire que « la République polonaise reste et restera un Etat souverain », a t-il dit.
Cette annonce aussi soudaine qu’inattendue, en a stupéfié plus d’un, car c’est le (ex-) gouvernement de Kaczynski qui avait négocié les concessions qui ont rendu le Traité « acceptable » pour la Pologne au sommet Européen de Lisbonne en décembre dernier. L’actuel Premier ministre Donald Tusk s’est dit « dupé », parce qu’il n’a fait que signer ce que Kaczynski, son prédécesseur, avait négocié, et que ce dernier raconte maintenant à tout le monde que ce qu’il a négocié n’était pas bon pour la Pologne. D’ailleurs, le parti de Kaczynski, le PiS a approuvé la loi de ratification débattue au parlement 10 jours plus tôt, et l’a passée avec une écrasante majorité.
Parlant pour la majorité gouvernementale, le Président du parlement Bronislaw Koromowski a exclu tout changement dans le texte du Traité, tout en se moquant de Kaczynski : « s’il n’aime plus le traité, il devrait aller voir son frère et lui dire de ne pas le signer », ce qui fait référence à son frère Lech Kaczynski, qui est toujours le Président de la Pologne, et dont beaucoup suspectent déjà qu’il ne signera finalement pas le Traité, même s’il est ratifié par le parlement. Pour le moment, la ratification est bloquée puisqu’il n’y a plus la majorité requise des 2/3 pour le vote parlementaire.



Le Parlement Européen conchie le referendum irlandais 
5 mars 2008 (Nouvelle Solidarité) – L’on savait que le 20 février dernier, le Parlement européen a approuvé le traité de Lisbonne [1]. Mais ce qui est peu connu, c’est que lors de la même séance plénière, l’amendement 32 déposé par la Gauche Unitaire Européenne (GUE) et demandant que le Parlement européen « s’engage à respecter le résultat du référendum irlandais » a été rejeté à 499 voix contre 129. Malgré que la résolution sur le traité voté au même moment indique que « les députés se félicitent de l’accroissement de la responsabilisation démocratique » permettant aux citoyens « d’avoir un plus fort contrôle de l’action de l’Union », le rejet d’un tel amendement reste surprenant. On se souvient qu’en 2001, le « non » irlandais au traité de Nice n’avait pas empêché l’adoption du texte original, tout comme le « non » Danois de 1992 n’avait pas arrêté la marche du traité de Maastricht.
Par ailleurs, l’élite européenne déploie ses éléments les plus zélés sur le territoire irlandais pour faire passer le « oui », et parfois avec une certaine fourberie. La Vice-présidente de la Commission européenne et membre du groupe Amato (les 16 « sages » ayant pré-rédigé le traité –voir ici), Margot Wallstroem, s’est rendue à Dublin le 27 février pour tenter de calmer les Irlandais qui craignent, à juste titre, la perte de leur neutralité militaire en vertu de la « clause de solidarité » du traité. Le lendemain, avec l’ambition à peine masquée de corrompre la population irlandaise, le Premier ministre polonais Donald Tusk a déclaré que son homologue irlandais Bertie Ahern serait un candidat idéal au nouveau poste de président de l’UE, sous-entendant que les Irlandais rateraient l’immense chance d’être au « sommet de l’Europe » s’ils votaient contre le traité.

Lors du débat parlementaire du 20 février, la députée européenne irlandaise du Sin féin Mary Lou McDonald (GUE) a interpellé ses collègues : « Il y a clairement une peur des référendums dans les autres Etats et je me demande pourquoi. Pourquoi alors que l’on parle tant de démocratie ? Qui ici a peur de la voix du peuple ? ». Sa compatriote, l’indépendante Kathy Sinnott, a avoué faire face à une demande massive de ses administrés pour obtenir des exemplaires du traité : « Quand je dois leur dire qu’il n’y a pas de version lisible, ils restent incrédules. Mais quand je leur dis que c’est par décret de la Conférence intergouvernementale (le groupe secret et non élu mandaté pour rédiger le traité de Lisbonne - ndlr), ils sont furieux.

Notes:

[1] On croit à tort qu’il s’agissait du traité lui-même, mais le Parlement européen a seulement voté une résolution dans laquelle ne figure pas le traité, mais seulement des déclarations d’intentions et des autocongratulations à son sujet. Si la résolution commence bien par ces mots « vu le traité de Lisbonne modifiant… », il est expliqué dans la conclusion que le parlement est « conscient » du problème de clarté et de lisibilité du traité et demande donc « que les traités consolidés, révisés à la lumière du traité de Lisbonne, soient publiés immédiatement ». Le Parlement européen aurait-il invoqué et voté un texte qui n’existe pas encore ?




Coup d’Etat de Lisbonne : opposition en Angleterre et en Irlande

28 février 2008 (Nouvelle Solidarité) – De plus en plus de voix se lèvent en Europe pour exiger un referendum sur le traité de Lisbonne.

En Angleterre, le député libéral-démocrate Ed Davey a été expulsé de la Chambres des Communes après avoir exigé que l’assemblée se prononce pour ou contre un referendum. Dans le cadre du débat parlementaire sur le traité de Lisbonne, le parti libéral démocrate, troisième parti britannique, avait déposé un amendement pour que soit procédé à un vote des députés pour ou contre un referendum. Mais le président de la Chambre, Michael Martin, après une consultation avec les leaders travaillistes et conservateurs, a rejeté cette demande. Dans un climat délétère, Ed Davey, a alors crié au scandale et s’est vu expulsé du parlement, ce qui a entraîné tous les élus libéraux démocrates à quitter la salle.
Pendant ce temps là en Irlande, le parti républicain nationaliste Sinn Fein est en pleine mobilisation pour faire gagner le « non » au referendum prévu avant la fin de l’année. Après avoir lancer une première série de 500 000 tracts, le parti irlandais doit tenir son congrès annuel et décider de la marche à suivre. Des intervenants d’autres pays européens y sont attendus, dont le député socialiste hollandais Harry Von Bommel qui mène actuellement campagne avec son parti pour un referendum, après avoir catalysé le « non » hollandais en 2005. Si le Sinn Fein, qui n’a que 4 sièges au parlement irlandais, est le seul parti élu à s’opposer au coup d’Etat de Lisbonne, ses dirigeants ne pensent pas moins pouvoir faire gagner le « non », alors que 64% des électeurs sont indécis.

Publié dans Politique Monde

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