L'ideologie du "choc des civilisations" et sa propagande et ses mécanismes

Publié le par benedicte


L'ideologie du "choc des civilisations", sa propagande et ses mécanismes


jpg_dessin-attantas-alge_rie-7628b.jpg Les articles mis ci-dessous sont assez longs. Ils rentrent partiellement dans le cadre de la série d'articles sur la palestine, mais aborde d'une manière assez générale le de discours de l'idéologie du choc des civilisations que l'on a commencé à créer de toute pièce pour remplacer l'axe d'opposition communisme / capitaliste  (totalitarisme / démocratie) par celui d'islam / judéo-christianisme civilisé (barbarie/civilisation) ... il fallait un ennemi pour remplacer le bloc soviétique qui n'existait plus, un épouvantail pour effrayer les populations et leur donner l'illusion qu'elles étaient en démocratie tout en permettant de réduire drastiquement les libertés individuelles sous couvert de lutte contre le terrorisme et pratiquer un contrôle à grande échelle le contrôle des citoyens.

Pourquoi ? Je ne sais pas exactement, est-ce une sorte de jeu pour ceux qui détiennent le pouvoir ou sont en recherche de pouvoir, sont ils paranoïaques, mais ils ne connaissent que la guerre, le conflit et n'existent qu'à travers eux ... il faudra comprendre si nous voulons vivre un jour en paix qu'il y a des personnes qui sont viscéralement incapables de vivre en paix et de ce fait ont en horreur la démocratie.

Mais c'est toute une propagande, un discours, une perversion du sens des mots, voire une sorte de terrorisme intellectuel qui est mis en oeuvre pour implanter dans la tête des gens que ce choc des civilisations, en fait cette guerre de religion est déjà en-cours !


Le cautionnement des exactions d''Israél vis à vis des palestiniens, en fait partie, aucune critique n'est admissible envers sa politique ou celle des Etats-unis, c'est de l'anti-américanisme, de l'anti-sémitisme, une alliance avec les terroristes islamistes. On travalle à faire monter les communautarismes, en s'appuyant sur le racisme ordinaire, qui n'est plus du racisme mais une juste défense de la culture judéo-chrétienne face un Islam voulant la détruire. Le racisme anti-arabe se développe, entraînant un mouvement de repli communautarisme des populations visées, un racisme inversé, qui renforce le rejet, etc...
Plusieurs articles qui sont sur différents aspects de ce discours et qui ne sont pas contradictoires mais complémentaires :
Le démontage de discours de BHL, Alain Finkielkraut et Philippe Val, des articles de fond sur l'articulatons de ces discours mais qui sont assez bien fait, de mon point de vue, puisqu'ils correspondent à ce que j'ai pu constater par moi-même.



Premier article général publié dans le journal britannique The Gardian et traduit en français par ISM et qui est exactement mon sentiment sur la situation et la duplicité, le cynisme et l'incohérence du discours dominant chez les politiciens et "dits" intellectuels de notre pays face à la réalité de la situation des palestiniens.

ISM publication de la traduction d'un article du Guardian
Gaza - 07-03-2008
Accuser les victimes de cette accès de folie meurtrière défie à la fois la moralité et la raison 
Par Seumas Milne – The Gardian
La tentative des hommes politiques et des médias occidentaux de présenter le carnage de cette semaine dans la Bande de Gaza comme un acte de légitime défense israélienne – ou au mieux la dernière phase d'un conflit fatiguant entre deux bords somme toute équivalents – a atteint des proportions incroyables.
Dessin de Carlos Latuff
Depuis que le vice-ministre israélien de la défense Matan Vilnai a lancé la semaine dernière son terrible avertissement que les Palestiniens subiraient un "holocauste" s'ils continuaient de tirer des roquettes artisanales sur Israël, le bilan des souffrances est devenu encore plus clair. Plus de 120 palestiniens ont été tués à Gaza par les forces israéliennes au cours de la dernière semaine, dont 1 sur 5 était un enfant et plus de la moitié des civils, selon le groupe israélien pour les droits de l'homme B'Tselem.

Pendant la même période, 3 israéliens ont été tués, dont 2 soldats qui avaient pris part aux attaques.
Quelle fut alors la réponse du Secrétaire aux Affaires Etrangères britannique, David Miliband, à cette folie meurtrière ? Ce fut de rejeter la faute des "nombreuses victimes civiles" sur "l'augmentation significative", pendant la semaine, des attaques palestiniennes à la roquette et "la réponse israélienne", de condamner les tirs de roquettes comme "actes terroristes" et de défendre le droit d'Israël à la légitime défense "selon la loi internationale".

Ce ne fut bien sûr rien de tel – pas plus qu'ont été évoquées les 40 années d'occupation israélienne des territoires palestiniens, son expansion continue des colonies ou son refus d'autoriser le retour des réfugiés expulsés.
Rien non plus de bien nouveau sur le poids unilatéral des victimes et du malheur de la semaine dernière, mais l'écart est certainement en train de se creuser. Après l'élection du Hamas il y a deux ans, Israël – soutenu par les USA et l'Union Européenne – a imposé un blocus économique punitif, qu'il a renforcé au cours des mois passés en un siège total de la Bande de Gaza, y compris le fuel, l'électricité et les fournitures essentielles.  ( ... ) 



Bernard Henri-Lévy
 
BHL ou l’empereur de la morale aux habits neufs  
par Pascal BONIFACE (IRIS, 22 octobre 2007)
"Personne n’oserait imaginer Floyd Landis ou Lance Armstrong prendre la tête d’un grand débat sur la lutte contre le dopage. Pourtant, nul ne semble s’offusquer que Bernard-Henri Lévy soit devenu la référence de celui sur la place de la morale en politique nationale ou internationale et de la refondation de la gauche.
Comment comprendre que quelqu’un qui n’a jamais exprimé de préoccupations sociales puisse jouer ce rôle ? Comment expliquer surtout que celui dont plusieurs livres d’auteurs différents ont mis à jour les multiples mensonges (de ses rencontres avec Massoud, à sa ceinture noire de judo) puisse encore être crédible ? Sans doute suis-je d’une naïveté infantile, mais je pensais qu’on ne pouvait être à la fois un menteur multirécidiviste et se prendre pour une figure morale. Comment quelqu’un ayant une pensée binaire (bien-mal, ami-ennemi, eux-nous), puisse passer pour un intellectuel incontestable ?

Comment expliquer que dans un pays qui n’est pas totalitaire, nul ne se sente la force de refuser de l’inviter pour évoquer son livre ? De deux choses l’une, soit les journalistes vedettes qui le font n’ont entendu parler d’aucun des ouvrages qui méthodiquement ont démonté le système BHL, et on peut se poser des questions sur leur compétence. Soit ils invitent néanmoins BHL en connaissance de cause et c’est leur conscience professionnelle qui est en cause".
( ... )
Introduction sur Defensa.org de la reprise de l’article de Pascal Boniface
BHL comme symbole d’un temps historique

Voltaire net.org
BHL et la gauche zombie - 12 novembre 2007 par Diana Johnstone 
journaliste britannique, collaboratrice de Covert Action Quarterly
Le dernier livre de Bernard-Henri Lévy est le plus médiatisé de la rentrée littéraire. Diana Johnstone, qui voit dans cet essayiste un propagandiste chargé de recycler les poncifs éculés de la Guerre froide, ne s’en étonne pas en cette époque de sarkozysme triomphant. Elle préfère démonter les mécanismes de cette rhétorique et en souligner le caractère magique et anti-politique. En définitive, elle s’amuse de constater que l’hégémonie de ce discours ne supplée pas à sa vacuité et ne parvient pas à le rendre opérant.
"Le livre politique le plus médiatisé de cette rentrée en France, Ce grand cadavre à la renverse, de Bernard-Henri Lévy (Grasset, Paris, 2007), est présenté au public comme une réflexion consacrée à la gauche française. Mais curieusement, au fond, il s’agit de toute autre chose.(...)
"Certes, ces publicistes ne furent jamais pris au sérieux par les universitaires et les enseignants de philosophie, mais ils gagnèrent une célébrité immédiate grâce au zèle mis par les médias (à commencer par le Nouvel Observateur) à diffuser leur "nouvelle" version "philosophique" de la propagande de Guerre Froide" ( ... )



Alain Finkielkraut

L’UJFP répond au racisme d’Alain Finkielkraut 
Richard Wagman Président mercredi 23 novembre 2005.
Le 18 novembre, le supplément hebdomadaire du quotidien israélien Ha’aretz a publié un reportage de 6 pages sur la France, consacré aux sujets d’actualité qui secouent actuellement l’hexagone tels les émeutes de banlieue, l’intégration des jeunes issus de l’immigration, le racisme ou l’enseignement du fait colonial à l’école publique. Le problème, c’est que ce reportage n’est autre que un entretien fleuve avec Alain Finkielkraut, écrivain et « philosophe », avatar de la pire pensée néo-conservatrice. Bien que ce monsieur se veuille un grand intellectuel, il occuperait plutôt la fonction de pompier-pyromane de la communauté juive, attisant plus d’antisémitisme qu’il incite à la réflexion. Il affiche un racisme décomplexé, profèré désormais à l’état pur. Michèle Sibony, vice-présidente de l’UJFP et Michel Warschawski, président du Centre d’information alternative de Jérusalem, ont traduit de l’hébreu de larges extraits de cet entretien. Notons que l’interview de Finkielkraut a été repris dans la version anglaise de Ha’aretz, mais tronqué de certains passages, le supplément anglais du journal ayant enlevé les propos les plus racistes et les plus scandaleux. Les affirmations de Finkielkraut ont visiblement abasourdi les journalistes qui l’ont interrogé à Paris. En effet, ils prennent soin de préciser que les réponses de leur interlocuteur « n’émanent pas du Front national mais de la bouche d’un philosophe qu’on considérait autrefois comme l’un des porte-parole de la gauche française ».
( ... ) 
 
Ci-dessous l'article incriminé :
Entretien avec Alain Finkielkraut
"Ils ne sont pas malheureux, ils sont musulmans"
- mardi 22 novembre 2005
Quand Finkielkraut, le philosophe de la république se lâche... dans la presse israélienne
Extraits d’un reportage de 6 pages dans le supplément hebdomadaire de Ha’aretz daté du 18 novembre 2005.
Pour contribution au débat : traduction de l’hébreu - extraits - Michel Warschawski et Michèle Sibony.

Et la réponse de Rudolf Bkouche de l'UJFP
De la peur de penser à l’imbécilité politique - lundi 21 novembre 2005.
Ce qu’il y a de plus intolérable dans les déclarations de Finkielkraut à Haaretz, c’est cette phrase où il oppose le mal que la France a fait à ses parents déportés au bien que la France a fait aux Noirs. Au fond, il se comporte comme un vulgaire Dieudonné qui joue la concurrence des victimes. Apparaissent ici deux points de la pensée de Finkielkraut. D’une part, ce que j’appellerai son nationalisme juif qui l’amène à considérer que les Juifs sont les premières victimes de l’Occident, ce qui ne laisse aucune place aux autres victimes de l’Occident, à commencer par les Arabes et les Noirs.
D’autre part, son appel hystérique aux Lumières qu’il considère aujourd’hui bien plus comme une bouée de sauvetage que comme un moyen de penser le monde, en cela Finkielkraut est devenu l’un des pires représentants des anti-Lumières.
Des violences ont eu lieu en France, des violences qui posent problèmes, des violences liées à la misère, au chômage et à la ghettoïsation d’une partie de la population qui vit en France, et dont une grande part est française ( ... )



Philippe Val


D'abord l'article de Pascal Boniface publié dans Libération le 29 juillet
La guerre crédibilise Al-Qaeda
Le conflit irakien renforce la détermination des terroristes islamistes à agir contre l'Occident .
Nous sommes tous confrontés à la menace terroriste. Elle peut frapper chacun d'entre nous, quelles que soient nos convictions. Pourtant, si chacun parmi nous, ou parmi ceux qui nous sont chers, peut être victime demain, nous divergeons sur les moyens de faire face à cette menace, présente pour longtemps. Sommes-nous attaqués pour ce que nous sommes ou pour ce que nous faisons ? Il est vrai que les terroristes éprouvent de la haine pour les sociétés démocratiques occidentales. Ils nous attaquent donc pour ce que nous sommes. Mais cela n'explique pas que le terrorisme se développe aujourd'hui.
Car ce que nous faisons est également en cause. Si la guerre d'Irak n'a pas créé le terrorisme, elle l'a néanmoins développé. Cette guerre menée au nom de la lutte contre le terrorisme est en réalité venue le nourrir, et c'est d'ailleurs ce que craignaient les opposants à ce conflit. Et ce n'est pas un hasard si ce sont les partisans de cette guerre qui répètent aujourd'hui à l'envi que nous sommes attaqués pour ce que nous sommes, nous évitant ainsi de réfléchir à ce que nous faisons.( ... ) 

L'attaque de Philippe Val ... sans commentaire
Si l'on supprimait les victimes, il n'y aurait plus de bourreaux
par Philippe Val, Charlie Hebdo, le mercredi 3 août 2005
D'accord, Hitler n'était pas sympathique, et les nazis exagéraient Mais il faut les comprendre. Ils étaient humiliés par le traité de Versailles. Tout ça, c'est la faute aux sociaux-démocrates, à Clemen­ceau, à Wilson. Et puis, les Allemands avaient besoin d'espace vital. Et puis, on occupait une par­tie de leur territoire. On leur interdisait de se réar­mer. Forcément, ça les rendait nazis. Et puis, toutes ces blagues racistes anti-allemandes, ça a fini par les radicaliser. Et puis, si, dans les Sudètes, il yen avait qui parlaient l'allemand, ça veut dire que les Alle­mands y étaient quand même un petit peu chez eux, non? Si toute l'Europe avait pris modèle sur les communistes, c'est-à-dire sur Staline, en signant tous un pacte avec Hitler, on se serait vite aperçu que les nazis étaient des gens charmants, polis, des gendres idéaux, quoi...( ... ) 

Droit de réponse de Pascal Boniface que Philippe Val a refusé de publier dans Charlie Hebdo et a été relayé dans de nombreux blogs.
Philippe Val, vendeur de l’idéologie néo-conservatrice américaine 
Par Pascal Boniface le 23 septembre 2005
Philippe Val est directeur de Charlie Hebdo. Le journal a une image contestataire, humoristique. Il attire donc un lectorat jeune. Philippe Val a évolué politiquement pour devenir aujourd’hui proche des thèses des néo-conservateurs américains. Sharon et Bush sont ses héros positifs, ceux qui osent les critiquer sont selon lui complaisants avec les terroristes. Dans la grande bataille des idées à laquelle nous assistons, Val constitue un élément important. La tonalité ironique du journal, les dessins humoristiques lui permettent de vendre l’idéologie néo-conservatrice contenue dans ses éditoriaux à un électorat qui n’aurait pas naturellement penché de ce côté.
Philippe Val est pour la démocratie mais il ne faut abuser. Cela ne va pas jusqu’à accepter le débat contradictoire. Lui a le droit de mettre en cause ceux qui ont le malheur de ne pas partager son admiration pour la politique de George W. Bush. Eux n’ont pas le droit de répliquer. Val est connu pour refuser systématiquement de publier les droit de réponse de ceux qu’il attaque. Il m’a violemment pris à partie dans un éditorial du mois d’août de Charlie Hebdo, à propos d’un article publié dans Libération le 29 juillet sur le terrorisme et les attentats de Londres. Je lui ai envoyé un droit de réponse qu’il n’a pas publié.( ... ) 


 
VoltaireNet.org

par Cédric Housez
spécialiste français en communication politique, rédacteur en chef de la rubrique « Tribunes et décryptages » dont je mets l'intro et les grandes lignes développées. C'est un article de décryptage de fond assez long mais très intéressant. Ne pas se braquer sur un mot ou un nom, chercher à comprendre l'articulation qui est décrite ... parce qu'elle est juste, même si je n'aurais pas été capbable de l'exprimer. Apprendre à sortir des représentations binaires et comprendre que ces représentations binaires, simplistes et donc déconnectées de la réalité permettent l'instrumentalisation du conflit par les extrêmistes des 2 bords. Ce qui ne signifie pas que les responsabilités sont partagées, les conflits reposent sur des problèmes réels, mais cette binarisation les occultent complètement.

« Charlie Hebdo » et Prochoix
Vendre le « choc des civilisations » à la gauche 
30 août 2005
L’hebdomadaire satirique français Charlie Hebdo et l’association féministe Prochoix, après s’être donné une identité libertaire et avoir trouvé une audience chez les électeurs de gauche, se sont mués en relais des thèses néoconservatrices du « choc des civilisations ». Cette rapide dérive leur a permis de trouver des soutiens institutionnels et médiatiques tout en conservant une partie de leur lectorat. Ils s’emploient désormais à vendre à gauche les politiques de Washington et de Tel Aviv et à casser le mouvement anti-impérialiste.
On savait déjà que les concepts, tels que la démocratie ou les libertés, peuvent être détournés de leur sens pour servir une politique impérialiste [1]. Ainsi, dans ses différents discours, George W. Bush est passé maître dans l’art de vider ces mots de leurs sens. Mais, compte tenu de la haine qu’éprouve son administration envers le concept de laïcité [2], elle répugne à utiliser ce terme pour promouvoir sa politique. Au mieux, on parlera du développement de sociétés « séculières » comme d’un des objectifs, mineurs, de la « démocratisation » du « Grand Moyen-Orient ».
En revanche, pour toute une frange de la population européenne, et notamment française, la laïcité est un élément déterminant dans l’approbation d’une politique. C’est surtout un modèle d’organisation sociale faisant barrage au « choc des civilisations » [3]. C’est pourquoi, aujourd’hui, ce concept est à son tour récupéré et perverti par les partisans européens de l’administration Bush.
  • Détourner le sens des mots
  • L’émergence du « danger islamiste »
  • Lutter contre la politique arabe de la France
  • Les ennemis de mes ennemis sont mes amis
  • Les amis de mes ennemis sont mes ennemis
  • La légitimité dans le « milieu de l’information »


Periphéries

Sur la manière dont on fait monter le communautarisme en prétendant le dénoncer et lutter contre lui. C'est également un article de décryptage du discours et assez long. Même remarque que pour l'article précédent ... et ne pas être de mauvaise foi, cet article ne défend pas le port du foulard, mais comment la manière dont cette histoire est instrumentalisée, va à l'encontre de l'objectif prétendu.
 
« Je n’ai rien à attendre de ma famille, poursuivit-elle avec une colère rentrée. Non seulement ils sont pauvres, mais en plus ils sont cons. Il y a deux ans, mon père a fait le pèlerinage de La Mecque ;
depuis, il n’y a plus rien à en tirer. Mes frères, c’est encore pire : ils s’entretiennent mutuellement dans leur connerie, ils se bourrent la gueule au pastis tout en se prétendant les dépositaires de la vraie foi, et ils se permettent de me traiter de salope parce que j’ai envie de travailler plutôt que d’épouser un connard dans leur genre.
- C’est vrai, dans l’ensemble, les musulmans c’est pas terrible... émis-je avec embarras. 
»
Michel Houellebecq, Plateforme

Comme à peu près tout ce qui nous arrive, c’était déjà dans Plateforme. En tant qu’écrivain, Michel Houellebecq stupéfie par son indigence, mais en tant que baromètre des obsessions majoritaires, il se défend. On le sait, il voue aux gémonies les musulmans ; il invective aussi les femmes voilées (des « gros tas », estime-t-il, avec cette subtilité de langage qui le caractérise). La seule par qui son héros se laisse attendrir, c’est Aïcha, la beurette en lutte contre son père et ses frères, des bouseux obscurantistes. Or, récemment, ces deux catégories de femmes ont suscité autant d’émotion les unes que les autres : ce sont respectivement les filles voilées, ces ingrates, et les Ni putes ni soumises, unanimement célébrées. Ces dernières défendent une cause juste et urgente ; mais elles n’ont peut-être pas assez pris garde aux risques d’une récupération qui, en attribuant la violence sexiste à une culture et en confortant les stéréotypes racistes, desservirait, à terme, jusqu’à leur propre combat. Quant au débat sur le voile, habilement relancé en avril par Nicolas Sarkozy, il a d’ores et déjà, en libérant tous les démons, causé des dégâts épouvantables. Ce climat d’hostilité envers la culture arabo-musulmane ne peut que priver les descendants d’immigrés de la latitude dont ils auraient besoin pour exercer tranquillement leur droit d’inventaire vis-à-vis de leur héritage : il les pousse à en adopter, par réaction, les attributs les plus caricaturaux. Ou comment les laïcards enragés (même si parler de laïcité dans cette histoire est une vaste blague) provoquent eux-mêmes ce qu’ils prétendent prévenir.
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Edward W. Saïd, intellectuel palestinien

Une analyse sur cet Orientalisme créé par l'Occident ... remarque faites pas l'auteur qui ne m'était pas venue à l'esprit que l'idée même d'un équivalent inverse qui serait un Occidentalisme créé par l'Orient nous ferait bizzare.

L’outsider

Né en 1936 à Jérusalem, exilé adolescent en Égypte puis aux États-Unis, Edward W. Saïd est professeur à la Columbia University de New York. Dans L’Orientalisme, publié en 1978, il analysait le système de représentation dans lequel l’Occident a enfermé l’Orient - et même, l’a créé. Le livre, récemment réédité, est plus que jamais d’actualité, parce qu’il retrace l’histoire des préjugés populaires anti-arabes et anti-islamiques, et révèle plus généralement la manière dont l’Occident, au cours de l’histoire, a appréhendé « l’autre ». Aujourd’hui, Edward Saïd se bat contre la diabolisation de l’islam et pour la dignité de son peuple. Ancien membre du Conseil national palestinien, il fut un négociateur de l’ombre. Il est opposé aux accords d’Oslo et au pouvoir de Yasser Arafat, qui a fait interdire ses livres dans les territoires autonomes. Il défend une conception exigeante et courageuse du rôle de l’intellectuel, auquel il redonne une vraie noblesse. Sa marginalité l’a placé à la croisée des grands enjeux de notre temps : il perçoit avec acuité la réalité du brassage des cultures, affirme que les oppositions entre les civilisations sont des constructions humaines, et l’identité, le fruit d’une volonté. Voyage dans une œuvre cohérente, engagée, véhémente et attachante.

"La vie d’un Palestinien arabe en Occident, en particulier en Amérique, est décourageante. Le filet de racisme, de stéréotypes culturels, d’impérialisme politique, d’idéologie déshumanisante qui entoure l’Arabe ou le musulman est réellement très solide. » C’est cette expérience qui a poussé en 1978 Edward Saïd, professeur de littérature comparée à la Columbia University de New York, à écrire L’Orientalisme, l’Orient créé par l’Occident, un livre qui a connu un retentissement mondial. Il y analyse le système de représentations presque autonome dans lequel les puissances occidentales - la France, l’Angleterre, les Etats-Unis - ont, au fil des siècles, enfermé l’Orient.
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Publié dans Politique Monde

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ciboulette 09/03/2008 09:32

"il fallait un ennemi pour remplacer le bloc soviétique qui n'existait plus, un épouvantail pour effrayer les populations et leur donner l'illusion qu'elles étaient en démocratie tout en permettant de réduire drastiquement les libertés individuelles sous couvert de lutte contre le terrorisme et pratiquer un contrôle à grande échelle le contrôle des citoyens."

J'aime tes articles, tes analyses bénédicte.

Je pense qu'il est impératif de retrouver son libre-arbitre. Notre peuple est plongé dans l'obscurantisme. Il ne pense qu'au travers d'une opinion dont les médias, porte-parole des élites, font la propagande, et qui ne pense pas comme eux est considéré comme sacrilège et infâme. Et bien évidemment, comme ce n'était pas bien d'afficher son racisme anti arabe ouvertement (suite à la guerre d'Algérie) on a transformé ça en "lutte contre l'anti sémitisme" !
Enlevons nos baillons, osons nous exprimer avec ce qu'on a dans les tripes. Osons appeler un chat, un chat !
Un peuple tue en toute impunité, avec la bénédiction des grandes puissances qui nous joue une comedia del Arte, après avoir noyé le regard du Monde entier en lui mettant sans cesse à la face la Shoah qui visiblement lui donne maintenant le droit de massacrer aveuglément tout ce qui ne lui ressemble pas.
Ma rage est aussi forte que mon impuissance. Hier, c'était la journée de la femme. Et hier, des femmes palestiniennes pleuraient à mourir leurs enfants disloqués par la folie d'assassins à qui on a donné l'immunité.

benedicte 09/03/2008 15:08

Je n'ai pas les mots pour la palestine, ... 60 ans que ça dure dans l'indifférence générale, j'ai envie de vomir ... c'est pour ça que j'ai commencé par faire des articles généraux pour donner des éléments sur l'historique, les critiques et l'opposition des juifs au sionisme qui ne peuvent difficilement être traités d'antisémites ou intégriste musulmans, la déconstruction du discours pervers de l'indigentsia française ... sinon je me serais juste mise à hurler de rage et d'impuissance, de rage parce qu'impuissante ... que l'on puisse cautionner a barbarie et que l'on parle ensuite de démocratie, d'humanisme et de droits de l'homme, pour moi c'est obscène ... bises