Taux de chômage : des chiffres tellement manipulés qu'ils sont dépourvus de toute signification
Lire l'article de Ciboulette du 6 mars
2008
Le scandaleux mensonge des chiffres du
chômage
Commentaires personnels et informations complémentaires
Les chiffres comme je l'avais dit concernant le pouvoir d'achat et l'indice des prix, n'ont pas de valeur en soi. Croire aux chiffres est certainement
confortable, évitant d'avoir à réfléchir, mais les chiffres n'ont de valeur qu'en relation avec ce qu'ils calculent en réalité, pour tout ce dont vous ne connaissez pas le mode de calcul, ne
croyez en aucun chiffre. C'est particulièrement vrai pour le chiffre dit du chômage, que depuis 20 ans les gouvernements successifs, de droite comme de gauche, s'ingénie à modifier sans cesse
les règles de calculs pour en faire baisser le "chiffre" qui n'a plus aucune valeur de représentation de la réalité de l'emploi dans notre pays. J'ai travaillé à l'ANPE pendant près de 9 ans,
j'y ai toujours un ami qui y est, tous les chiffres sont manipulés, celui des chômeurs, des offres d'emplois, des prestations réelles fournies, ... et ce n'est pas la fusion contre nature de
l'ANPE avec les ASSEDIC, qui a été vendue avec une belle duplicité en mélangeant la notion de guichet unique d'information et la fusion de 2 organismes dont les champs de compétence sont sans
aucun rapport et qui va aboutir à permettre une mise sous pression supplémentaire, de ceux qui sont privés d'emploi ... et inféode à ceux qui détiennent l'argent l'ASSEDIC, un organisme privé
géré par le MEDEF et les syndicats de salariés dont certains sont déjà inféodés au patronat, de décider des bons et mauvais chômeurs, et imposer à ceux-ci d'accepter n'importe qu'elle
conditions de travail ... et de salaires en brandissant la radiation ! Mais en tapant sur le dos d'une ANPE qui serait incompétente, beaucoup à dire sur l'absence de moyens humains et
financiers, le sabrage de la formation professionnelle adulte en France depuis 20 ans, des demandes indécentes d'une majorité des employeurs qui passent par l'ANPE, etc...
Oui quand on parle de flexi-sécurité, la partie sécurité est inexistante, seule la partie flexibilité est opérationnelle en langage vrai la
flexi-sécurité si chère au MEDEF c'est le salarié exploitable et jetable sans aucune contrepartie: à quand le retour légalisé à l'esclavage ? ...
Lire au sujet des chiffres du chômage le livre d'une conseillère à l'ANPE (ci-dessous) de Limoux (dans l'Aude, et oui du côté de chez nous !).Je l'ai lu
est confirme tout ce qui est dit !
Et reprise en-dessous du communiqué de presse du 28 février du Collectif "Les autres chiffres du chômage" signalé par Ciboulette.
Fabienne Brutus
Chômage des secrets bien gardés
(La vérité sur l'ANPE - Souriez vous êtes radiés)
Jean-Claude Gawsewitch Editeur publié en
2006
Présentation au dos de l’ouvrage
ANPE, quatre lettres lourdes de sens pour un nombre croissant de Français. Pour la première fois, une conseillère à l'emploi lève le voile sur cette noble institution, conçue à l'origine pour
favoriser la rencontre entre l'offre et la demande d'emploi, devenue au fil du temps une machine à " gérer des stocks ". Pour avoir côtoyé des travailleurs précaires, des chômeurs toujours plus
nombreux dont elle a fait partie, Fabienne Brutus dénonce l'instrumentalisation à des fins électoralistes de la " politique du chômage ". À l'heure du démantèlement du Code du travail, d'un
plan ironiquement baptisé " de cohésion sociale ", à l'heure où le CDI devient un graal improbable, elle passe au crible les dysfonctionnements, commente les chiffres introuvables ou " arrangés
", les formations inappropriées, les bilans de compétence hors sujet... Malgré le devoir de réserve professionnelle qui lui est imposé, elle revendique son droit à la liberté d'expression et
nous révèle le dessous des cartes.
Agée de 31 ans, l'auteur exerce la profession de " conseillère à l'emploi ". Elle a rencontré la minorité de tricheurs qui alimente la machine à fantasmes néo-libéraux, mais elle s'est
surtout trouvée confrontée aux innombrables personnes sans emploi prêtes à tout pour retravailler. Lasse d'entendre parler d'une supposée " baisse significative du chômage ", elle signe ici un
document édifiant.
Collectif «Les autres chiffres du chômage»
Communiqué de presse du
28/02/2008
En dépit du bon sens, le gouvernement continue de commenter mois après mois les statistiques de l'ANPE comme s'il s'agissait de « chiffres du chômage ». Ainsi
le site de Matignon annonçait fin décembre que « la baisse du taux de chômage se poursuit, comme l'a annonceé Christine Lagarde le 27 décembre. Le nombre de chômeurs inscrits à l'ANPE en
catégorie 1, fin novembre, a diminué de 0,7 % comparé au mois d'octobre (- 12 520 chômeurs) ».
La presse emboîte le pas : « le
chômage a reculé de 9,3 % en 2007 » (Le Monde, 1 février 2008), « 195 000 chômeurs de moins en 2007 » (le Figaro, 31/01/ 2008), « le chômage a baissé de 0,5% en décembre » (dépêche AFP,
30/01/2008). Depuis un an, rien n'a changé dans le rituel mensuel des « chiffres du chômage ». Et les journaux télévisés continuent de surenchérir sur « la baisse continue du chômage depuis
deux ans ».
Tout continue à se passer comme si les statistiques de l'ANPE étaient un indicateur crédible du chômage; comme si
l'Insee n'avait pas dû renoncer à calculer un taux mensuel de chômage BIT calé sur les données de l'ANPE ; comme si la controverse sur les chiffres du chômage n'avait tout simplement pas eu
lieu.
Rappelons donc trois évidences, bien établies par des données officielles, mais qui semblent déjà oubliées.
Première évidence: le baromètre mensuel 'officiel', les DEFM de catégorie 1, représente moins de la moitié des inscrits à l'ANPE. En décembre 2007, le nombre de personnes
inscrites à l'ANPE en catégorie 1 s'élevait à 1 897 000 tandis que le total des inscrits s'élevait, en métropole, à 3 850 000, Sans compter les personnes inscrites à l'ANPE dans les DOM. Car
les demandeurs d'emploi inscrits dans les DOM ne sont toujours pas comptabilisés. La loi « TEPA » stipulait pourtant qu'"avant le 31 décembre 2007, le gouvernement remettra au Parlement un
rapport sur les modalités d'intégration des personnes privées d'emploi en Outre-mer dans les statistiques nationales relatives aux chiffres du chômage": mais ce rapport semble avoir disparu
dans le triangle des Bermudes.
Deuxième évidence: le baromètre officiel ne correspond à aucun concept de chômage
internationalement validé, et certainement pas au chômage au sens du BIT. Ainsi à la mi 2007, l'Insee comptabilisait 2,2 millions de chômeurs BIT alors que l'ANPE dénombrait 1,9 million de
demandeurs d'emploi de catégorie 1.
Mais surtout, troisième évidence, son évolution est loin de refléter fidèlement les tendances du
marché du travail : la variation du nombre d'inscrits à l'ANPE dépend étroitement des politiques de gestion des demandeurs d'emploi que mène l'Agence. Ainsi, entre mi 2005 et mi 2006, les DEFM
de catégorie 1 ont baissé de 10% alors que le chômage au sens du BIT augmentait de 3% selon l'enquête Emploi de l'Insee. Plus de 200 000 demandeurs d'emploi ont disparu des listes de l'ANPE
tandis que le chômage au sens du BIT augmentait de 57 000 selon l'INSEE.
De la mi 2005 à mi 2006, le gouvernement s'est réjoui quasiment chaque mois d'une baisse du chômage purement imaginaire. On connaît les raisons de cette
divergence spectaculaire, et nous les avions énoncées dès janvier 20072: les changements dans la gestion des listes de demandeurs d'emploi par l'ANPE, le renforcement des contrôles et le
durcissement des conditions d'accès à l'indemnisation du chômage.
La direction de l'Insee s'était refusée à valider les résultats de
son enquête Emploi en pleine campagne électorale présidentielle. Mais l'Institut a maintenant reconnu officiellement que son enquête était correcte, et que c'étaient les données de l'ANPE qui
avaient dérapé. En réalité, la baisse du chômage a commencé mi 2006, et le chômage a baisse d'1 point en 2006-2007, non pas de 2 points comme le proclamait le gouvernement d'alors, et comme
continuent de l'affirmer de nombreux hommes politiques ou commentateurs.
En 2007, la dérive des statistiques ANPE s'est sans doute ralentie : les critères de gestion de la liste des inscrits n'ont guère changé et le contrôle
des chômeurs n'a pas connu de nouveau durcissement. Mais tout indique qu'en 2008 la dérive pourrait repartir : la chasse aux prétendus « faux chômeurs » semble ouverte, comme l'indiquent de
multiples déclarations. Par ailleurs, divers projets prévoient un durcissement des conditions d'attribution des minima sociaux et un renforcement supplémentaire de la pression sur les
demandeurs d'emploi pour qu'ils acceptent n'importe quel emploi. Le Medef a déjà annoncé son intention d'élargir la définition de « l'offre valable d'emploi » lors de la prochaine
négociation UNEDIC, qui doit démarrer juste après les élections municipales.
En outre, la fusion ANPE-UNEDIC, qui devrait être
opérationnelle en 2008, va selon toute vraisemblance se traduire par de nouvelles politiques de gestion des demandeurs d'emploi, sans parler d'éventuels changements dans les systèmes
informatiques ou gestionnaires.
C'est parce que les statistiques de l'ANPE ne sont pas représentatives de l'évolution du marché du travail, que le personnel de la DARES, dans un
courrier adressé le 27 novembre 2007 à son Directeur Antoine Magnier, a demandé que la publication mensuelle de la DARES, « Le marché du travail en (janvier 2008) », soit rebaptisée « Les
demandeurs d'emploi inscrits à l'ANPE en (janvier 2008) ». Le système statistique public compétent, c'est-à-dire en l'occurrence l'INSEE et la DARES, doivent reconnaître clairement que les
statistiques de l'ANPE ne peuvent pas être interprêtées pour l'analyse conjoncturelle du marché du travail, et que seuls font foi les résultats de l'enquête sur l'emploi, publiés chaque
trimestre par l'INSEE.
Références de la copie de ce communiqué du collectif "les autres chiffres du chômage" :
http://acdc2007.free.fr/acdc0208.pdf