Impunité de la délinquance financière : Dominique de Talancé, la révolte d'un juge financier

Publié le par benedicte

Impunité de la délinquance financière
Dominique de Talancé, la révolte d'un juge financier

( merci à Gilles Sainati qui m'a signalé l'article et l'interview radio )

Dominique de Talancé Une interview donnée dans le Figaro et sur RTL qui sont éloquents. Un véritable incitation à la délinquance financière est organisée par l'Etat pour assurer une totale impunité pour la délinquance financière , un véritable permis de "nuire" et de "spolier" le bien commun par ceux qui détiennent le pouvoir économique.
Dominique de Talancé explique comment et rappelle sont coût 20 à 40 milliards par an de vol de finances publiques, ce que j'avais signalé dans l'article La chasse au rmistes en mettant en parallèle les montants de la fraude des "riches" passées sous silence à celle fustigées des "pauvres".
L'interview du Figaro se termine sur l'espèrance que le public va prendre conscience que c'est lui qui paye, car elle ne croit pas aux politiques.
Finalement de tous côtés que l'on se tourne, la corruption du politique a atteint un tel niveau que ce n'est que du peuple que peut venir le changement et la réorientation de nos sociétés, mais pour cela nous devons prendre conscience qu'il ne sert à rien d'espérer des jours meilleurs, si nous ne travailons pas ensemble à les construire, sans nous laisser abuser ou effrayer par ceux qui veulent nous maintenir dans cet état d'asservissement ... il est temps de comprendre que nous n'avons rien à perdre à reprendre nos vies en main et au contraire tout à perdre à laisser leschoses continuer dans cette voie.

  RTL Soir  Vincent Parizot - 13 février 18h50

 


Logo_LeFigaro.jpgLa révolte d'un juge financier 
Propos recueillis par Jérôme Bouin
15/02/2008

INTERVIEW - Après dix années au pôle financier du tribunal de grande instance de Paris, la juge d'instruction Dominique de Talancé a choisi de s'en aller. Elle déplore l'obstruction du parquet et à travers lui l'abdication du pouvoir face aux délits financiers.

Elle a passé vingt années comme juge d'instruction, dont dix au prestigieux pôle financier du tribunal de grande instance de Paris. Dominique de Talancé a quitté le 23 janvier dernier les bureaux du boulevard des Italiens à Paris pour rejoindre la cour d'appel de Versailles. Elle en a profité pour pousser un «coup de gueule», le 13 février sur l'antenne de RTL, contre l'action du parquet de Paris. Une action qui contribuerait, selon elle, à réduire le champ d'investigation du pôle financier. Pour lefigaro.fr, elle a accepté de revenir sur cette prise de position très virulente.

lefigaro.fr. - Pourquoi avoir choisi de prendre la prendre la parole aujourd'hui ?
Dominique de Talancé. -
Parce que je pense que cela intéresse les gens de savoir ce qui se passe au sein du pôle financier, très médiatisé. Et puis parce que ce pôle financier est aujourd'hui, selon moi, vidé de sa substance.
Le parquet, directement lié à l'exécutif, est juge de l'opportunité de poursuites. C'est lui qui décide si telle ou telle affaire mérite d'être poursuivie. S'il décide qu'on ne la poursuit pas ou qu'on va différer cette poursuite, le pôle financier ne travaille pas. Les juges d'instruction ne pouvant pas s'autosaisir. Résultat : nous sommes dépendants de l'idée qu'a le pouvoir politique en place de ce qu'il doit réprimer ou pas. Et aujourd'hui, le parquet de Paris fait en sorte que les affaires financières complexes ne soient plus instruites par les juges du pôle financier. J'ai donc choisi de partir pour ne pas servir d'alibi.

Derrière ces propos il y a en creux une accusation du pouvoir politique. Quel message souhaitez-vous faire passer à la classe politique ?
Je n'ai rien envie de leur dire, il faut que les choses soient bien scindées : il y a le pouvoir politique d'un côté et le pouvoir judiciaire de l'autre. Simplement le pouvoir judiciaire, malheureusement, est totalement dépendant de la politique qu'entend mener l'exécutif. Nous sommes parfaitement empêchés de travailler. Les juges financiers sont renvoyés au chômage technique.

Jean-Claude Marin, le procureur de Paris, vous a répondu, évoquant une politique «déterminée et sans failles» à l'égard de la délinquance financière. Il a aussi cité plusieurs cas de poursuites engagées actuellement par le parquet dans des affaires financières.
Oui mais quand on enlève la Société générale et l'UIMM, il ne reste plus que des affaires assez anciennes. Il n'y a aucune nouvelle affaire. Aujourd'hui, le pôle financier ne se penche plus que sur des petites affaires. Il est totalement bloqué par le parquet. D'autre part, le discours de rentrée qu'a tenu Jean-Claude Marin devant les magistrats aurait plutôt tendance à prouver l'inverse de ce qu'il m'a répondu. Il a très brièvement évoqué les délits financiers, et encore c'était pour évoquer les pouvoirs d'investigation du parquet au détriment des juges.

Qui peut changer les choses puisque vous ne semblez pas croire en l'action des politiques ?
J'espère que la France sera sensible aux injonctions des diverses institutions internationales parmi lesquelles le conseil de l'Europe. Et puis je crois surtout que le public va se rendre compte que finalement ces grands scandales financiers lui sont préjudiciables et va se mobiliser. Le scandale du Crédit Lyonnais par exemple, c'est une somme d'argent prélevée à chaque Français. Je ne pense pas que le pouvoir politique, qui raisonne à court terme, ait l'intention de faire changer les choses.

Publié dans Justice-droit

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