Gestion des déchets : texte de réflexion (CIAD et CID 34) et réunion publique à Bessan vendredi 11 janvier 18h

Publié le par benedicte


Voir dessous Que penser de l'Ecopole de la Vallasse (sur Montblanc) ?
des organisateurs le Collectif intercommunal anti-décharge et le CID 34
 
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Que penser de l'Ecopole de la Vallasse
(sur Montblanc) ?



Retirer les fermentescibles, condition indispensable pour obtenir un compost de qualité

Le compostage d'ordures ménagères brutes ou mal triées donne un compost difficile à écouler. Contenant des débris indésirables, il ne peut être labellisé. La presse extrudeuse est-elle capable de résoudre ce problème en séparant fermentescibles et minéraux ? En réalité, la forte poussée de la presse, en pulvérisant certains minéraux (verre, plastiques durs, etc.) et en transformant tous les organiques en bouillie, opère un mélange intime entre ces 2 catégories de déchets. Par exemple, les piles électriques, aplaties ou éclatant sous une pression de mille bars, risquent fort de libérer et de diffuser leur contenu toxique dans la pulpe organique. Si la presse extrudeuse, au niveau macroscopique, semble séparer plus ou moins déchets organiques et déchets minéraux, au contraire, à échelle microscopique, elle mélange les uns et es autres bien plus intimement qu'ils ne l'étaient auparavant. Toute poubelle d'ordures ménagères brutes est un réacteur chimique où les acides  organiques, attaquant certains minéraux, produisent notamment des sels métalliques pendant que les toxiques minéraux polluent la matière organique et donc le futur compost. La presse extrudeuse, en aggravant l'interpénétration des fermentescibles et des minéraux, accélère et généralise ces réactions chimiques indésirables. Les fermentescibles ne doivent pas entrer en contact avec les autres déchets. Si on permet ce contact (avec les réactions chimiques qui en découlent), leur séparation ultérieure devient impossible. Qand on casse des oeufs, on peut séparer le jaune du blanc. Mais une fois qu'ils sont battus ensemble, la séparation devient impossible.

Un projet archaïque pour une valorisation dérisoire
Les deux unités de tri de La Vallasse doivent accueillir l'une 94 000 tonnes et l'autre 97 000 tonnes de déchets (note de présentation du P.I.G. pages 25 et 33). Le volume total entrant dans l'écopôle est donc de 191 000 tonnes. La décharge où seront enfouis les refus de tri et de traitement aura une capacité de 180 000 tonnes. La différence entre le tonnage reçu par l'écopôle et le tonnage mis en décharge ne sera donc que de 11 000 tonnes. En d'autres termes 11 000 tonnes seulement seront valorisées, soit moins de 6 % du tonnage entrant. C'est très inférieur aux taux de valorisation imposés par le plan départemental d'élimination des déchets. La circulaire dite « Voynet » du Ministère de l'environnement voici bien longtemps exigeait déjà que 50% au moins des déchets municipaux soient valorisés avant toute incinération ou toute mise en décharge. Cet objectif est d'ailleurs globalement repris par le plan départemental. Le projet d'écopôle de La Vallasse peut paraître moderne par certains choix technologiques, mais ces choix ne sont qu'un paravent pour cacher un projet archaïque qui voue presque tout à la décharge.

Un coût très élevé

Aucune entreprise ne peut s'engager dans un projet industriel aussi lourd et aucune banque ne peut le soutenir sans avoir effectué au préalable un compte prévisionnel d'exploitation et prévu le coût du traitement à la tonne. Si l'entreprise porteuse du projet refuse, sur ces questions capitales, de fournir la moindre estimation, serait-ce parce qu'elle prévoit un coût de traitement très élevé ? La sophistication de la décharge envisagée ne peut manquer de rendre très onéreux les dépôts des collectivités payés par les contribuables. D'autre part ce coût dissuasif incitera les particuliers détenteurs de déchets à multiplier les dépôts sauvages dans la nature. C'est ainsi qu'une décharge de luxe nuit à l'environnement.

Non respect du principe de proximité

Pour rentabiliser une installation industrielle lourde comme l'écopôle de La Vallasse il faut une grande quantité de déchets qu'on est obligé d'aller chercher très loin. C'est contraire au principe à la fois écologique et légal de proximité. La loi du 13/07/92, par exemple, se donne pour but de limiter le transport des déchets en distance et en volume.

Non respect du plan départemental
Si les décharges de déchets ménagers et assimilés sont devenues si impopulaires, c'est en raison des pollutions et des nuisances qu'elles provoquent. Ces pollutions et nuisances sont imputables aux toxiques et aux fermentescibles que les décharges continuent à recevoir en violation de la loi et de la réglementation. Ainsi le plan départemental (article 9) exige : « Les collectivités locales ...ainsi que les entreprises privées... prennent toutes les dispositions pour la mise en place d'une collecte sélective des déchets ménagers spéciaux et des déchets toxiques en quantités dispersées dès l'entrée en vigueur du présent arrêté. » Mais rarissimes sont les collectivités qui s'acquittent de cette obligation. D'autre part, dans son article 12 le plan départemental précise que « les matières organiques ne sont pas considérées comme des déchets ultimes » et interdit leur enfouissement en décharge. Or toutes les décharges continuent à recevoir des déchets organiques en grande  quantité. La plupart des collectivités de l'Ouest Hérault refusent de composter leurs fermentescibles, les condamnant ainsi à la décharge et même le projet de décharge de La Vallasse prévoit des torchères pour brûler le biogaz qui sera produit par la fermentation des résidus organiques. Grande est la culpabilité des collectivités qui se dérobent à leurs obligations à l'égard des toxiques et des fermentescibles. Cette incurie, ce refus de mettre en oeuvre le plan départemental rendent explosive la situation de l'Hérault en matière de déchets et ouvrent la voie à des projets privés coûteux pour le contribuable et nocifs pour l'environnement.


QUELLE ALTERNATIVE À L'ECOPOLE DE LA VALLASSE ?

La moitié des ordures ménagères est constituée de résidus végétaux et animaux. On les appelle déchets fermentescibles ou organiques ou encore biodéchets. Parfois huileux, toujours humides et pourrissants, ils ne doivent pas souiller les autres déchets qui deviendraient alors peu ou pas recyclables. Pour les fermentescibles il faut donc une poubelle spéciale et une collecte séparée.

Quel traitement pour les fermentescibles ?

Dans un incinérateur les biodéchets sont indésirables. Très humides, ils brûlent très mal et, en se combinant à d'autres résidus, ils produisent de dangereux polluants (dioxines, etc. ). Dans les décharges, les ordures organiques attirent, nourrissent et multiplient des animaux nuisibles. En pourrissant elles empuantissent les environs. Leur fermentation élève leur température jusqu'à 70°C et favorise les incendies. La loi interdit en décharge ce type de déchets. Pour eux, le seul traitement adapté est le compostage qui les transforme en une sorte d'humus ou de terreau très fertile appelé compost. Cause d'innombrables nuisances, les biodéchets deviennent,  une fois compostés puis épandus sur les terres cultivées, source d'innombrables bienfaits. Ils humidifient le sol, lui apportent tous les nutriments dont les plantes ont besoin, nourrissent la microfaune indispensable à la vie et à la bonne qualité du sol. Parmi tous les traitements de déchets, le compostage est le plus  facile et le moins coûteux. C'est pourquoi c'est le seul qui puisse être effectué non seulement par les communes (plate-forme de compostage) mais aussi par chaque famille (compostage individuel). Dans notre département pauvre en élevage et en fumier, les terres cultivées ont terriblement besoin de compost. Le bon compost se vend bien. La moitié des ordures ménagères est ainsi valorisée dans les meilleures conditions économiques et écologiques. Les déchets recyclables (papier, carton, métaux, plastiques, etc.) quand ils n'ont pas été souillés par des fermentescibles, sont faciles à recycler. Un parc à ressources intercommunal faisant coopérer déchetterie, récupérateurs professionnels et associations caritatives (secours catholique, secours populaire, Emmaüs) permettrait de donner une deuxième vie à beaucoup de déchets jugés irrécupérables.

Il resterait alors peu de choses à mettre en décharge.


Nos ordures n'ont nul besoin d'investissements industriels lourds. Il n'existe pour eux aucune usine miracle. Pourquoi le compostage est-il si peu pratiqué ? Pourquoi n'existe-t-il chez nous aucun parc à ressources ? Pourquoi laisse-t-on ainsi la voie libre à des projets privés, financièrement coûteux et écologiquement contestables ?


Tel sera le sujet de la réunion publique à laquelle vous convient

le Collectif intercommunal anti-décharge et le CID 34

Publié dans Hérault

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